M. Cauchy m'écrivait tout récemment (3 janvier
Le château n'a pas de chapelle. Il y en avait une pourtant autrefois, et l'on m'a indiqué l'endroit où elle devait être. C'est à cette chapelle que se rapporte l'acte suivant, que j'extrais moi-même des registres de Montigny :
« Le septième jour de juillet 1744, à la requeste de Messire Joseph du Roy de Sauroy, conseiller du roi en tous ses conseils, chevalier, commandeur et trésorier général de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, seigneur du duché-pairie de Banville, de la baronie de Saint-André, de la Motte-du-Colombier, grand et petit Beauvillier, Montuel, Montigny-sur- Avre et autres lieux, avons fait la bénédiction de la chapelle que le dit sieur de Sauroy a fait construire depuis peu dans son château du dit Montigny, sous l'invocation de la très sainte vierge Marie, mère de Dieu, (signé) Lesour, curé de Vitrey ; Hersant, curé de Bérou, Pescher, prieur de l'Hôpital Général de Verneuil ; Desrochers, curé de la Mulotière ; Chéradames, curé de Maillebois ; J. Desrochers ; François
1910) : «M. Guitel est toujours notre curé. . ., s' occupant beaucoup des jeunes gens, dirigeant une fanfare, et faisant autant de bien qu'il lui est possible, dans un milieu que vous connaissez, généralement pas hostile, mais combien indifférent en matière religieuse ! Que la France est à plaindre à ce point de vue ! Votre beau pays du Canada nous fait honte et envie, tout à la fois. »
Buszot ; George Delafontaine ; F. Dalençon ; Jean Guincestin ; Jacques Quilleron ; Morais ; F. Blondel, prieur-curé de Montigny-sur-Avre.»
Je vous ai dit dans une lettre précédente que le prieur-curé de Montigny était un chanoinerégulier de Saint-Augustin, de l'abbaye de Saint- Vincent-aux-Bois. Voici, telle que j'ai pu la trouver dans les registres, une liste de ces prieurs-curés depuis la naissance de Mgr de Laval jusqu'à la Révolution : — Claude Legrix, 1618; René Labbé, mort en 1639; Léon Desvignes, mort en 1659; Guillaume Lefebvre ; Nicolas-Louis Bouhier des Fénestraux, décédé en 1698 ; Cousin, qui baptisa en 1606 Anne-Gabrielle, fille de Gabriel de Laval, mariée en 1729 au seigneur de la Varende; Viret, qui célébra ce mariage ; Blondel ; et enfin Demontier, qui était prieur en 1789.
Le prieur-curé de Montigny avait un vicaire. Voici les noms de quatre de ces vicaires qui se succédèrent dans la paroisse, du temps de Mgr de Laval : MM. Duguay, Delhomme, Le Mière et Alexandre Ploger.
Dans un acte de 1643, ^' Duguay est appelé vicaire et chapelain de Montigny. Mais il y eut quelqefois un troisième prêtre à Montigny, qui n'avait d'autres fonctions que celle de chapelain du château. C'est ainsi qu'au mois
de septembre 1660, on enterre à Saint-Aubin. sur-Iton Messire Thomas Hubert, prêtre, « chapelain de M. de Montigny ».
