‹ Au pays de Paul et VirginieChapitre 14 sur 24 · AD CŒDR DE L'ILE · texte numérisé non relu

AD CŒDR DE L'ILE

ms de l'Ile. — Le Trou aux Cerfs. — Un cratère volcanique, — Les origines de l'île. — Cratères ad ven lift, - Les Sept Cascades. — La Rivière des Tamarins,

L'île Maurice est petite : soixante kilomètres de longueur, quarante-cinq de largeur, à peine dix-huit cents kilomètres de superficie. Elle est un pou moins étendue que sa sœur Bourbon, et trois cents fois plus petiteque sa voisine la grande Madagascar. Bernardin de Saint-Pierre mit dishuit jours à en faire le tour à pied, mais il devait être médiocre marcheur, car, à raison de sept lieues par jour, on ferait aîsémentle tour de l'île en six jours. Grâce au.\ trois lignes de chemin de fer qui parcourent le nord, le centre et le sud de l'île, ou peut aujourd'hui en visiter racilement les principau.\ sites.

Ma première excursion a été au Trou aux Cerfs, nom donné par les Créoles à une des plus JDtéressantes curiosités naturelles qu'on trouve

dans rintérieur' de l'tle, un cratère volcanique situé à trois kilomètres au sud de Curcpîpe. On chemine une demi-heure par une roule bordée de villas et de jardins, et qui serait ravissante sans l'épaisse boue rougoàtre qu'y entretiennent éternellement les pluies parliculièrea à cette région. Puis on s'engage par un petit sentier qui gravit la montagne, et au bout d'un quart d'heure d'ascension, on arrive au bord d'un immense entonnoir situé à l'altitude de six cents mètres au-dessus du niveau de la mer et s'ouvrant subitement comme un guulîre aux pieds du spectateur. Au fond de ce gouffre brille un petit lac circulaire alimenté par une source où, au couclier du soleil, viennent se désaltérer les cerfs et les singes qui abondent dans les bois environnants. Les parois de l'entonnoir, à pentes très rapides, sont couvertes d'épais fourrés où s'épanouit une luxuriante végétation de mousses et de fougères, et où babillent les pics et autres oiseaux qui recherchent cette solitude fratche et ombreuse. L'entonnoir, à peu prés circulaire, mesure, à vue d'œil, trois cents mètres de diamètre et deux cents mètres do profondeur. C'est un cratère d'une forme absolument classique, et les pierres ponces d'une teinte brune, qu'on trouve sur ses bords, attesteraient son origine

volcanique à qui serait tenEc d'en douter. Avec ces pierres on a édifié un signal sur un piton qui domine à la fois l'entonnoir et tout le pays environnant, et de ce point élevé l'on jouit d'une des plus belles vues de l'île ; dans la claire atmosphère surgissent les audacieux pitons des Trois- MamcUes, du Rempart, du Pouce, du Pieter- Booth, et, dans une direction opposée, un ^rand pilon arrondi qui rappelle à s'y méprendre le dôme des Invalides. Au sud miroite la nappe bleue de l'Océan, au nord se déroule le plateau central. Dans le voisinage immédiat surgissent plusieurs aulres petits cratères, comme des satellites du Trou aux Cerfs.

J'aurais bien voulu descendre au fond du grand cratère, mais mon compagnon. M. Bail, étant sujet au vertige, ne voulut point se résoudre à s'aventurer sur les penles boueuses et glissautes, et je dus me contenter d'admirer d'en haut ce beau volcan éteint qui, dans sa muette solitude, raconte les origines de l'Ile Maurice. Il est étrange que cet ancien foyerd'aclivité volcanique ait été ignoré d'un voyageur aussi sérieu.v que Bory de Saint-Vincent, qui n'en fait aucune mention dans son Voyage aux lies d'A/'riçue : il y aurait t trouvé une preuve décisive à l'appui de sa théosur la formation de l'Ile, car ce naturaliste

t PàTS DE PAUL ET X

araît déjà pressenti au sîè^rle dentier qu« l'île 4 France èlail il'orîgÎQe volcanique, tout c la plupart des aulres iles de Fixéaa Indtea.

n'y Iroaveraît point de nombreux cratères è de difiërents â^es, qu'encore on reconnaitnit I traces visibles du travail des feux i dans l'aspect si caractéristique des niontagi qu'ont fait sur^r les éniptions : les profoi fissures qni déchirent leurs Dancs et d'où eoul aujourd'hui les torrents et les rivières n'ont g changé d'aspect depuis le 'jour où elles s'ou%^ reni pour donner passage aux explosions de i peurs et de gn sonterraios.

L'île, créée par un volcan sw n'avoir pas été formée brusquement, oiaïs d*ane façon lente et saccefisive. Dans les environs des montasses de Chamarel, on a trouvé, ensevelis aa milieu de débris de formation crétacée, des coraux en parfait état , mais ne rappeUnt en rieo les espèces qui Wvent actuellement dans les mers tropicales. 11 existe des bancs de coraux de plus de quinze pieds d'épaisseur entre ie Port-Louis et -a Grande-Ri^-icre, et des formations de ce genre apparaissent dans presque toutes les parties de ITIe; on va obseoé.à raille pieds d'attitude, une couche d'ar<^lede douze pîedsd'épaisseurg

sous une épaisse

coiicbe de gravier. Ces dén

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