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APERÇU SUR LA FLORE AUSTRALIENNE

A peine est-il une flore aussi riche que l'australienne en détails caractéristiques. Cela ne veut pas dire que le voyageur et le botaniste s'intéressent toujours aux mômes objels. On a souvent cité comme curiosité que les « cerises » d'Australie ainsi nommées ont le noyau, non pas en dedans, comme les nôtres, mais en dehors. En fait, la chose n'a rien d'extraordinaire, puisque ce que nous appelons fruit n'est qu'un pétiole grossi en forme de base, tandis que le fruit proprement dit consiste en une noix sans saveur, dure comme la pierre, croissant à l'extrémité du pétiole : d'où le nom de l'arbre qu'on appelle Exocarpus ou « fruit en dehors ». On en trouve de semblables en d'autres parties du monde. Ainsi le fruit de YAnacardium des îles occidentales se développe à l'extrémité d'un pétiole élargi. La « poire » dite d'Australie est renflée en sens inverse de la nôtre. Ce n'est pas une poire à vrai dire, mais le fruit, immangeable et dur comme du bois, de la protéacée dite Xylomelum piri forme. Elle est assez commune près de Port -Jackson. Une autre variété a le Queensland pour habitat. Deux autres se trouvent dans l'Australie occidentale; toutes portent des fruits ligneux de même genre.

En Australie la végétation est toujours verdoyante, tant sur les arbres que sur les arbrisseaux. On devrait dire plutôt qu'ils ont les feuilles persistantes, puisque les belles teintes vertes qui caractérisent

les champs elles forêts dans noire hémisphère boréal sont remplacées par un vert olive ou un monotone gris -bleu. Toulcfois les fleurs colorées abondent; les légumineuses, les myrtacées et les proléacées sont nombreuses et variées et abondent sur tout le continent.

Bien que de vastes surfaces à l'intérieur n'aient pas encore été explorées par des botanistes, la flore australienne nous est presque aussi bien connue que l'européenne, sinon dans ses menus détails, du moins dans sa composition et son caractère général. L'Anglais Robert Brown, facile princeps parmi les botanistes de son temps, fut en réalité le premier explorateur de la riche flore australienne. Compagnon de Flinders dans son voyage de découverte pendant les premières années du siècle, il forma un très riche herbier qu'il étudia à son retour. Parmi les botanistes qui examinèrent cette flore, nous nommerons plus particulièrement sir John Hooker, sir Ferdinand von Mueller,et feu George Beniham. Travaillant sur les notes et les riches collections qu'avait amassées Mueller et sur les autres herbiers apportés en Angleterre, Bentham a donné la description de toutes les plantes connues de l'Australie. Cet ouvrage, monument delà science et de la patience anglaises, consiste en 7 volumes in-octavo formant un total de 4000 pages.

Depuis, sir Ferdinand von Mueller a augmenté cet ouvrage de suppléments considérables et a publié, en outre, de très importantes monographies largement illustrées des espèces les plus importantes, telles que Y Eucalyptus et Y Acacia.

D'après son dernier recensement, le nombre des espèces de fougères et de phanérogames connues en Australie à la fin de 1888 s'élevait à 8 909, appartenant h 1390 genres et 149 divisions naturelles. Ce sont de gros chiffres, mais, chose plus remarquable encore, environ 7700 de ces espèces n'appartiennent qu'à ce continent. Nulle part l'élément régional n'est aussi fortement caractérisé et sur d'aussi vastes étendues que dans l'Australie occidentale, à laquelle 85 pour 100 des espèces appartiennent en propre, et des autres 15 pour 100 un petit nombre seulement se retrouvent hors de cette partie du monde.

Plusieurs genres comptent des espèces très nombreuses, en particulier l'Acacia, qui en a plus de 300, et l'Eucalyptus, qui en a 150. Le Grcvillea, une protéacée, en a 150 aussi, et le Melaleuca, une

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myrlacée, en a 100. Les plus utiles et les plus remarquées dans le paysage sont les diverses espèces d'Eucalyptus qui portent les noms locaux de « gommier bleu, gommier vert, écorce de fer, écorce en corde », etc.

