‹ Au pays des cannibalesChapitre 160 sur 185 · DÉCOUVERTE DE L'AUSTRALIE · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DE L'AUSTRALIE

du pays plat, lorsqu'on songe que des hommes comme Bass l'ont tente en vain. Ce n'est qu'en 1813 — 25 ans plus tard — qu'après avoir fait 80 kilomètres, on trouva entre les gorges abruptes un chemin permet-

Monumcnl de Cook à Sydney.

tant de pénétrer dans les plaines. A partir de ce moment les explorations marchèrent bon train. Les terrains longeant les rivières jusqu'à Victoria furent visités surtout par Oxley, Cunningham, Mitchell et Sturt.

L'Allemand Leichhardt fit connaître, à partir de 1835, les pays

avoisinant la partie nord du golfe de Carpentarie. Il commença son dernier voyage en 1847, tentative audacieuse qui avait pour but de pénétrer jusqu'à la côte occidentale. On perd sa trace le 5 avril 1848.

Adélaïde, qu'on avait colonisée, servit en 1839 de point de départ à des voyages tendant à traverser le pays du sud au nord. De courageux efforts furent faits dans ce sens, entre autres par Eyre, qui parcourut plus tard 2 200 kilomètres, au milieu de souffrances inénarrables, le long de la cote méridionale jusqu'à King Georges sound. O'IIara Burke et Wills sont les premiers qui atteignirent la côte septentrionale, c'était en 1861 ; mais ils moururent tous deux de faim en voulant revenir. L'année suivante, M'Douall Stuart put aussi gagner cette côte après deux tentatives infructueuses. La route se trouvait ainsi frayée, et l'on y établit en 1872, malgré d'énormes difficultés, une ligne télégraphique traversant tout le continent, et cette ligne devint le point de départ d'une suite d'explorations ayant pour but la côte occidentale. Ces voyages ont déterminé à grands traits la géographie de l'Australie. Parmi ces derniers explorateurs il faut citer Giles, Forresl, Warburton et Gregory.

La plupart de ces voyages à l'intérieur n'ont pu être faits qu'au prix d'efforts immenses. Le continuel manque d'eau, une chaleur épouvantable, atteignant jusqu'à 55 degrés Celsius, et qui obligeait quelquefois ces hardis pionniers à creuser des fosses dans la terre et à s'y blottir pour ne pas succomber, les halliers de spinifex, les lacs salés, les tourmentes de sable, etc., étaient pour les explorateurs autant de souffrances.

Le vétéran de ces voyageurs, Sturt, perdit la vue par le fait de l'ardeur du soleil, et beaucoup sont morts victimes de ces obstacles naturels; mais, par contre, grâce à ces martyrs, d'immenses étendues sont ouvertes à la civilisation.

Page 1