‹ Au pays de Mgr de LavalChapitre 11 sur 33 · I. Archives de Montuel · texte numérisé non relu

I. Archives de Montuel

lorsque son fils Jean-Louis arriva aux affaires, la fortune de la famille commença à décroître ; €t dès 1658 on trouve la seigneurie de Montuel passée à Jacques D'Alonville.

Il est probable que ce fut à cette époque que l'on agrandit le vieux château de Montigny. On en profita pour le remanier, suivant le goût de l'époque, et lui donner le style Mansard qu'on prétend lui voir aujourd'hui. Ce qui est certain, c'est qu'il y a dans le château de Montigny une partie plus ancienne que l'autre. On le constate facilement par le plancher, surtout, qui n'est pas au même niveau dans les deux parties de l'édifice.

En faisant ces nouvelles constructions, Jean- Louis de Laval se mit dans des difficultés financières qui obligèrent son frère, l'évêque de Québec, à se charger de l'éducation de ses neveux, et plus tard, en 1720, son fils Gabriel â vendre la seigneurie de Montigny à Gabriel Sujol, bourgeois de Paris.

Il y avait un siècle et demi que cette seigneurie était dans la Maison de Laval. Elle y était entrée, comme nous l'avons vu, du temps de l'arrière grand'père de Mgr de Laval, par sa femme Marie de Mézières.

Le château de Montigny appartient aujourd'hui à Mme Saillard, née Poriquet, sœur de M. le sénateur Poriquet, de l'Orne, et bellemère de M. Cauchy, conseiller référendaire à la Cour des Comptes de Paris. J'habite depuisavant-hier ce château. M. Cauchy a eu la bienveillance de venir m'y installer ; puis, obligé de retourner à Paris pour ses affaires, il m'a prié de m'y regarder comme chez moi ^, et m'a confié aux soins de son excellent concierge, qui demeure là-bas, au bout de l'avenue.

Je suis parfaitement seul, le soir, dans cet immense édifice, où il n'y a pas moins d'une trentaine de pièces, vastes, bien éclairées, bien ventilées, où tout, dans le mobilier, respire le comfort et l'aisance. Le jour, j'ai la compagnie de l'abbé Guitel, curé de la paroisse, homme franc et loyal, qui sait se faire estimer desautorités locales, et jouit du respect de tous sesparoissiens ^.

1. Ceci me rappelle un curieux usage polonais, signalé dans le bel ouvrage de Costa de Beauregard, Souvenirs de la Ferrotinays, p. 66 : « Les propriétaires du château avaient laissé sur leur table du pain et du sel, ce qui voulait dire qu'ils nous priaient de nous regarder comme les maîtres de la maison. N'est-ce pas un touchant usage de l'hospitalité polonaise?»

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