Leur taille varie depuis le buisson rabougri jusqu'aux arbres les plus hauts du monde : V Eucalyptus amygdalina domine de beaucoup les grands Wellingtonia de la Californie. En quelques endroits de

Feuilles avec fleurs et fruits de l'Eucalyptus amygdalina.

Victoria, certains de ces bosquets atteignent plus de 300 pieds en moyenne, et Mueller, dans sa remarquable Eucalyplographie, en cite qui ont mesuré 400 pieds, le plus haut étant de ffî\.

Les gommiers donnent le bois le plus long et le plus durable, et fournissent aussi une variété de produits utiles. La plupart suent une gomme employée dans l'industrie ; Técorce de quelques-uns est employée dans la tannerie; une seule usine fournit par an 2000 gallons d'huile. Quelques-uns se débarrassent périodiquement de leurs écorces par larges plaques, comme le font nos bouleaux et platanes,

sur une moindre échelle. Leurs feuilles, comme c'est la règle en Australie, sont verticales au lieu d'être horizontales, et donnent peu d'ombre relativement. Différents de nos arbres sylvestres, ils ont des fleurs plus ou moins apparentes; quelques espèces occidentales ont des fleurs très grandes et très colorées, qui font place h des péricarpes ligneux dont le diamètre varie de moins d'un quart de pouce à trois pouces; ils contiennent des graines nombreuses, mais très petites.

Le genre Eucalyptus relève des Myrtacées, que caractérise un fruit sec dépourvu de pulpe. Au même groupe appartient le genre important du Melaleuca, plus spécialement australien et répandu sur tout le continent. Parmi les Mélaleucas on remarque le Leucadendron, qui abonde partout, sauf au sud -est. On l'appelle aussi « arbre à thé, arbre à papier d'écorce et arbre à lait ». Son bois est très beau et résistant, 1res estimé par la marine et propre à de nombreux usages. On dit que son écorce papyracée est imperméable à l'eau et se conserve quand le bois a pourri.

Après les Eucalyptus ce sont les Protéacées et les Acacias qui dominent dans le paysage. Les nombreuses espèces de Banksia que les colons appellent «chèvrefeuille » sont très répandues; on les reconnaît aisément à leurs boules florales, grandes, épaisses et éclatantes, auxquelles succèdent des capsules séminales ligneuses, larges et déhiscentes. Sauf quelques exceptions, deux ou trois aux îles Sandwich et dans les Mascareignes, ces espèces différent de leurs congénères dans Jes autres parties du monde, en ce que leurs feuilles plumeuses ont été soit aplaties verticalement, soit arrondies et transformées en organes diversement constitués, qui correspondent aux pétioles et qu'on appelle phyllodes. Par occasion et tout spécialement dans les jeunes plantes en germination, une feuille naine surgit à l'extrémité du phjllode et trahit sa vraie nature.

Bien que les conifères soient rares, deux espèces alliées et qui leur ressemblent beaucoup, celle des Frenela (Callitris) aux branches délicates et retombantes,^ celle des Casuarinées, dites aussi « casse, chêne des rivières, chêne des forêts », caractérisent essentiellement le paysage auslralien. Le Queensland, cependant, et la partie septentrionale de la Nouvelle-Galles du Sud montrent deux vrais conifères, à savoir le bunya-bunya (Araucaria Bidwillii) et le pin de Moreton bay (Araucaria Cunninghamii). On trouve d'autres

araucarias dans les îles Norfolk , la Nouvelle-Calédonie et le Sud- Amérique. Les deux espèces australiennes donnent un excellent bois de construction ; mais il est interdit, dans les forêts de la Cou-

Arbre à thé (Melaleuca leucadendron).

ronne, d'abattre le bunya-bunya, dont les graines servent d'aliment aux indigènes.

Cette esquisse succincte de la flore australienne serait défectueuse si elle ne faisait aussi mention des curieuses Xanthorrhées ou « arbreherbe », qui forment un trait dominant de l'Australie occidentale.

Les plus fortes espèces ont de larges stipes surmontés d'un panache de feuilles longues , étroites et recourbées , du centre desquelles surgissent des hampes élevées portant de délicates inflorescences.

Araucaria Didwitlii.

11 n'est personne ayant quelque teinture de botanique, qui n'ait entendu parler du gigantesque baobab d'Afrique, mais peu connaissent le baobab d'Australie, qu'on trouve dans les plaines sablonneuses et les carrières qui s'étendent de la rivière Glenelg à la terre d'Arnhem. Son tronc a quelquefois 80 pieds de circonférence.