M. Hubert paraît avoir été le dernier chapelain de Montigny.
J'ai feuilleté avec soin les vieux registres de l'état civil aux archives de la mairie de Montigny. C'est un travail qu'il est toujours bon de faire soi-même. îCn voici un exemple :
J'ai publié dans la Vie de Mgr de Laval (t. I, p. 15) un acte de baptême d'un neveu du premier évêque de Québec, d'après une copie qu'on m'avait envoyée. Or, voici cet acte, tel que je le transcris moi-même des registres :
« Ce jour d'hui cinquième jour de may mil six cent soixante et quinze, par moy prêtre vicaire de Montigny a été baptisé sous condition François de Laval fils de Messire Jean- Louis de Laval, chevalier, seigneur de Montigny, et de Dame Françoise de Chevestre sa femme. Le parrain Rév. Père en Dieu Messire François de Laval, premier évêque de Québec, ville capitale de tous les pays de la Nouvelle-France, qui a nommé le dit baptisé nay du vingt-quatrième juin mil six cent soixante et huit ; la marraine Dame Marguerite Baron de feu René D'Alonville, en son vivant chevalier, seigneur de la Rosière, qui a déclaré
ne savoir signer, étant privée de la vue. Quant au dit Rme et Illustrissime Evêque de Québec, il a signé avec la dite Dame de Chevestre présente, mère du dit baptisé. Ont été aussi présents au dit baptême Gabriel de Blotteau, écuyer, sieur du Breiiil, et Adrien-Daniel Sonneur, qui ont signé avec moi vicaire soussigné, de ce interpellés suivant l'ordonnance, (signé) François, évêque de Québec ; Françoise de Chevestre ; Gabriel de Blotteau, Adrien-Daniel Sonneur, Alexandre Ploger, vicaire de Montigny. ).
En comparant cet acte avec la copie qu'on m'avait envoyée, on voit qu'on avait omis dans cette copie deux mots importants : sotts condition. L'enfant avait déjà été ondoyé ou baptisé. Son baptême était probablement valide. On avait cependant des raisons de le renouveler sous condition, pour plus grande sûreté. Mais on avait cru pouvoir attendre un voyage de Mgr de Laval en France, afin que l'enfant eût l'avantage de l'avoir pour parrain.
La copie qu'on m'avait envoyée n'était d'ailleurs que partielle. L'acte de baptême, tel que je le reproduis ici intégralement, nous fait assister à une scène bien touchante. Voilà un enfant de sept ans, déjà ondoyé ou baptisé, un enfant de condition, que sa mère elle-même
conduit à l'église paroissiale pour que le prêtre récite sur lui les prières solennelles du baptême. Elle est accompagnée par un prince de l'Eglise, venu des missions lointaines de l'Amérique, qui a consenti à être parrain de son enfant. La marraine est une vieille dame, amie de la famille, complètement aveugle, et qui pour cela, sans doute, est accompagnée de deux braves citoyens de l'endroit. L'évêque n'est là que comme parrain ; c'est le vicaire qui fait le baptême, en l'absence, sans doute, du prieur-curé qui, comme nous l'avons vu, ne résidait pas habituellement. Une bonne partie de la population du village assistait sans doute à la cérémonie.
Les registres de Montigny ne vont pas au delà de 1573. Mais dès le commencement, et pour une période d'un siècle et demi, ces reg-istres sont vraiment l'histoire de la famille de Mgr de Laval. On voit défiler les uns à la suite des autres ses ancêtres, ses frères et sœurs, ses neveux. On fait connaissance avec les parents de la famille : elle était alliée à tout ce qui était noble dans le pays. Les registres nous révèlent même une foule de petits détails intimes sur l'intérieur de cette maison : ils nous apprennent par exemple quelles furent les « Dames de compagnie » de Mme de Monti-
gny durant son veuvage, et jusqu'au nom de ses cuisiniers, de ses meuniers, de ses serviteurs. Il semble que, pour les desservants de la paroisse, aucun détail ne leur paraissait à négliger, quand il s'agissait de cette famille noble, chrétienne et respectée.
Mieux encore, on voit ces nobles châtelains s'identifier pour ainsi dire avec la population de l'endroit, prendre part à tous les événements joyeux ou malheureux du village, servir souvent de parrains aux enfants de leurs censitaires \ assister à leurs mariages, etc. Puis on les voit venir tous successivement dormir leur dernier sommeil sous les dalles du sanctuaire de l'église, et reposer dans « le tombeau des ancêtres ».
J'ai remarqué à maintes reprises, dans les registres de Montigny, la signature de «f François de Laval : » elle est absolument identique à celle que l'on voit dans les registres de Québec.
