CHAPITRE VIII
Lever matinal. — Les i-equins. — Dugongs et Lamcntins. — Jonas canaque. — Arrivée à Canala. — La baie. — Panorama. — Le poste militaire. — Écoles et instituteurs canaques. — Pouvoir des chefs. — Un marais en apparence. — Le riz. — Le café. — Un vrai planteur.
Puisque le manque d'air nous a forcés à quitter plus tôt qu'il était h supposer nos étroites couchettes, montons sur le pont... Depuis un moment, plusieurs énormes requins accompagnent le navire; en rade de Thio peut-être aurons-nous l'occasion de leur envoyer quelques coups de fusil.
Les requins abondent sur nos côtes, ils remontent assez haut le cours des rivières, toutes les baies en sont infestées. On en a pris jusque dans le port de Nouméa. Les Canaques qui en sont très
1 L'amiral Olry, qui gouvernait eu 1878, Gt preuve des plus hautes qualités. Généreusement, il mit tout d'abord sa fortune ii la disposition des sinistrés et s'attira, dans J& circonstance, l'entière roronnaissance de tous les colons.
friands, les chassent à coups de sagaïe ou les prennent au filet. Après quoi, les ayant fait cuire dans leurs immenses fours primitifs, ils les dévorent en entier. Inutile d'ajouter qu'ils les craignent et pour cause. <]ertains d'entre eux disent avoir un tabou * protecteur, sorte de composition venant des îles Loyalty, dont on doit se frotter tout le corps pour se mettre à l'abri des morsures ; mais tous aiment mieux, c'est plus sûr, mettre, quand ils l'aperçoivent, la plus grande distance possible entre eux et le terrible squale. Néanmoins, les accidents sont des plus fréquents. Peut-être serez-vous surpris d'apprendre que cet affreux animal possède un foie capable de donner à la thérapeutique une huile qui rivalise avec l'huile de foie de morue V Voilà qui devrait engager à leur faire une chasse sérieuse.
Moins redoutables que les requins, les dugongs, les iamentins, ne sont point rares dans les rades. Les carcasses de dugongs figuraient autrefois comme ornements sur les cases des chefs.
Il y a peu de baleines dans ces parages', mais en revanche on a trouvé sur les plages de Tile des Pins un grand nombre de cétacés échoués paraissant appartenir au genre Delphinus Orca de Linné, et nommés vulgairement épaulards.
Puisque le nom de l'île des Pins a été prononcé, écoutez pendant que nous entrons en rade de Canala,- une histoire canaque. Les indigènes n'en font nullement une légende, ils assurent l'authenticité du fait qui rappelle le Jonas de la Bible, avec cette différence que le prophète Juif est représenté en Calédonie par une popinée.
Il y a de longues années, paraît-il, un requin fut trouvé échoué Sur le rivage de l'île des Pins. L'animal était mourant. Les Canaques l'achevèrent et se mirent en devoir de le dépecer. Tout à coup, ô surprise! une voix humaine se fait entendre; elle sort de l'intérieur du requin, elle réclame des secours, demande qu'on ménage les
1 Tabou s'cutond non seulcmcol de l'objet protecteur, mais aussi de l'objet protégé. Être tabou, c'est être sacré, inviolable. On dit aussi mettre tabou ; il y a tabou sur telle ou telle chose, pour dire que ceUe chose doit être respectée, qu'il est défendu d'y toucher.
* La circonscription de Toubo en a envoyé à l'exposition de 1889. 11 ne faut pas oublier que les ailerons de requins peuvent devenir aussi une source de commerce. Ils sont très estimés des Chinois et il en entre annuellement dans le Céleste Empire environ 4200 tonnes qui se rendent, au détail., au prix de 3 francs le kilogr.
' Pourtant en 4862 un baleinier français, dans l'espace de 3 mois et à 80 milles seulement dans le nord-ouest de la Nouvelle-Calédonie, capturait %\ haleines et récollait plus de 900 barils d'huile.
