‹ Au pays de Montcalm [microforme]Chapitre 5 sur 7 · CS · texte numérisé non relu

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était fler soldat. Sa dévotion n’avait rien de mystique, sans doute. Elle n’en + moins sévère, et sa conscience la voulait logique. Il trouvait étrange la religion de certains Québecquois, laquelle souffrait, à côté de nombreuses pratiques, une galanterie suspecte. Ses pratiques, à lui, n'étaient pas nombreuses, mais il tenait aux essentielles. Le Carême, les Pâques, les cffices du dimanche étaient pe lui choses sacrées, et nous avons vu comment Pon sanctifiait le jour du Seigneur, ‘‘ord de la Licorne.

Je ne voudrais pas affirmer néanmoins. ; Montcalm fût d’une docilité d'enfant à l’égard de l’autorité religieuse. Il trouvait M" de Pontbriand trop cassant et point diplomate dans la réforme des abus. Il préférait, pour son com,te, « ménager les deux autels » et ne se point faire d’ennemis. Dans l’intimité, il ne se gênait :s pour trouver ridicule certain mandement, et il le disait avec sa , erve ordinaire, sans que ses sentiments ni ses relations en fussent . icunement affectés.

Il sut, nous l’avons dit, éviter les abus les plus criants dans le jeu et la table. Il ne s’avilit pas, non plus, dans les parties inti-

-mes du château Bigot, où la . sultane», M"° Péan, jouait à la ‘Pompadour. Il ne cache pas néanmoins l'attrait qu'avait pour

lui la société des Qué uoises. Ces mêmes dames qu’il trouvait blement libres dans leurs manières, d’une vie oisive et

‘frivole, il les rencontrait volontiers dans les salons de la rue du

Parloir. Dans ses lettres intimes, les nouvelles galante tiennent une bonne place. Il note les démarches amoureuses de Bourla-

-maque et de Lévis, et c dans le style entendu d’un homme qui

connaît. Ilne se défer d pas d’aimer ‘i-même la société des reines du jour ; il les nomme souvent, et il décrit à l’occasion, srec:une sorte de culte, les parvis de ces petites divinités. Sui- ‘ant l’abbé Oasgrain, c’est M"° de Beaubassin qui avait ses préférences, grâce au charme particulier de ses conversations et aux qualités de son esprit. Ailleurs, le marquis s’intéressnit, s’amusait ou s’étourdissait, chez M"° de Beaubassin, il s’att:chait. Jusqu où alla cet attachement ? Quelle était la nature de cette galanterie ? On n’était point sans appréhensions, à Candiac, sur es liaisons nouvelles du père et de l’ipoux, et celui-ci doit parfois apaiser de tendres inquiétudes : « J’embrasse ma fille, la très ‘chère que j'aime tendrement... Vous pouvez l’assurer que je vai pas en vérité le temps de m'occuper des dames, quand même j'en aurais envie ».

Bi-cette dédlaration dissipa les craintes, c’est ce «u’on ne peut

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dire. Pour nous, évidemment, elle n’est qu'une manœuvre habile. ui tire le général d’un mauvais pas. Ailleurs Montenim nous. it le mal qu'il eut À mettre d’accord sa vertu et ses distractions : « Je ne suis véritablement touché que (du souvenir) d’une dame à qui je trouve, dans certains moments, trop d’esprit et de charmes pour ma tranquillité ». T| s’agit sans doute de M de Boaubassin.

La vertu triompha-t-elle, finalement ? La voix du devoir couvrit-elle les appels enchanteurs d’un facile plaisir ? Ou bien, emporté et comme submergé par le torrent, le général at-il parfois outrepasré le domaine de l'esprit dans ce commerce charmant ? Quoi qu’il en soit il a du moins le mérite d’avoir évité le scandale et respecté son nom. C'était beaucoup en ce siècle aux mœurs si faciles. Sachons lui gré aussi d'avoir censuré, quoique avec ménagement, les excès de toute sorte, au risque de se condamner luimême. Il trouve, à la vérité, que l'autorité religieuse y va trop rudement ; au fond il s’en veut de se trouver dans cette galère. Son cœur est toujours à Candiac ; il ne cesse de soupirer après la

ix, et la paix, c’est le retour, c’est la patrie, c’est la famille, c’est à vertu : « L’ennui ne tue pas, et je le vois bien. ; À quand mon retour ?.. Le mor-ent où je vous reverrai sera lo plus beau de ma vie» !

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