Impossible de trouver son acte de baptême ; mais il n'y a pas que le sien qui fait défaut. Dans ces registres, reliés avec soin, il y a tout une lacune à partir de 1601 jusqu'à 1627 :
I M. François Lamy, par exemple, premier curé de la Sainte-Famille, île d'Orléans, natif de Montigny-sur- Avre, eut pour parrain François de Laval, le futur évêque de Ouébec.
c'est dans cette période que s'est marié le père de Mgr de Laval et qu'il a eu ses quatre premiers enfants. On a les actes de baptême des quatre autres: Henri, le Bénédictin, 1629; Hugues, 1631, mort prématurément à Laigle en 1642, à Vage de onze ans, et ramené à Montigny pour y être inhnmé « dans le tombeau des ancêtres;» Charlotte, 1633; et Isabelle, * fille posthume », 13 mai 1637 : son père était mort au commencement de septembre 1636.
On m'a dit que les actes de l'état civil doivent se trouver en double dans les archives du grefifier du tribunal de première instance, aux arrondissements. J'ai donc fait faire des recherches à Dreux, chef-lieu de l'arrondissement dont dépend Montigny ; et le greffier a répondu que les registres de cette paroisse qu'il possède ne remontent pas à 1623.
Nous savons, à n'en pouvoir douter, par une lettre de M. Tremblay, que c'est à Montigny qu'est né le premier évêque de Québec ; en 1623, d'après Latour, et le 30 avril, d'après une tradition constante.
Nous savons également que c'est à Montigny qu'habitait son père, seigneur de l'endroit. Lorsque l'église actuelle fut construite par ses soins, et prête à être livrée au culte, en 1618, on invita, évidemment à cause de lui, François
de Péricard, évêque d'Evreux, frère de sa femme, ^ à en faire la bénédiction.
J'ai vu dans l'église une inscription qui atteste ce fait, et j'en ai pris un fac-similé. Elle est de vulgaire apparence, et remonte évidemment au temps de la construction de l'édifice. Elle porte en tête les armes des Montmorency -Laval, preuve évidente qu'à cette époque il était admis que le seigneur de Montigny appartenait bien à la branche cadette des Montmorency : preuve évidente, en même temps, que c'est à lui, surtout, que l'on reconnaissait devoir la reconstruction de cette église.
Cette petite église, nouvellement restaurée, est tout-à-fait propre et gentille. Elle est en pierre ; les fenêtres ogivales sont ornées de beaux vitraux, qui m'ont paru très anciens. L'un de ces vitraux représente le crucifiement : il est au fond de l'abside, en arrière du maîtreautel.
La voûte, peinte en brun, affecte la forme d'une carène de navire renversée, et repose sur des poutres transversales auxquelles elle est liée par d'autres poutres verticales.
Le patron de l'église est saint Martin de
I. Mme de Laval avait un autre frère qui était évêque d'Avranches.
Tours : ce qui indique, d'après les archéologues, que la fondation de la paroisse remonte à une époque très reculée.
J'ai recueilli dans les registres .les noms de plusieurs habitants de l'endroit. Montigny n'aurait-il pas fourni son petit contingent à la colonisation du Canada ? En tous cas, voici des noms bien canadiens : Langlois,- Allard, Peltier, lyévesque, Duchesne, Boulé, Dupré, Roger, Thibault, Petit, Simon, Teruaux, Baudoin, Renaud, Harel, Charon, Dubois, Lecomte, Berthelot, Morel, Laurent, Dumontier, Breton,. Girard, Lemoine, Chevalier, Boucher, Patry.
Dans la paroisse de Rueil-la Gadelière, tout près d'ici, il y a un petit hameau qui s'appelle Caiiada.
Voilà une lettre déjà longue, et cependant je n'ai pas encore parlé de ces paroisses qui entourent Montigny, de Brezolles en particulier. J'en dirai un mot dans une prochaine lettre.
Avant de clore celle-ci, et de fermer les registres de Montigny, je veux indiquer comment s'est éteint dans cette commune et dans les environs le nom, d'abord, puis ensuite le le souvenir de Laval.
Jean-Louis, frère cadet de Mgr de Laval,, mourut la même année que lui (1708). II avait
dix enfants : six garçons et qnatre filles. Des six garçons, un seul eut postérité, Gabriel de Laval, seigneur de Montigny, marié à Charlotte de Besançon. Mais trois filles seulement provinrent de cette union : aucun garçon pour continuer à Montigny le nom de Laval.
