CE QU'EST L'AUSTRALIE
1res montagneuse, ce qui lui a valu le nom d'Alpes Australiennes, C'est là que se dresse le pic le plus élevé du continent : Mount Toicnsend (Koseiuszko), groupe de montagnes, dont quelques-unes sont couvertes de neiges éternelles.
On croit généralement à l'existence d'un grand désert australien. Dans le fait, l'intérieur de ce continent n'est que trop riche en steppes immenses, inhabitables, tels que the Great Sandy Désert, ihe Great Victoria Désert, dont on se forme une idée exagérée. Voici ce qui a donné naissance à cette opinion : les pluies tombent très abondamment et à des époques très irrégulières ; seulement il peut survenir des sécheresses qui durent un à deux ans et donnent au paysage, sur des étendues considérables, un aspect désolé. De là, une erreur assez générale qui conclut à l'existence d'un désert beaucoup plus grand qu'il ne l'est en réalité. L'un d'eux doit son nom, Slurt's Stony Désert, à l'explorateur Slurt qui, après de vaines tentatives pour le parcourir, fut obligé de revenir sur ses pas, n'ayant rencontré que des pierres. La vérité est qu'au moment où il s'y engagea, le pays souffrait d'une de ces sécheresses terribles; mais, après son départ, la pluie commença à tomber, l'herbe à pousser entre les pierres, et maintenant les moutons paissent par milliers sur une partie du désert Sturt.
Au point de vue politique, l'Australie est divisée en six colonies : la Tasmanie, l'Australie Occidentale, l'Australie Méridionale, Victoria, la Nouvelle-Galles du Sud et le Queensland. Chacune d'elles, indépendante des autres, a son gouvernement, son parlement, ses lois spéciales et aussi ses mœurs et coutumes; l'émulation, la rivalité y sont à l'ordre du jour. Passe-t-on d'une colonie dans l'autre, on voit d'un premiei coup d'œil combien elles diffèrent, malgré l'unité de langue; les contrastes y sont presque aussi marqués qu'en Europe lorsqu'on va d'un pays à un autre. Ainsi Victoria est protectionniste tandis que la Nouvelle-Galles du Sud pratique le libre-échange; mais chacune de ces colonies s'est donné une constitution libérale en matière politique et pour les choses de la religion.
Si les deux industries principales sont l'exploitation des mines d'or et l'élève des moulons, l'agriculture est loin d'être négligée; mais jusqu'à ce jour elle s'est cantonnée le long des côtes.
En Australie l'instruction est très développée. Ses universités,
fondées à Melbourne. Sydney, Adélaïde, favorisent surtout l'étude des sciences et inspirent le goût des hautes études.
Enfin l'Australie n'est plus terra incognito, : de magnifiques bateaux à vapeur, établis d'après les exigences du confort moderne, en I retiennent des rapports fréquents avec l'Europe et d'autres parties du monde. Il suffit d'une quarantaine de jours pour aller par steamiT de Melbourne en Angleterre; mais en bateau 5 voiles une traversée de quatre-vingt-dix jours est considérée comme particulièrement heureuse.
Le L24 mai 1880 je m'embarquai sur le trois-mâts Einar Tarnhankjœker, qui devait partir de Snarœ (île de Snar), près de Christiania, pour se rendre directement à Port-Adélaïde, avec une cargftistfn de bois raboté. J'emportais quelques instruments de pèche et rie chasse, fournis par l'Université, des peaux d'oiseaux du Nord pour effectuer des échanges' avec les musées d'Australie, ainsi que des fusils, des munitions, etc. Quelles sources d'impressions profondes qu'une navigation par la mousson nord-est, un coucher de soleil dans les mers du Tropique ou par une nuit claire et étoilée sur l 'océan avec ses phosphorescences!
IJuiind on a franchi la zone où le calme plat peut tout à coup faire place a une tempête furieuse, on atteint promptement, à l'aide de la mousson du sud-est, la région des vents d'ouest. La Croix du Sud, les Nuées de Magellan, les cachalots, dont la tête énorme émerge de temps à autre au-dessus de l'eau, les albatros, dont on ne se lasse jamais d'admirer le vol superbe, tout indique la proximité des mers fin Sud. Des pigeons du Cap, des albatros et des mouettes nous accompagnent des semaines entières, ce qui n'enlève pas au voyage tOttl cdté désagréable. Ainsi le 17 août, à six heures du matin, une leinpéle terrible nous assaillait; le navire perdit ses voiles et dut continuer sa route avec quelques lambeaux de bas-huniers et de misaine qui fasiaienl. I/eau embarquait; un des escaliers du gaillard d'arrière fut brisé, un paquet de mer pénétra dans l'écoutillc, enfonçant deux portes; un autre désarrima les tonneaux contenant nulle provision d'eau, et un troisième remplit si bien la cambuse que
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