‹ Au pays de Paul et VirginieChapitre 9 sur 24 · GODVERNEMEWT DE LA COLONIE · texte numérisé non relu

GODVERNEMEWT DE LA COLONIE

sera arrive à de hautes destinées en passant par les colonies.

La résidence officielle de sir Hubert Jerningham est un vieux bâtiment à deux ailes, très vaste, très laid, situé à l'extrémité de la place d'armes, dans la partie la plus basse et la plus insalubre de la ville. Aussi le gouverneur n'y loge jamais et n'y passe que les heures consa- | crées aux affaires ; chaque jour il dîne et couche . 1 Réduit, sa résidence champêtre située à une |eure de chemin do fer.

Le vieux palais du gouvernement est encore i vestige de l'occupation française. Sir Hubert n'a promené à travers les immenses salles qui développent dans l'intérieur de l'édilice.

LfionQues dans le goût du siècle passé : on y conf serve pieusement des meubles antiques, style Louis XV, qui ont appartenu, dit-on, à M. de Labourdonnais. Il y a la salle du Conseil, la salle du Trône, et il y a aussi la salle de bal, qut rappelle les beaux jours oîi les gouverneurs donnaient ici des fêtes de nuit où la lumièro des lustres faisait valoir les séductions des ' belles Créoles de l'île do France.

La salle du Conseil est la seule qui, dans ce

is, ait encore une destination oFlicielIe. Ce

^que siège, à onze heures du matin, le Conseil ]

AC PATS DE PADL ET VIRGINIE législatif, sous la présidence du gouverneur, qui a bien voulu m'inviler à assister à la séance du jour. Les séances se tieuoeot pour ainsi dire en famille, sans autre public que les sténograplies. La plupart des membres de l'assomblée sont des Créoles descendant de vieilles familles françaises, et, ici comme au Parlement de Cape- Town, les orateurs peuvent s'exprimer dans la langue qu'ils préfèrent : les Créoles qui s'expriment en anglais me faisaient sourire par la difficulté qu'ils éprouvent à dissimuler leur accent français. L'Angleterre, par une habile politique, tolère ces singulières assemblées bilinffues dans la plupart des colonies qu'elle a conquises sur des peuples qui y avaient importé leur langue. Les débats au sein de cette petite assemblée coloniale sont d'un intérêt purement local. J'y ai entendu discuter assez longuement un projet de convention avec la ligne de navigation BrUish Imlia. Puis des interpellations adressées au gouvernement, auxquelles le secrétaire colonial, M. E!liot,réponden son nom. En réponse à une de ces interpellations, M. Elliot a fait à l'assemblée celte troublante révélation que, pendant le seul mois de juillet qui vient dt

b' écouler, l'influcnza n'a pas eau:

, décès.

s de 232i

CÏÏREPIPE

Les divisions de l'île. — Les plaines Wilhems. — Curepipe.

— A travers l'Ile. — Les Trois-Mamelles. — Piova eterna,

— L'unique hôtel de Maurice. — Le climat du haut plateau. — Une mauvaise nuit. — Le patois créole. — Un sanitarium. — Les attractions de Curepipe. — La société.

L'île Maurice est divisée en neuf districts ou quartiers^ pour employer l'expression locale des Créoles, que Bernardin de Saint-Pierre s'est appropriée en parlant de ce « quartier des Pamplemousses )> dont ]e nom est connu dans le monde entier. Les sept quartiers qui avoisinent la mer ont été désertés par les blancs depuis que les fièvres en ont rendu le séjour dangereux. Mais le centre de l'île forme un plateau dont l'élévation est assez grande pour que les fièvres ne puissent y germer comme le long des côtes : là se trouvent les deux quartiers de Moka et des Plaines Wilhems. C'est dans les Plaines Wilhems que lo plateau atteint sa plus grande altitude,

et c'est là (]UG la population blanche est la plus dense.

Il y a vingt ans à peine, les Plaines Wilhems étaient absolument inliabitées : c'était une vaste forêt vierge, dont la solitude n'était troublée que parles chasses aux cerfs. Aujourd'liui les Plaines Wilhems sont devenues le séjour des blancs, qui les ont défrichées poury planter la canneà sucre. On y rencontre de nombreux villages portant pour la plupart des noms français, tels que Beau- Bassin, Quatre-Bornes, Petile-Rivîère, Curepipe les Pailles, Eau-Coulée, Vacoas, le Mcsnil. Ce n'est que de loin en loin que dans cette île anglaise apparaîtun nom anglo-saxon, tel que Rose Hillou Forest Side, qui sonnent un peu durement à l'oreille à côté des jolis noms au parfum créole. Le plus gros de tous ces villages, celui dont le nom m'est le plus familier puisque j'en ai fait mon séjour permanent, c'est Curepipe. Un nom qui, pour être d'origine créole, n'en est pas plus poétique. Au temps oîi les Plaines Wilhems n'étaient encore qu'une forêt. Il y avait ici un relais do poste oij les voyageurs s'arrêtaient pour « curer leurs pipes ». Le chemin de fer est venu, le relais a disparu, le mot est resté.

C'est donc en chemin de fer à voie étroite, qu'où se rend aujourd'hui du Port-Louis à Cure-

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