Des trois filles, une seule, Anne-Gabrielle, se maria. Elle épousa à dix-sept ans le seigneur de la Varende, en 1720, l'année même que son père, Gabriel de Laval, aliénait la terre et seigneurie de Montigny.
Celui-ci, resté avec la petite terre de Montbaudry, mourut l'année suivante (1721) ; et à partir de cette époque il n'est plus question, ni à Montigny, ni dans les environs, du nom de Laval.
Je cite ici l'acte de mariage d'Anne-Gabrielle avec le seigneur de la Varende, parce qu'il clôt, pour ainsi dire, l'histoire de la famille de Laval à Montigny :
« Le 15® jour de juillet 1720 avons conjoint Messire Léon IMalart, chevalier, seigneur de la Varende, patron de la cure de Hutieux- Papion, fils de Messire Jacques Malart, chevalier, seigneur du Jardin, et de défunte dame Catherine Bouchard ; et noble demoiselle Anne- Gabrielle de Laval-Montmorency, fille de Mes-
sire Gabriel de Laval, chevalier, seigneur de Montbaudry, et de défunte Charlotte-Thérèse de Besançon, (signé) Léon Malart de la Varende ; Anne-Gabrielle de Laval ; Marie de Laval ; Louise de Laval ; F. Lefaye ; P. Bertrand ; Viret, prieur de Montigny. »
Le seigneur de la Varende et sa femme n'habitèrent probablement jamais Montigny : du moins leurs noms n'apparaissent plus ensuite dans aucun acte.
Faut-il s'étonner que le nom de Laval ayant complètement disparu de Montigny depuis un siècle et demi, le souvenir même en soit à peu près éteint? Mais voilà qu'il se réveille, au récit des vertus et des travaux apostoliques du premier évêque de Québec. . . .
Montigny-sur-Avre, 7 mai 1891, fête de l'Ascension.
Monseigneur \ je ne sais si depuis M. Tremblay, l'un de vos pieux prédécesseurs au séminaire de Québec ^, quelqu'un de votre maison a jamais visité le lieu de naissance de son fondateur.
Quant à M. Tremblay, on sait d'une manière certaine, par une de ses lettres, qu'il y alla en 1696, probablement à la demande de Mgr de Laval lui-même.
Sans être précisément de votre maison, je l'honore comme mon Aima mater; et ayant écrit la Pie de Mgr de Laval^ j'ai cru devoir
I Mgr Benjamin Paquet, supérieur du Séminaire de Québec.
2. Jean-Henri Tremblay, prêtre du séminaire, du temps de Mgr de Laval, fut longtemps procureur de cette institution en France. Il demeurait à Paris, et eut occasion d'aller quelquefois à Montigny-sur-Avre, » lieu de naissance » du premier évêque de Québec. On a de lui une longue et intéressante lettre, datée de Paris le 15 mai 1695, qui a été publiée dans le Rapport sur les Archives du Canada de 1887, p. xxxii.
avant d'en faire une seconde édition, me rendre à Montigny-sur-Avre pour vénérer le berceau du pieux fondateur de notre Eglise.
Il y a longtemps que le nom, et — il faut bien l'avouer — le souvenir même de Laval ont disparu complètement de cet endroit. La terre et le château du seigneur de Montigny sont passés en des mains étrangères. Mais le « tombeau des ancêtres " est toujours là, sous les dalles du cliçeur de l'église; l'histoire de la famille est en substance dans les registres de l'état civil ; il y a même une inscription très ancienne, gravée sur les murs du sanctuaire, surmontée des armes des Montmorency- Laval, qui atteste qu'Hugues de Laval, père de Mgr de Laval, était seigneur de Montigny en 1618, que c'est lui qui présida à la reconstruction de l'église, et qu'il appartenait à la branche cadette des Montmorency. Je vous envoie ci-joint, monseigneur, une copie de cette inscription ^
Il y a sur le territoire de Montigny-sur-Avre deux anciens châteaux qui ont appartenu à la
I. « L'an mil six cent <lix-huit, le neufe jour de septembre, cette église fut dédiée par ^Monseigneur le Révérendissime Père en Dieii, Messire François de Péricard, évêque d'Kvreux. Pour lors estait Prieur Noble D. Claude Legrix docteur; vicaire Me Jacques Ribot ; chapelain, Me Pasquier Dugay ; seigneur, messire Hugues de Laval,
famille Laval : celui de Montuel et celui de Montigny.
