IO
supérieur, qui ne peut rester dans la sphère du médiocre, mais qui plane dans les hautes régions du beau, du bon et du vrai.
Quelle grande et magnifique parole ! quelle diction pure, noble et simple à la fois, digne et relevée, quoique toujours sans prétention ! Ah, voilà bien un maître de la langue française ! Et puis, quelle chaleur communicative! quelle dignité dans le geste et dans l'action ! quel respect de la chaire et des âmes auxquelles il s'adresse !
Sa voix n'est pas forte, mais pure, nette, très ■claire et bien accentuée. On ne perd aucune de ses paroles, et on l'écoute avec un intérêt toujours croissant, bien (ju'il prêche, lui aussi, près d'une heure et demie.
Pour moi, je vous l'avoue, pas la moindre réserve ne s'est présentée à mon esprit. J'ai été ravi tout le temps en entendant ce sermon si bien dit, si bien prononcé, et en même temps si apostolique.
Il sera sans doute publié ; on peut le résumer en trois mots : saint Bernard, religieux ; mêlé aux affaires de l'Eglise et de l'Etat ; homme privé.
Très souvent durant le discours revenaient les mots sublimes du texte : toujours en avatit^ touiours en haut^ nous montrant saint Bernard
préoccupe, durant toute sa vie, non pas, comme tant d'autres, du désir de ;f faire sa carrière,)) mais de la pensée de sa perfection, et vérifiant la parole du prophète : Ascensîo?ies ïn corde sîio disposuit ^.
Il y a eu surtout quelques passages véritablement enlevants : comme par exemple lorsque l'orateur s'est demandé s'il ne faudrait pas aujourd'hui un saint Bernard ou des saints Bernards pour résoudre les problèmes sociaux, politiques et religieux qui agitent l'Europe ; ou encore, lorsque faisant allusion à l'Alsace- Lorraine, *à la plaie douloureuse qui saigne encore au côté de la France, et à la plaie encore plus grave des armées permanentes qui ruinent l'Europe, il s'est adressé à saint Bernard, cet ancien oracle du monde civilisé, le conjurant d'obtenir de Dieu, pour le monde moderne, les bienfaits de la véritable civilisation.
Il m'a fallu sortir de l'église avant la fin du discours, et me rendre en toute hâte à la gare prendre le train pour Paris, afin de chanter demain lie service de Mgr Labelle à Sainte- Clothilde.
Demain aura lieu à Fontaine-lez-Dijon la grande fête de saint Bernard. Je me conten-