‹ Au pays de "La vie intense."Chapitre 22 sur 47 · MGR GIBBONS A SON RETOUR DU CONCLAVE · texte numérisé non relu

MGR GIBBONS A SON RETOUR DU CONCLAVE

avec laquelle il est personnellement lié et qui porte l'un des noms au monde qu'il admire le plus; des nouvelles aussi de M. Paul Bourget, dont la visite, il y a quelques années, l'a intéressé vivement : il est émerveillé de l'exactitude avec laquelle l'auteur d'Outre-Mer a pu, sans avoir pris de notes, reproduire sa conversation.

Je mets l'entretien sur le célèbre ouvrage du cardinal : a Foi de nos Pères, the Fuilh of our Fathers r> , et j'apprends, sans dissimuler un blâme respectueux, que l'auteur n'a rien touché sur les 3 ou 400,000 exemplaires de l'édition américaine. Il m'accorde volontiers qu'il eût mieux valu dériver sur ses œuvres diocésaines une partie des bénéCces que de les laisser entièrement aux libraires. 11 n'a peut-être pas été publié au dix-neuvième siècle un ouvrage de vulgarisation qui ait réussi comme celui-là et fait autant de bien. J'ai en mains un exemplaire paru en 1883, c'est-à-dire sept ars après la première édition; c'est déjà le cent-quinzième mille. L'auteur y expose très simplement les principales doctrines et pratiques du catholicisme, en insistant davantage sur celles qui sont le plus mal connues en dehors de l'Egli&e. L'introduction, adressée aux protestants, est des plus touchantes : « Mon cher lecteur, y est-il dit, c'est peut-être la première fois de votre vie que vous avez en mains un exposé du catholicisme fait par un enfant de l'Eglise... Je ne m'étonne pas qu'on la déteste lorsqu'on ne la connaît que par ses ennemis; il est naturel de détester une institution dont on croit l'histoire remplie de sang, de crimes et de fraude. Elevé dans ces idées, j'éprouverais les mêmes sentiments. Mais non, il n'en est pas ainsi. Je suis, autant que personne, à même de savoir ce que c'est que l'Eglise, et je vais vous le dire en toute sincérité. Quel intérêt atirais-je à vous tromper? Je m'attirerais la colère de Dieu, si j'essayais de faire des prosélytes aux dépens de la vérité. Mon seul

mobile, ami lecteur, c'est que je suis sûr de posséder, en la foi catholique, un trésor incomparable, et que je brûle de vous en faire part. »

Notre entretien arrive à des questions plus générales. Tontes les paroles de l'archevêque, dès qu'il s'agit de l'Amérique, respirent l'amour ardent des institutions de son pays, et ce n'est point la comparaison avec d'autres contrées qui peut refroidir ses sentiments. Il se réjouit des admirables u possibilités - que donne à l'Eglise et à tous les gens de bien la liberté commune. Il lui plaît que les catholiques se mêlent à la vie nationale et fassent en toute circonstance acte de bons citoyens. Lui-même en donne l'exemple et ne néglige aucune occasion de s'associer aux événements qui intéressent la patrie. On aime, du reste, à l'inviter aux cérémonies publiques, où toujours la première place lui est réservée après le chef de l'Etat. Nous avons cité la prière qu'il fut invité à faire, le 30 avril 1903, pour l'inauguration, à Saint-Louis, des travaux de l'Exposition.

« Les excellentes relations avec le pouvoir et avec l'opinion, me dit-il, sont favorisées, ainsi que la tranquillité intérieure de l'Eglise, par l'absence de journaux religieux quotidiens. Nous avons une presse hebdomadaire qui nous rend de très utiles services ; et cela nous suffit. Pour le reste, il vaut mieux que nous restions en bons termes avec les journaux de toute nuance. Je sciais étonne, par exemple, que vous ne trouviez pas demain la fête de ce matin racontée partout avec sympathie et en grand détail. Cela ne vaut-il pas autant que d'être loué à l'excès par quelques-uns, blâmé ou ignoré par le plus grand nombre? " Et c'était parler d'or, mais pour un pays où la religion n'est pas l'objet d'attaques et de calomnies sans cesse renouvelées ; pour un pays de bon sens et de mœurs tolérantes, où une presse impie et haineuse, comme

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