DÉCOUVERTE DE L'AUSTRALIE
Bientôt sans doute se présentèrent les Espagnols, les concurrents les plus acharnés des Portugais. Leur pouvoir, d'après l'arbitrage du pape Alexandre II, ne put s'étendre qu'à l'ouest, tandis que les Portugais eurent le privilège de tout l'est, à partir de l'Europe. La lutte à propos des Moluques, qui en résulta, peut expliquer, jusqu'à un certain point, que les deux partis se lurent au sujet du grand pays qu'ils auraient découvert au sud sur la ligne de démarcation.
En tout cas, ce n'est qu'au commencement du xvue siècle que se firent les découvertes sur les côtes d'Australie, dont on ne peut contester la certitude historique. Nous y trouvons aussitôt : les Hollandais, cherchant, dans leur lutte pour la liberté, à attaquer les riches possessions coloniales de leurs ennemis ; les Espagnols et les Portugais. Nous, obtenons ainsi, parmi les dates historiques certaines, la chronologie suivante : 1601, le Portugais de Eredia venant de l'ouest et atterrissant sur la côte nord-ouest; 1606, l'Espagnol Torres arrivant de l'est et passant par le détroit auquel on a donné son nom; et plus tard le vaisseau hollandais Dîiyfhen qui longe la côte vers le cap York. A partir de ce moment les Hollandais se chargent de toutes les reconnaissances, de toutes les explorations. Cela mènerait trop loin d'entrer dans les détails de ces découvertes successives faites par les Hollandais, ou dans leur quartier général à Java, ou dans leurs voyages aux Indes Orientales, au courant desquels ils étaient obligés de contourner la roule adoptée par les Portugais. En 1627 ils avaient atteint, par le voyage de Peter Nuyt, le grand golfe d'Australie, et en 1642 Tasman gagna la pointe sud du pays qu'il appela terre de Yan Diemen. On ne saurait dire si les raisons qu'il avait de considérer cette pointe comme la pointe sud d'un grand continent, étaient basées sur d'anciennes hypothèses ou sur des observations plus nouvelles.
La nation qui devait plus tard avoir une influence décisive sur le développement de l'Australie, l'Angleterre, ne se montra qu'en 1688, lorsque le flibustier Dampier visita une partie de la côte ouest — et cent ans avant la première colonisation anglaise, dont on a fêté le centenaire en 1887.
Cependant il se passa bien des années avant que l'on fit la moindre tentative pour prendre possession du pays, et cela pour des raisons diverses. La puissance de l'Espagne était éteinte, celle du Portugal
également, et les Hollandais, victorieux, étaient trop occupés par les immenses richesses de leurs nouvelles provinces. De plus, toutes les relations concernant l'Australie tendaient à démontrer que le pays était désert, dépourvu d'eau et que les indigènes étaient pauvres et sauvages, et il est de fait que les côtes que l'on avait découvertes étaient peu engageantes : les côtes occidentale et méridionale n'ont que peu de ports, et sur le côté nord-est se trouvent de dangereux bancs de corail. On était tombé sur le revers du continent, et il est aisé de comprendre qu'on l'abandonnât pour les îles à épices ou pour l'Amérique.
C'est une expédition scientifique qui la première commence les travaux décolonisation. J. Cook conduisit en 1768 un astronome et quelques autres savants à Taïti pour observer le passage de Vénus et faire en revenant différentes recherches scientifiques. Ce fut là le point de départ de la nouvelle phase dans laquelle sont entrés les voyages de découvertes. Cook atteignit l'Australie en 1770 à Botany bay et fit le tracé de la côte au nord jusqu'au détroit de Torres, dont il commença d'abord par démontrer l'importance.
A cette même époque, l'Angleterre n'était pas encore fixée sur ce qu'elle devait faire de tous les criminels qu'elle envoyait auparavant dans les colonies de l'Amérique du Nord. La déclaration de l'indépendance des États-Unis avait arrêté le transport des déportés, et le rapport favorable présenté par Cook sur la baie de la Botanique poussa Sydney à tenter un essai, et le premier transport date de 1788; mais bientôt on abandonna cette baie pour le port Jackson, situé tout à côté et qui donna naissance à la ville de Sydney. Cette petite colonie servit de point de départ à toutes les découvertes ultérieures. Flinders et Bass commencèrent en 1795 leurs voyages d'explorations aux deux côtés de la côte, dans un bateau non ponté long d'un mètre, appelé le Petit Poucet. Bass découvrit en 1797 le détroit qui sépare la Tasmanie du continent, et fit l'année suivante le tour de cette île avec Flinders. Ce dernier, aidé par le gouvernement, releva plus tard une grande partie des côtes de l'Australie, travail continué régulièrement pendant ce siècle.
Depuis on s'est attaché surtout à explorer l'intérieur du pays.
Il est facile de se rendre compte des difficultés avec lesquelles on avait à lutter pour franchir les montagnes Bleues, qui séparent Sydney