C'est dans le château de Montigny, où est né Mgr de Laval, et qui est aujourd'hui la propriété de Mme Saillard et de son gendre M. Cauchy, de Paris, que je reçois en ce moment l'hospitalité. Vous avez, je crois, la photographie de ce château.
Je n'ai que quelques pas à faire pour me rendre à la sacristie et à l'église : je n'ai qu'à remonter l'avenue du château et à traverser le jardin. Ce jardin me rappelle beaucoup celui du Séminaire: il est entouré, lui aussi, de murs blanchis à la chaux. Ci s murs sont revêtus d'espaliers, qui seront garnis, sans doute, l'été prochain, de fruits délicieux. Au milieu du jardin, près de la sacristie, se trouve l'ancien prieuré, aujourd'hui la demeure du jardinier.
L'église de Montigny a été un peu restaurée ; mais c'est bien celle où Mgr de Laval a été baptisé, c'est tout probablement celle où il a fait sa première communion. Et pour le
chevalier, et illustre Dame IMichelle de Péricard, son espouse. Charles de Reciisson, escuier, Jacques Forcuit, Giles ^loulinet, Jacques Busot, trésoriers».
Au-dessus de cette inscription, sont représentées les armes de la branche cadette des Montmorency, telles que décrites dans la lie de Mgr de Laval r t. I, p. 9.
prieuré, il porte le cachet de la plus haute ancienneté : Mgr de Laval a dû y aller bien des fois. C'est pour moi l'un des édifices les plus intéressants de tout cet endroit : et il est en parfait état de conservation.
Il n'y a en France que quatre fêtes d'obligation, sur semaine: l'Ascension, l'Assomption, la Toussaint et Noël.
C'est donc aujourd'hui fête religieuse à Montigny-sur-Avre, comme au Canada.
Malheureusement, le repos du dimanche et des fêtes d'obligation est loin d'être aussi religieusement observé dans l'ancienne France que dans la nouvelle.
Aujourd'hui cependant à Montigny, parce que c'est en même temps la fête annuelle de la commune, les travaux sont généralement suspendus; les paysans chôment, revêtent leurs plus beaux habits, et voisinent. Le drapeau tricolore flotte au-dessus de l'église, à la mairie, et sur un grand nombre de maisons du village. La place de l'église se couvre de baraques oii l'on installe des bazars qui attirent les populations d'alentour. L'air est rempli de chants joyeux, de mélodies criardes ; et ce soir il y a sans doute beaucoup de rendez-vous d'amis, de sérénades, de bals champêtres.
La fête religieuse a été relativement assez bien observée. Il y avait plus de la moitié de la population à la messe, et la fanfare du village, sous la direction du curé lui-même, rehaussait l'éclat de la solennité.
Montigny-sur-Avre, avec ses douze ou quinze hameaux, renferme un peu plus de cinq cents âmes. L'abbé Guitel, curé de la paroisse, est un excellent prêtre, plein de zèle, d'énergie et de savoir-faire. Il sait se faire estimer, et commande le respect de tous ses paroissiens, même les moins dévots.
Il m'avait invité non seulement à chanter lamesse, mais à prêcher. J'acceptai son invitation, d'abord pour ne pas le désobliger, puis parce qu'il pouvait être intéressant, au point de vue historique, qu'un prêtre canadien, appartenant à un diocèse fondé en Amérique par Mgr de Laval, fît entendre au bout de deux siècles, au lieu de naissance de ce saint prélat, un écho, quelque faible qu'il fût, de la parole apostolique qu'il avait fait retentir autrefois sur les bords du Saint-Laurent.
Les paroles de l'Apôtre que je pris pour texte : Non habemiis hic manentem civiiatevi^. sed futur am inquirimus ^, me fournirent l'oc-