‹ Au pays des cannibalesChapitre 12 sur 185 · FLORE DE L'AUSTRALIE · texte numérisé non relu

FLORE DE L'AUSTRALIE

Parmi les arbres remarquables de ce jardin, il faut citer en première ligne un tamarinier de Madagascar (Pontiana regia)y un jacarandadu Brésil et un magnifique exemplaire du fameux bunya-bunya (Araucaria Bidwillii), pour ne rien dire de quelques variétés de sapins du pays. Les bunya-bunya ne se rencontrent que sur un espace très restreint, de Darling-Downs à la rivière Burnett; le gouvernement les protège contre les déprédations des Noirs, qui font provision de leurs cônes énormes pour en manger les graines.

Des cocotiers et des palmiers-dattiers semblent n'être là que pour

La maison de (iracemere.

le plaisir des yeux, car leurs fruits sont de mauvaise qualilé. Quelle en est la cause? On l'ignore jusqu'à ce jour.

On a également planté les bords du lac, sur une assez grande élendue, de ces papyrus d'Egypte si renommés : ils y forment aujourd'hui un véritable fourré. Une espèce de petite rousserolle (Âcrocephalus attstralù) a élu domicile au milieu de ces buissons de papyrus, et des couples de ces oiseaux viennent y nicher. La rousserolle chante plutôt le soir et pendant la nuit; on la considère comme le meilleur chanteur de l'Australie.

Ce lac ou, pour mieux dire, cette lagune est longue de plus d'un mille et large d'un demi-mille; des oiseaux aquatiques y vivent en bandes considérables, et durant la saison froide on y voit plus de

quatre cents pélicans. Il est vrai qu'ils s'envolent, pour la plupart, aux approches de Tété.

Les pélicans pèchent plutôt la nuit et, comme on le sait, en troupes : le bruit que font leurs ailes en battant l'eau rappelle celui d'un liateau à aubes en mouvement. J'en ai vu prendre leur essor sans mouvement apparent des ailes, s'élever en spirale vers le ciel, et monter de plus en plus haut, pour enfin disparaître à mes yeux, f/était à croire qu'ils volaient pour leur seul plaisir, ou peut-être qu'ils se rapprochaient du soleil pour mieux en jouir. Leur descente, au contraire, s'effectue avec une telle rapidité, elle est si impétueuse, que l'air semble déchiré par des sifflements.

Quelques cygnes noirs (Cygniis atratm) se montrent de loin en loin; au mois de novembre j'en entendis plusieurs fois, le soir, chanter sur l'eau. Mais quelles légions d'oies et de canards ! quelle multitude de hérons blancs, gris ou bleus, de cormorans et d'anhingas (Plotus) !

M. A. Archer compta un jour, sur la lagune, trente-sept espèces d'oiseaux. Et leur nombre a bien diminué depuis son arrivée, les bestiaux ayant dévoré les hautes herbes et les joncs des berges, où les oiseaux se réfugiaient par milliers. Même des cygnes noirs y bâtissaient leur nid; M. Archer suppose que ce lac, qui n'a guère de longueur qu'un quart de mille norvégien1, servait autrefois de retraite à plus de dix mille oiseaux. Un coup de feu venait-il les effrayer, ils s'enlevaient avec un bruit de tonnerre lointain.

De tous les oiseaux qui hantent la lagune, le plus singulier, sans contredit, est celui que les Australiens nomment oiseau-lotus (Parra (fallinacea). Il se tient sur les feuilles flottantes, notamment sur celles du nénuphar. Le nénuphar bleu pousse à foison sur les bords du lac, ce qui fait que les oiseaux-lotus y vivent en grand nombre. L'oiseaulotus est un peu plus grand que le merle; il a de longues jambes terminées par des doigts démesurément longs, qui lui permettent de passer d'une feuille à l'autre avec une extrême facilité. Sa nouriturc se compose d'insectes et de petits coquillages, qu'il découvre le plus souvent en retournant des feuilles. Son nid, construit sans art, repose également sur des feuilles.

Pour les œufs, fort rares, ce sont des merveilles de forme. Rien

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