Les fougères arborescentes abondent; elles sont très belles en

quelques parties de l'Australie orientale, où Ton voit aussi les palmiers qui font l'ornement du Queensland et de la Nouvelle-Galles du Sud; ni l'un ni l'autre de ces groupes ne se rencontrent dans l'Australie occidentale, si ce n'est tout à fait au nord.

Ce qui caractérise encore la végétation d'Australie, c'est la brousse des colons : une broussaille épaisse et basse, dont la composition varie dans les différents districts et qui prend le nom de l'espèce dominante.

La flore australienne a plus d'affinité avec celle de l'Afrique australe qu'avec aucune autre. Cependant toutes les espèces et toutes les variétés différent dans les deux pays.

Je dois au docteur F. Kiaer l'intéressant aperçu suivant sur les mousses du Queensland :

Lu flore des mousses du Queensland a encore été peu étudiée. Le nombre des espèce» connues de mousses à frondes ne dépasse pas 200, et cependant il y en a, en réalité, trois ou quatre fois autant. Parmi les collectionneurs de ces plantes dans le Queensland, on peut citer Mlle Hélène Scott et Mme Amélie Dietrich et, dans ces derniers temps, le botaniste F. -M. Dailey. Uns partie des mousses trouvées appartiennent à des familles répandues sur le monde entier, telles que le Sphagnum, le Dicranum, le Barbula, le Bryum, le Ncckera, le Thuidium, YHypnum, etc. D'autre part, il y a quelques familles qui sont particulières à l'Australie et des formes qui caractérisent les zones tropicale et sous-tropicale.

Gomme particulières à l'Australie, il est nécessaire de mentionner, parmi les mousses à panicule, la famille Dawsonia, que jusqu'ici on n'a trouvée que dans ce continent. Ces mousses, représentées dans le Queensland par trois espèces, sont des plus belles et des plus grandes; pour le costume elles ressemblent au Polytrichum, et, comme lui, elles ont un capuchon poilu; mais le fruit a son ouverture garnie d'une couronne formée de poils nombreux (il y en a quelquefois plus de 500).

Parmi les familles que jusqu'ici on n'a rencontrées qu'en Australie, on peut citer, en fait de mousses à fruits latéraux , Y Euplychium , dont les feuilles sont fortement pliées , ainsi que le Bcschei'cllia, aux courtes feuilles, très répandu dans le Queensland et originaire de la Nouvelle-Calédonie; il ressemble au Cyrlopus, mais il n'a qu'une couronne simple, et le pédoncule est plus long.

La famille du Spiridens, dont on rencontre plusieurs espèces dans les îles d'Australie, dans l'archipel de la Sonde, aux Moluques et aux Philippines, n'est pas encore représentée dans le Queensland.

Entre autres formes australiennes, on peut citer encore YEndolrichella, YOrlhorhynchium, le magnifique Braithwaitea, trois espèces variées du charmant Thamtticlla , ainsi que quelques espèces ù'Hypnodendron ramifié en forme d'arbre. On a trouvé également dans le Queensland le Ptychomnium aciculare Brid., très ordinaire dans l'hémisphère austral.

m AU PAYS DES CANNIBALES.

En fait de mousses du Tropique on rencontre, outre YOcloblepharum albidum cl le RhizofftmiMm sfitniforme, communs aux Tropiques, plusieurs espèces de cette dernière famille.

Lu fsumtle des Macromitrium est assez bien représentée dans le Quecnsland (plus de dix espèces ). Citons encore plusieurs espèces de familles : Papillaria, Hypoptcrygium et tihacopilum.

Si |m u cootiue qu'elle soit, la flore des mousses du Queensland présente un type qui est rcmiplèU'iiitMjL différent de celui de la flore européenne, cl l'avenir amènera certainement uVs découvertes très intéressantes sous ce rapport dans la colonie en question, dont retendue esl si gronda.

On n'a encore trouvé dans le Queensland que fort peu de mousses hépatiques (dix-huil), mais ou c$t en droit d'espérer que nos connaissances sur la présence dans le pays de ce gi'uuue si Intéressant seront en partie complétées avant peu d'années.

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