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COMMENT ON FAIT DU FEU

morceaux de bois gros de 4 à 5 centimètres. Tant que les deux bâtons qui ont servi à faire du feu sont utilisables, les Nègres les portent avec eux. J'ai essayé, moi aussi, de m'en servir, mais sans autre résultat qu'un peu de fumée.

Les indigènes au repos allument d'abord un feu, quelles que

Autour du feu.

soient l'heure du jour et l'élévation de la température : autant par amour du bien-être que pour la cuisson des aliments qu'ils ont pu découvrir. Dans les excursions peu longues ils se font accompagner par des femmes munies de tisons; pour eux, c'est un moyen plus commode que celui qui consiste a frotter l'un contre l'autre deux morceaux de bois. Devant leurs huttes ils n'entretiennent qu'un

feu modère, dans la crainte d'attirer l'attention de tribus hostiles.

Assis avec mes Noirs autour du bûcher, et tremblant de froid dans mes habits mouillés, je me pris à envier ces hommes entièrement nus, qui, en quelques minutes, retrouvent chaleur et gaieté; à la vérité le froid ne tardait pas à les ressaisir, puisqu'il fallait avancer quand même sous cette pluie persistante : ils éclataient alors en lamentations : Takolgoro ngejpal (Pauvre moi!), et une nouvelle halte s'imposait pour les laisser se réchauffer près d'un feu qui avait bien vite raison de leur tristesse et du froid.

Quand nous revînmes à notre campement, tard dans la soirée, la pluie avait cessé. Mes hommes, affamés, s'opposaient à ce que je prisse mon bain habituel; dans leur impatience ils se frappaient le ventre en criant : Ammeril ammeril (Faim! faim!). Je les menaçai de mon revolver, n'entendant pas renoncer à mon unique plaisir quotidien ; sur quoi ils se tinrent en repos, et je pus prendre un bain rafraîchissant dans l'eau claire du ruisseau.

Ma journée commençait toujours avant le lever du soleil. Les préparatifs de notre excursion achevés, je battais le pays avec mes Nègres jusqu'au soir, et souvent sans manger. La marche dans ces broussailles épaisses est très fatigante ; le climat exerce une action si énervante qu'il faut de grands efforts pour ne pas perdre courage et pour stimuler la paresse des indigènes. Ajoutez à ces misères la nécessité d'être toujours sur le qui-vive aûn d'éviter toute surprise, et l'on verra que j'avais vraiment besoin d'une heure à moi, affranchi de toute anxiété; j'en profitais pour me baigner dans une flaque d'eau ou un ruisseau, et me conserver ainsi force et santé.

Une fois délassé, je me livrai à ma besogne de cuisinier, pour moi et pour mes compagnons affamés. Heureusement, ce soir-là, je ne fus pas obligé de préparer les animaux que j'avais tués : la pluie avait tellement rafraîchi la température, que ce travail pouvait être remis au lendemain.

En retournant à Herbert vale nous passâmes devant les bois de gommiers qui garnissent le bas de la chaîne de montagnes : c'est le séjour favori des abeilles, et mes Noirs, qui sont très friands de miel, qui en consomment des quantités considérables, se lancèrent à la découverte des précieux insectes. Il est à remarquer qu'ils en dédaignent les larves, même lorsqu'ils ont grand'faim. La cire s'emploie

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