42 LA NOUYBLLE-GALÉDONIE UN i890.
coups, qu'on opère plus délicatement. Stupéfaits, les naturels ouvrent en tremblant l'estomac du squale, et il en sort... une femme vivante de la côte est de la Nouvelle-Calédonie, que la frayeur avait rendue blanche ! L'insulaire raconte alors à un de ses compatriotes qui se trouvait là par hasard, qu'étant à la pèche à Canala, elle avait été happée par le monstre et avalée tout entière! Par bonheur^ elle n'avait point lâché Técaille tranchante qu*elle avait à la main, et s'en était servie pour faire à l'estomac de son peu commode propriétaire, les profondes blessures qui l'avaient forcé à aller s'échouer mourant sur la côte où on l'avait trouvé.
...Nous sommes h Canala dont vous connaissez maintenant l'histoire. Sa baie, large et profonde de 6 milles, offre aux navires un des plus sûrs mouillages de la colonie.
Jetons un coup d'œil, en passant, sur les dépendances de cette magnifique rade.
Voici au fond de celte charmante crique où se trouvent actuellement les constructions de la mine Lupin, l'emplacement de la maison de campagne de Paddon; plus loin, la baie Duperré où Ton pourrait construire un port, puis la baie de « THérault », du nom du navire qui s'y échoua quelque temps avant l'occupation du poste, et qu'il fallut démolir sur place*
Mais déjà la baleinière de VOcean Queen a dépassé les Quatre- Bras \ et remontant le canal de 1,100 mètres, creusé il y a quelques années par les condamnés, nous a déposés au pont Pion. Là nous débarquerons et gagnerons rapidement les contreforts où sont situées les constructions militaires.
De cet endroit on peut juger Canala, car au premier abord il est difficile de Retrouver une vallée dans cet espace étendu, d'une part, jusqu'au fond de la Négrépo, à l'ouest; de l'autre, jusqu'aux montagnes du Crève-Cœur qui limitent à l'est le territoire de Nakéty.
Étant donné la hauteur des chaînes dont la plaine est bornée au nOrd et au sud principalement, les nombreuses ramifications qui, se détachant de ces deux massifs, semblent la morceler en une foule de petits vallons secondaires, Ton n'aperçoit à première vue qu'un amoncellement de montagnes.
Du blockhaus au contraire tout change. Les petits contreforts n'ap-
* A l'endroit ob la Négrépo, par deui bras, et TAlala se réunissent au fond de la baie.
paraissent plus que sous Taspect de reliefs plus ou moins saillants h la surface du sol. C'est alors le coup d'oeil le plus charmant que puisse offrir à Tobservateur Tun des sites les plus agréables de la Nouvelle-Calédonie.
Devant lui, le Picdes-Morts, limite de la baie, profonde échan^ crure obliquement disposée par rapport à la côte est de Tile et dont la direction est nord et sud; h Tborizon, une succession de crêtes montagneuses entourant la plaine d'une immense ceinture; h ses pieds s'étagent en amphithéâtre, Téglise, l'hôtel du chef d'arrondissement, les habitations des fonctionnaires S Tout au bas des collines apparaissent les maisons des principaux commerçants, éche* lonnées le long des routes. De tous côtés, surgissent les toitures blanches des construotions perdues au milieu des massifs de verdure, d'élégants panaches de bambou et, pour reposer Tœil, la cime d'innombrables cocotiers.
Où trouver un spectacle plus enchanteur, surtout à l'époque des premières pluies de décembre, quand Tonde vivifiante a reverdi le flanc des montagnes brûlées par le soleil et que les fleurs des flam^ boyants viennent jeter leurs notes de feu à travers la teinte sombre du feuillage!
Le blockhaus, situé sur une éminence, dans une situation excellente au point de vue de la défense, est la seule curiosité du poste. C'est le centre de la résistance en cas d'attaque.
Ce bâtiment, aux allures de maison arabe, fut édifié en 1863, avec des pierres amenées à grands frais d^Australie, et transportées h dos d'homme delà rade à l'emplacement qu'il occupe. A cette époque, on ignorait encore qu'il y eût do la pierre h bâtir en Calédonie. Il renferme une citerne et ne sert plus habituellement que de prison.
