‹ Au pays de Paul et VirginieChapitre 8 sur 24 · GOUVERNEMENT DE LA COLONIE C · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE LA COLONIE C

la somme de vingt-cipr] millions de francs.

Je n'ai point voulu tarder à présenter mes devoirs au gouverneur, pour qui j'étais nuinî d'une lettre de sir Henry Locli, gouverneur du Cap. Le capitaine Rose, aide-de-camp du gouverneur, m'introduit auprès de Son Excellence sir Hubert Jerningham, qui me fait un accueil charmant et veut bien me consacrer une parlio de son temps pendant mon séjour à Maurice.

Quoiqu'il appartienne à la vieille noblesse anglaise, sir Hubert est Français par l'éducation, la langue et la religion : iJ a fait ses éludes latines au collège Saînt-MiclicI à Bruxelles et son droit à Paris; il a le plus pur accent français, et c'est un catholique de vieille roche. Ce gouverneur anglais affeclant des préférences pour la langue française et allant ponctuellement à la messe lo dimanche se fait pardonner son origine anglaise dans cette ancienne colonie française, dont la population est restée également attachée à la langue et à la fui des ancêtres. Aussi, l'île Maurice n'a-t-elle jamais eu, depuis la conquête, uq gouverneur aussi aimù. Sa popularité date du temps où, simple secrétaire colonial, il se mêlait volontiers au peuple. Contrairement à tous les précédents, lu

sa Aa PATS DE PAUL ET VIDCtNIK

sccrélaire coloaialest devenu gouverneur, grâce à celto circoDsIance que le gouvernement do l'île Maurice, quoique mieux rélribué que la présidence des Élats-Unisj trouve peu de candidats à cause de l'insalubrik^ du climat. Celte élévation brusque, qui causa au début un peu de surprise, n'a rien cliangé à son aimable simplicité, et it vous laisse l'impression du grand seigneur pour qui la hauteur et la fierté sont travers de parvenus. Un jour qu'il m'avait proposé de l'accompagner aux offices religieux du dimanche, il se tint aux derniers rangs des assistants, et comme je m'étonnais, il me dit que le gouverneur ne devait rien changer aux habitudes du secrétaire colonial.

Sir Hubert est un ancien diplomate qui a représenté son pays dans les postes les plus en vue de l'Orient, et dont le nom a été mêlé à des négociations importantes sous le gouvernement de M. Gladstone. Le gouvernement de l'ile Maurice n'est évidemment pour lui qu'une étape transitoire après laquelle il renlrera dans la carrière diplomatique, et je ne serais point surpris de le voir un jour revenir à Paris, oii il fit son droit, occuper le poste d'ambassadeur. S'il y réussit, et on peut croire qu'il y réussira, car il est jeune encore, il ne sera pas le premier qui

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