‹ Au pays des cannibalesChapitre 49 sur 185 · UNE NUIT EN FORÊT · texte numérisé non relu

UNE NUIT EN FORÊT

chez les Nègres australiens, qui rapporte autant de considération; j'appris que Mangoran était un « Alphonse1 » noir.

En franc paresseux, il trouvait fort agréable de passer la vie à ne rien faire et de laisser à son frère le soin d'approvisionner leur « ménage à trois1 ».

Le souper, bientôt expédié par ces gloutons, fut suivi d'une demande générale de tabac (suttungo) et de pipes (peipo), à laquelle

Souper dans la furet •

je fis droit; ils coupèrent et hachèrent le tabac avec les ongles, le roulèrent entre les mains, et, leurs pipes bourrées, commencèrent à fumer, ce qui est leur jouissance suprême. La nuit était profonde, mais éloilée. Couchés sur le dos autour du feu. les Noirs aspiraient force bouffées; mais le tabac était frais et humide, et par moments les pipes s'éteignaient. Celui auquel arrive cet accident se soulève un peu, s'appuie sur le coude et s'efforce, à grands claquements des lèvres, de faire reprendre sa pipe. Quand il y a réussi, il s'allonge de nouveau et recommence à fumer; mais le tabac donne soif, surtout

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