‹ Au pays des cannibalesChapitre 18 sur 185 · ARAIGNÉES · texte numérisé non relu

ARAIGNÉES

profondeur ; il n'est pas muni d'une trappe au-dessus de l'orifice, comme celui de bien d'autres araignées. Un jour je vis un hyménoptère fouisseur (Mygnimia Âwtralasia) s'aventurer hardiment au fond d'un de ces trous, que je bouchai immédiatement, avant d'aller creuser une tranchée pour arriver à l'araignée. Je trouvai celle-ci paralysée par la guêpe qui s'était accrochée à son dos. Aussitôt l'idée me vint d'étudier les effets du venin de cette araignée monstre : je lui fis piquer le museau d'un petit chat. La pauvre bête fut prise d'une forte fièvre, accompagnée de vomissements, mais se rétablit assez vite.

La giu'|>e et l'araignée.

Une autre araignée (Latrodeclm scelio), très commune au Queensland, est excessivement dangereuse, même pour l'homme. Elle est toute petite, noire et marquée sur le dos d'une .tache d'un rouge éclatant. Un de ces terribles insectes, aussi redoutés que le serpent, avait mordu à la jambe un de mes amis : douleur violente suivie d'une paralysie qui dura trois jours ! Le malade sentait le venin remonter le membre piqué, traverser le bas-ventre, descendre dans l'autre jambe, puis se diriger vers la poitrine. Heureusement, au sortir d'une fièvre froide survenue le troisième jour, il guérit. Cette araignée vit d'ordinaire dans les bois vieux ou morts, mais elle fait volontiers élection de domicile dans les maisons, se tenant cachée dans quelque coin pendant le jour, pour ne se mettre en mouvement qu'à la tombée de la nuit. Je pouvais en attraper sur ma véranda, à Graco-

mère, autant que je voulais, car elles ne sont nullement craintives.

Désireux d'avancer du côté de l'ouest, dont je supposais la faune beaucoup plus riche, je poursuivis mon voyage sans compagnon, mais avec deux chevaux. Le plus souvent il existait un sentier; quand il n'y en avait point, j'en étais réduit à agir d'inspiration et à camper au premier endroit venu. Chaque jour j'espérais voir se produire quelque changement dans le paysage, mais mon espoir était toujours déçu. Devant moi se déroulaient des plaines grisâtres, sans fin, où poussait le Mitchell grass si sec, et du milieu desquelles s'élançaient çà et là quelques arbres à gomme, surtout au bord des cours d'eau. De petits taillis apportaient seuls un peu de diversion dans cette nature uniforme.

Arrivé à Barcoo river, je fus surpris de voir, au lieu d'une rivière, un lit à sec et quelques flaques d'eau, La raison en est que cette rivière, comme la plupart de celles de l'Australie, n'est formée que d'eaux pluviales.

Les pluies ne sont pas fréquentes dans leQueensland Occidental; mais quand commence la saison pluvieuse, le lit des torrents s'emplit en un clin d'œil, les berges disparaissent, et le cours d'eau atteint sur quelques points de son parcours une largeur de plusieurs milles. Puis le niveau baisse, aussi vite qu'il a monté, et des chaleurs brûlantes ont bientôt fait de cette rivière si grosse et si large une ravine entrecoupée de mares. L'eau est donc, dans le bush, un article de haut prix. Pour être en mesure d'abreuver ses bêtes, tout squatter doit, comme je l'ai déjà dit, établir à temps des digues puissantes, surtout dans les rivières, pour retenir les eaux et se créer une réserve qui le garantisse contre des pertes irréparables. Depuis quelque temps on s'est décidé à creuser des puits très profonds pour combattre la disette d'eau1.

i. En 1887 on a trouvé de l'eau dans les Barcaldinc-Downs, au moyen de puits artésiens, à une profondeur de 691 pieds 9 pouces; celte eau était claire comme du cristal et très douce, mais fort chaude : la température en était d'abord de 120 degrés Fahrenheit, mais elle finit par se refroidir et se maintenir à 101 degrés.

L'eau jaillissait par un trou de 10 pouces de diamètre, avec une telle force, qu'elle, formait pour ainsi dire une fontaine projetant des pierres de la grosseur d'œufs d'émeu. Le rendement de ce puits était d'environ 176 000 gallons d'eau par jour.

En 1888 on a creusé à Blackall un puils artésien de 1 666 pieds de profondeur, dont le rendement par jour était de 500000 gallons d'eau, ayant une température de 119 degrés.

D'autres sondages encore, très profonds, ont donné les meilleurs résultats.

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