VERS LA NOUVELLE FRANCE
C’est du port de Brest que Montcalm fit voile pour le Canada, après de longs jours de calme qui mirent sa patience à l'épreuve. 11 amenait avec lui deux bataillons. Lévis et Bourlamarque commandaient chacun une frégate, lui-même montait la Licorne, avec, pour pilote, le sieur Pélegrin, capitaine de port de Québec « qui irait les ar fermés dans le fleuve St-Laurent ».
e voyage de Montcalm sur l'Atlantique ressemble étrangement aux voyages de nos jours. La mer était pur nos aïeux ce welle est pour nous aujourd’hui. Un peu moins de confort “an côté, un peu plus de mollesse de l’autre équilibrent à peu rès les divers agréments de ces sortes de transports. 0] impressions de Montcalm lors de cette unique promenade maritime sont tout à fait vingtième siècle.
Après une « belle partance », ce qui veut dire une semaine de temps plus ou mrins bénin, la traîtrise commence. « Une espèce de tempête rend tout le monde malade... Vous voyez cela d'ici... » Et en forme de morale: « Je ne conseille à personne de naviguer pour le plaisir » On vit pire encore. Une vraie tempête, et de trois jours, qui sépara les vaisseaux et les mit en danger... Bref, les beautés poétiques de l'océan ne touchèrent point Montcalm. Il déclare, terrien impénitent, que la mer n’offre un beau coup d’œil que dans les décorations d’opéra, et qu’elle est la voiture la moins à préférer. Sur quel fourgon subirait-on pareilles secousses? « Pendant les gros temps, on ne sait comment se tenir, comment manger, comment dormir ; on est obligé de faire amarrer toutes choses, et si on osait, on serait tenté de se faire amarrer soi-même ».
Enfin, le soleil de Pâques ramène le beau temps « ce qui nous fit plaisir à tous. » C’est à croire. Néanmoins la mer est toujours quelque peu turbulente, et il faut qu’un matelot assuré tienne le calice pour qu’on puisse célébrer la messe. Voilà un luxe qu’on n’a pas toujours, en dépit d’un plus fort tonnage, sur nos riches steamers.
Au reste, on prie tous les jours, à bord de la Licorne : « le matin, le soir avant que l'équipage soupe, et on dit les litanies de la sainte Vierge à l'entrée de la nuit. A chaque fois, on prie Dieu pour le roi, pour l'équipage, et on termine toujours les
nada, reuve.
arque corne, juébec
rangeeux ce onfort à peu mari-
me de espèce z cela nae de le temnit en hèrent a mer éra, et purgon on ne ir ; on 1 serait
ai nous pujours enne le e qu’on s riches
1e: « le litanies on prie vurs les
prières par des cris de Vive le Roi! Les dimanches et les fêtes, on dit les vêpres sur le pont, afin que tout l'équipage puisse y assister. »
En approc: 1nt de Terreneuve, on s'enfonce dans la brume et on côtoie des montagnes de glace, avec les ennuis d’un abaissement subit de la température. Encore bien actuels, ces contretemps ! Il me souvient de deux nîmoises, soit der x compatriotes de Montcaim, qui connurent = spécialement ces peu agréables surprises. Parties de leur Midi sous un soleil de plomb, elles n’avaient en cabine que du tulle et du contil, ce qui se trouva fort léger, aux approches du golfe. La gaicié n’y perdit rieu ; les te var savaient, comme jadis Montcalm « prendre tout comme il vient. »
Tout a une fin, et cette fin est délicieuse lorsqu’elle revêt la forme d’une entrée ensoleillée dans les eaux du majestueux Saint-Laurent. « C’est le plus beau pays du monde, » écrit l’ardert méridional. « C’est une féérie,» disent tous les nouveaux ve: 18. Du golfe à Québec, le charme ne cesse pas; si l’on remonte à Montréal, l’enchantement dure toujours, augmenté sans cesse par de nouveaux décors.
A la Petite Ferme, la nostalgie du sol jette Montcalm au rivege. Il a hâte, d’ailleurs, de voir Québec, et la frégate est trop lente à son impatience. Il parcourt ainsi, dans de mauvaises voitures, sur des cheriins détrempés, la distance qui sépare Québec du Cap Tourmente. Au lieu de gagner du temps, il n'arrive que ape heures après la Licorne, et il y a été « pour de la pluie, e la fatigue et de la dépense. »
En revanche, il met à profit ce contre-ter ps. Grâce à ce voyage improvisé, il lie, chemin faisant, d’agréables connaissances, observe de près la culture et les habitants et note en passant de fort judicieuses remarques.
Il arrive enfin, plein d’admiration et d’enthousiasme, dans cette ville où l’attendent la gloire et la mort. C’est le 13 mai