• ..Après avoir dépassé la caserne, tournant à gauche, nous allons suivre un sentier qui conduit à l'ancienne gendarmerie, aujourd'hui l'école canaque. Là nous prendrons Morio, l'instituteur, notre futur interprète auprès des chefs. Morio est un des premiers élèves de l'école de Canala, fondée en 1863 par le gouverneur Guillain et dirigée alors par des sous-officiers. Il a eu pour compagnons Pita>
* Canala est la résidence du cbcf du 2* arrondissement. Les trois autres administrateurs, etl dehors de Nouméa, sont fixés à Houaîlou, Toubo» Ouégoa.
Canala, comme tous les centres de quelque importance, possède une commission municipale composée de trois membres. C'est le sit^ge d*une Justice de paix.
fils de Gélima, et Badimoin, son collègue actuel. Tous ont profité des leçons reçues, parlent et écrivent le français, s'habillent à l'européenne. Aussi, l'administration locale a-t-elle été bien inspirée quand elle a compris Pita oX Badimoin au nombre des indigènes envoyés en France pour visiter l'Exposition de 1889. Malgré la curiosité quelque peu indiscrète dont ils ont été l'objet à Paris, nos Canaliens ont gardé un excellent souvenir de la France et des Français en général, mais un étonnement profond pour la suprême badauderie du peuple parisien.
L'école fondée par M. Guillain a prospéré. Au mois de septembre de l'année de sa fondation, elle comptait dix-huit élèves. Actuellement, elle comprend une soixantaine d'inscrits dont la moitié seulement est assidue aux heures des classes. Nous pouvons les voir courbés sur leurs pupitres, et épelant la leçon écrite au tableau qu'ils sont chargés de recopier. Apprennent-ils réellement le français ? C'est douteux. Beaucoup écrivent sans savoir donner l'explication de ce qu'ils écrivent : mieux vaudrait leur apprendre uniquement à parler notre langue. Le système des moniteurs européens qui ne parlaient que français à leurs élèves était excellent. Un Français peut seul apprendre aux Canaques à connaître la France. C'est ce que faisaient les sous-officiers. Aussi, en 4866, lors de la souscription pour la Tour-Jeanne-d'Arc, à Rouen, enthousiasmés par les récits de leurs moniteurs, les jeunes Tayos tinrent-ils, Badimoin, Morio et Pita en tète, à déposer le montant de leur modeste souscription entre les mains de leurs maîtres. M. Guillain avait, pour augmenter le nombre des élèves, un moyen très simple. Comme conditions, il imposait aux. chefs qui faisaient leurs soumissions, l'obligation, souvent unique, d'envoyer un ou deux de leurs enfants mâles à l'école. Ainsi, en octobre 1863, le chef de Pockereu Moumb'ou, voyant que la résistance était impossible, vint-il à Port-de-France implorer la clémence du gouverneur. Il reçut l'ordre d'adresser au commandant de Napoléonville trois enfants de sa tribu. L'officier devait choisir parmi eux le plus intelligent pour le faire instruire. Après l'expédition de Koumac, en décembre de la même année, les mêmes conditions de paix furent faites au chef Tomb'boma *.
^ En 1890, 26 écoles indigènes existaient dans Pîlc. Les 47 d'entre elles entretenues par Tadministration comptaient 1603 élèves inscrits : 1233 garçons et 370 filles. Dans les 9 écoles de la mission, il y avait 13i5 élèves : 685 garçons et 640 filles.
LA nouvelle-*:alédonie ex 1890. 45
Morio habite à côté de son école. Pendant qu'il va faire sa toilette pour nous accompagner, méditons une de ces histoires canaques qu'il aime à conter. Jadis, disent les anciens de Canala, à Tendroil où nous sommes, vivait un chef puissant. Décidé à se donner la mort, il fit monter sur un immense radeau ses quatre cents guerriers, prit le large, et là fit couler Tembarcation. Quelques-uns seulement cherchèrent à s'échapper. Tous, dit Morio, avaient obéi comme les militaires obéissent à leurs officiers. Ce fait est peut-être une légende, mais les Canaques y croient, tant ils ont de respect pour l'autorité des chefs I
Un autre fait à peine croyable, mais pourtant très vrai et très récent, s'est passé à Thio. Il donne une idée de ce que peut obtenir un chef*:
Au commencement de 1888, les indigènes Clément et Adolphe vinrent s'accuser aux autorités d'avoir exercé la sorcellerie sur une vaste échelle. Au moyen d'un morceau de bois appelé tunki, qui acquiert, paraît-il, après certaines pratiques, la propriété de donner la mort, ils avaient fait mourir l'un 25, Tautre 85 pereonnes I L'enquête établit que ces prétendus crimes n'existaient que dans l'imagination de ceux qui en faisaient la déclaration.
