‹ Au pays des cannibalesChapitre 149 sur 185 · CIVILISATION ET DÉMORALISATION · texte numérisé non relu

CIVILISATION ET DÉMORALISATION

silex qu'on trouve par hasard ou qu'on se procure en faisant sauter le rocher et qu'on emploie tels quels. Les aborigènes usent souvent du même procédé pour détacher du roc le fragment de pierre dont ils se confectionneront une hache.

Le roi Billy, de Gracemerc

Les indigènes du Queensland Central avaient acquis cette sorte de civilisation qui est le résultat d'un long séjour avec les Blancs. Depuis longtemps ils ont reconnu leur supériorité et sont sur le point d'abandonner leurs anciennes occupations, par suite des conditions nouvelles qu'entraîne la colonisation du pays. Les plus capables prennent 'du service dans les stations, soit comme cuisiniers, soit

comme bergers, et rendent des services aux Blancs. Après ce contact, leur vie prend un caractère nouveau. Les colons, à cause de leurs troupeaux, sont obligés de limiter le territoire de chasse des indigènes, et ceux-ci, de leur côté, ne pensant jamais ni à l'avenir ni à leurs descendants, se trouvent amplement satisfaits par les avantages qu'on leur donne pour les dédommager de la, perte de Jours terrains : tels que les déchets de boucherie, lait, restes de nourriture, vête-

Indigèncs des environs de Rock liamp ton.

ments, tabac, etc. Quelquefois le squatter nomme « roi » l'homme parangon de la tribu entourant la station, et lui donne comme marque de sa dignité une plaque de cuivre sur laquelle est inscrit le nom civilisé du possesseur. Il doit la porter sur la poitrine, et en échange veiller à ce que ses hommes ne nuisent pas aux Blancs. Ce poste est très recherché, car la plaque de cuivre, qui est en elleijieme un ornement, procure plus d'un repas.

La démoralisation et la décadence, qui accompagnent forcément les progrès de la civilisation chez les Nègres d'Australie, étaient déjà très avancées, même dans cette partie du continent. La paresse des indi-

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