‹ Au pays de Mgr de LavalChapitre 14 sur 33 · I. Voir plus haut, p. 31 et · texte numérisé non relu

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taxes, de dîmes et de corvées, « afin qu'ils s'occupent seulement de la prière. »

« Si quelqu'un de mes héritiers ou autres, ajoute-t-il, veut s'opposer à cet acte de ma volonté, s'il ne se repent pas et ne donne pas satisfaction aux moines, qu'il soit précipité dans l'enfer pour y subir éternellement les peines de son crime, avec Anne, Caïphe, Ananias, Saphire et le traître Judas. »

L'abbé de Saint-Père nommait à Brezolles un prieur-curé. Le prieur de Brezolles était donc un Bénédictin ; celui de Montigny, un chanoine-régulier de Saint- Augustin.

L'église primitive de Brezolles fut incendiée au douzième siècle, mais reconstruite aussitôt. Le château fort, la tour et l'église, tout cela tenait ensemble. Le château a disparu ; mais la tour reste, avec au moins ime partie de l'ancienne église. C'est, avec la fameuse tour de Verneuil, l'un des plus beaux monuments historiques de ce pays.

L'abbé Chasles, doyen de Brezolles, m'a conduit lui-même dans son église, et m'a indiqué l'endroit où se trouvaient autrefois le prieuré, le cimetière, le château, etc. Il porte beaucoup d'intérêt à la cause de Mgr de Laval, « qui doit être dans le ciel, dit-il, l'un des pro-

tecteurs de ce pays ». C'est un des prêtres les plus édifiants que j'aie rencontrés ^

Dn reste, j'ai admiré déjà bien des fois la vie de ces bons curés de France. Ils ne sont pas riches, en général ; ils ne reçoivent du gouvernement qu'une bien petite pitance, peu proportionnée à leur mérite, à leurs talents, à leurs travaux. Mais comme ils savent bien tirer parti de tout ! Leur maison et leur église sont généralement propres et bien entretenues ; leur table frugale, mais exquise : le petit jardin qui entoure le presbytère est ordinairement un modèle d'horticulture ; ils y passent leurs moments de loisir à disposer leurs espaliers, à tailler leurs vignes et leurs arbres, à améliorer la culture de leurs légumes. Un tout petit lopin de terre dont la commune leur abandonne l'usage leur procure ordinairement leur petite provision de légumes et de fruits.

Certes, ils sont loin d'être gâtés par les consolations spirituelles. Mais ils ne s'en livrent pas moins avec un zèle infatigable à leur ministère paroissial : j'ai vu tout-à-l'heure M. le doyen de Saint-André faire son mois de Marie pour une douzaine de femmesl pieuses avec

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