Voici comment les choses s'étaient passées. Les chefs Philippe et Abraham avaient enlevé les malheureux sujets à leur village sous un futile prétexte. Ils les avaient ensuite attachés à des arbres et privés de nourriture pendant plusieursjours ; enfin, ils n'avaient délivré leurs victimes qu'à une condition. Ces dernières iraient faire à la justice rincroyable déclaration relatée plus haut. Or, la terreur inspirée à Clément et à Adolphe était telle, que, probablement sous l'influence dune véritable suggestion, et peut-être de Thallucination produite par la faim, malgré la démonstration du contraire, les deux Canaques étaient persuadés qu'ils avaient réellement fait mourir un grand nombre des leurs. Leur seule défense était celle-ci : Jamais ils n'avaient attenté à la vie d'un blanc. Les sinistres farceurs, auteurs d'une aussi cruelle plaisanterie, en furent quittes pour un mois de prison.
Tout en traversant Canala pour nous rendre à Paraoué, et de là
* On a lente, ces temps derniers, de mettre en doute cette autorité dos chefs, peut-être ptrce que les Canaques n'affectent plus envers eux la déférence qu'ils montraient jadis h leur égard. Nous reviendrons plus loin sur celte question.
46 LA NOUVBLLE-GALÉDODIB EN i890.
dans la tribu de Gélima, examinons un peu la nature du soi de la vallée. Il est aisé de le voir, la baie devait avoir primitivement une étendue bien supérieure à celle qu'elle possède actuellement. Elle se comble de jour en jour. L'espace compris entre le fond et les contreforts où isont situés Les principaux établissements, l'a vallée entière en un mot, semble formée de terrains conquis par le temps sur la mer qui s'est retirée devant Tamoncellement d'alluvions, de débris de roes et d'humus entraînés par les rivières ou arrachés au flanc des montagnes par les inondations ^ A part les plantations de la plaine de Paraoué, les terres pénitentiaires à l'ouest, les bords des routes et des habitations, tout ressemble à un immense marais complètement inondé au moment des grandes pluies et recouvert de cette inextricable végétation aussi toufiue que variée à laquelle convient bien le nom de brousse. Toutefois, comme en beaucoup d'autres endroits de la colonie, où l'on retrouve des vallées semblables, le pays n'a aucun des inconvénients du marais proprement dit. Du reste, l'étendue des terrains cultivés augmente ici de jour en jour, contribuant de plus en plus à assainir une contrée qui n'en a guère besoin.
...Voici, derrière cette ligne de bambous, d'immenses rizières où l'on cultive le riz, dont la colonie est redevable au R. P. Montrouzier. Ce fut lui qui l'introduisit en 1852. £n 1865, M. Bayeul, immigrant de la Réunion arrivé en Calédonie au mois de septembre 1864, et fixé à Nakéty, sema un peu de riz créole. Malgré les sécheresses de janvier et de février et une terre insuffisamment préparée, ce colon récoltait cette année de belles gerbes à 370 grains^ les premières qui furent envoyées à Port-de-France. Ainsi le riz vient très bien en Calédonie; aussi faut-il regretter que sa culture soit si peu répandue, car il ne manque pas de plaines propices à ^a création de rizières pouvant certainement fournir plus d'une tonne à l'hectare, ei on ne les laissait subsister à l'état de marécages et si on les livrait k la culture comme on l'a fait ici V
^ C'est également l^avis du P. Montrouzicr :
« Sur le ^rersant nofd-cst prioeipalemeot^ 4U-1I, il n'existe f»«s d'autres 'plaiB«s ^uc les deltas, souvent considérobles, formés par les torrents, et dont la formation se continae. >
' Vefl4€ «ucemmercc h raison de 300 ou 400 francs la tonne, la culture du rie sertH, quoique demandant beaucoup de main-d'œuvre, assez rémunératrice, surtout si les Caiia-
Allons parcourir maintenant les caféeries. Le propriétaire de cette magnifique plantation vient au-devant de nous ; on ne regrette pas de faire sa connaissance. M. Laurie, Anglais né en France, est Français, surtout Calédonien de cœur. Arrivé en 1865 dans la colonie, il débuta chez son oncle, M. Pion, lequel, avec son associé M, Albaret, avait obtenu en 1863, à titre de propriété, les terrains qu'ils occu^ paient à Canala depuis 1869. Il a rapidement prospéré et restera dans la colonie comm^ un exemple de ce que l'on peut y obtenir avec du travail, de la persévérance, et surtout beaucoup de volonté et d'activité.
