‹ Au pays des cannibalesChapitre 165 sur 185 · APERÇU SUR LA GÉOLOGIE AUSTRALIENNE · texte numérisé non relu

APERÇU SUR LA GÉOLOGIE AUSTRALIENNE

On peut comparer l'Australie à une assiette gigantesque dont l'intérieur, d'une hauteur moyenne de 100 a 700 mètres, va en s'élevant vers les bords, et qui atteint sa plus grande élévation au sud-est, par la présence du Mount Glarke, dominant sur ce point la mer de 2212 mètres. Le bord de l'assiette se dessine d'une façon très marquée sur la côte orientale, par le terrain montagneux, peu élevé cependant, qui part de Victoria, traverse la partie est de la Nouvelle- Galles du Sud et du Queensland, et va aboutir dans la péninsule d'York, qui limite à l'est le grand golfe de Carpenlarie. Celte partie montagneuse est appelée par les géographes de l'Australie (entre autres par G. Sutherland) la Grande Chaîne de Séparation (the Great Dividing Range). Là où se touchent Victoria et la Nouvelle-Galles du Sud, cette chaîne porte le nom d' « Alpes d'Auslralic », et à l'est de Sydney elle prend celui de « montagnes Bleues ».

Au fond du golfe de Carpenlarie cependant, et sur une partie de la côte méridionale de l'Australie, le bord manque, car le terrain y est complètement plat; mais, par contre, dans l'Australie Centrale partent, du fond de l'assiette, des régions élevées qui toutefois ne dépassent pas 1 000 mètres de hauteur.

Par suite du manque d'eau, ce continent ne possède pas de fleuves pouvant se mesurer avec ceux des autres continents. Le plus grand

fleuve de l'Australie, c'est Murray river, qui se jette dans la mer sur la côte méridionale. Son bassin représente une superficie équivalente à celle d'un triangle qui aurait pour sommets le cap Nord, Christiania et Saint-Pétersbourg. Ce fleuve est navigable dans sa partie basse pendant l'époque des pluies.

Le gros de l'Australie se compose de roches très anciennes, montagnes primitives contenant du granit, du gneiss et du sil, c'est-àdire les mêmes formations que celles que l'on rencontre dans la majeure partie de la péninsule Scandinave.

Les couches correspondant à la période carbonifère sont nombreuses dans le Queensland et dans le nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud : l'Australie se trouve donc posséder, outre ses autres richesses minérales, des « diamants noirs ». En différents endroits on a trouve des couches datant des époques fossiles de l'histoire du globe terrestre.

Le coquillage que représente la figure ci-contre et dont je trouvai un grand nombre dans du grès à Minnie-Downs (400 milles à l'ouest de Rockhampton) est un coquillage fossile, un Inoceramus géant, provenant des terrains crétacés.

Ce fossile a été donné au Musée minéralogique de l'Université de Christiania, et M. Bernh. Lundgren, professeur suédois, qui est une autorité dans celle branche de la science, l'a décrit.

Les vestiges d'animaux et de végétaux que l'on rencontre dans les couches plus anciennes correspondent, par leurs caractères, à ceux datant des mêmes époques que l'on a constatés dans les autres parties du monde. C'est pendant la période fossile que l'Australie s'est trouvée former un continent à part. On le voit surtout lorsqu'on étudie la période tertiaire, pendant laquelle la majeure partie de l'Australie semble avoir été à sec. 11 en a été de même durant l'époque quaternaire ou la période géologique actuelle.

Ce continent n'a pas traversé de période glaciaire, car on n'a découvert que des traces insignifiantes et fort contestables d'éboulements.

11 faut remonter à l'époque tertiaire pour retrouver les ancêtres des animaux actuels ; l'époque quaternaire nous montre leurs plus proches parents, qui ressemblent beaucoup aux animaux actuels, cependant plusieurs d'entre eux sont fort grands. Ainsi, il y a eu une espèce de kangourou qui était un tiers plus grand que celui qu'on trouve maintenant, et un Diprolodon gigantesque, herbivore parent du kangou-

Page 1