Nous allons prier M. Laurie de nous diriger à travers ses domaines. Ici se trouve l'habitation qu'il occupe avec sa charmante famille, là les immenses séchoirs où vient s'étendre le contenu des tonnes de café récolté à Paraoué, Nakéty, Ciû, dans les forêts de bois noir * qui abritent merveilleusement les plants dont les jeunes graines craindraient une trop forte chaleur, tandis qu*à la floraison de ces derniers, l'arbre dépouillé de ses feuilles caduques, laisse arriver jusqu'à la fleur les rayons bénis qui doivent la faire fructifier.
Qui donc récolta le premier du café en Calédonie ? En 1862, il en figurait à l'exposition de Londres ; au mois d'août de la même année fut établie, à la ferme-école, une pépinière de caféiers. Trois ans après, en 1865, 6,000 graines purent être semées et on en distribua plus de 10,000 autres aux habitants de Tintérieur^ M. Laurie en reçut pour sa part 8,000. Celles-ci se sont multipliées, grâce au concours efficace prêté par Tadministration aux courageux et aux vaillants de la première heure. Un moulin, dont une chute d*eau habilement amenée de la montagne constitue toute la force motrice, est souvent insuffisant à dépulper les 60,000 à .80,000 kilogr. de café qui viennent s'engoufl*rer dans les mortiers pour y être soumis à l'action du pilon. Cette liqueur, que l'on nous offre à goûter, nous
q«Qi M ééeifèêioai k travailler et à tùre du riz me partie de leur Dfarriture« lU l'appré» cient pourtant et rappellent mtai,
Aeliie]le«efit, nen-sealeneBi la Calédonie o'exporte pas de riz^ mais ettcore en demande à Tétrangcr p«ttr aie valeur d'eariron 1M)0,0M francs par an, dent elle a besoija peur les neabreui ratiennaires de radminislration pénitentiaire.
* D'après M. Raaul, pharmacien ea chef des eolenies, cinq espèces d'arbres intreduilM h K«é^ seraient de beaucoup supérieHres au bois noir ]iour la protection du ea«é. Uans les forêts, «mre «[uMl n'a rien à craindre du soleil^ il est encare à fabri des i et des cyclones.
est complètement inconnue, c'est de Teau-de-vie fabriquée avec la pulpe du café. Son goût e^t fin et délicat; elle marque de 24 à 54 degrés, mais ne paye pas les frais de fabrication.
Le café est en Calédonie la plante de l'avenir; on ne saurait trop encourager les planteurs. Dès 1881, sous le gouvernement de l'amiral Courbet, l'administration avait passé un marché pour la fourniture par les colons de 80 tonnes; depuis, la culture s'est étendue. Le jury de l'exposition de 1889 a hautement apprécié le café calédonien; de nombreuses médailles et mentions ont récompensé les exposants*. Il vaut certainement celui de toutes nos autres colonies, surtout quand il a été séché en cerise, c'est-à-dire dans son enveloppe naturelle, au lieu de subir après la récolte le lavage qui doit l'en dépouiller.
Prenons congé de M. Laurie ; le meilleur souhait à lui faire c'est de n'avoir jamais à compter avec la maladie du café et les divers ennemis qu'il redoute*, que ses plantations soient respectés par les sauterelles, les cyclones, les inondations et les sécheresses et que, malgré la présence de quelques feuilles jaunies, elles demeurent toujours à l'abri de Vhéfnileia vasiatrix*!