MIEL
comme conglutinant dans la fabrication de différents ustensiles; et dans l'arrangement de leur coiffure elle sert de pommade. L'abeille
La cueillette du miel.
d'Australie, plus petite que notre mouche, dépose son miel dans les arbres creux, souvent à une grande hauteur. En passant sous des
arbres hauts quelquefois d'une trentaine de mètres, les Noirs, grâce à leur vue perçante, peuvent distinguer ces bestioles, en temps clair, lorsqu'elles s'abattent près de la petite ouverture qui donne accès dans leurs ruches. En forêt ouverte, ils n'oublient jamais de chercher des ruches, et quand je les y rencontrais, presque toujours ils avaient les yeux fixés sur les arbres.
Quoique ma vue, au dire d'un oculiste, soit d'une force au moins double d'une vue normale, il m'était impossible, dans la plupart des occasions, d'apercevoir les abeilles, même celles dont les Noirs m'avaient indiqué la place. Pourtant, un jour, guidé par l'ouïe plutôt que par la vue, je pus distinguer un petit essaim à une hauteur de 4 mètres ; mes hommes s'en montrèrent émerveillés. L'un d'eux en manifesta sa joie en se roulant dans l'herbe; les autres poussaient de grands cris, étonnés qu'un Blanc pût trouver du miel.
La « cueillette » du miel par les indigènes est très amusante à voir. Un Noir grimpe à l'arbre, agrandit le trou de façon à pouvoir y plonger le bras, retire un à un les gâteaux ou rayons, non sans les goûter au passage, et laisse tomber le tout dans les mains de ses camarades qui attendent au-dessous. Autour de lui les abeilles forment un nuage sombre, dont il ne paraît pas être trop incommodé : leurs piqûres, très légères, ne déterminent aucun accident fâcheux.
La plus grande partie du miel se consomme sur place, on transporte le reste au camp dans un panier en écorce, spécialement affecté à cet usage, et dont les joints sont si bien lûtes avec de la cire, qu'il peut tenir l'eau. Fabriqué dans les mêmes conditions que les paniers ordinaires des indigènes, il en diffère toutefois par une solidité plus grande et par ses dimensions moindres. Si le trajet à faire est court, on se contente de porter le miel sur une plaque d'écorce à laquelle on fait un rebord avec des herbes fines mâchées, ou dans une feuille de palmier, dont les deux bouts* plies donnent à la plaque l'apparence d'une auge. C'est d'auges de ce genre que se servent les indigènes pour porter de l'eau à leur camp : il ne faut que quelques minutes pour en confectionner une.
Dans presque tous les dépôts ou ruches on trouve une certaine provision de vieux miel, aigri par la fermentation, le dard de ces abeilles étant dépourvu de poison. Il n'est pas sans intérêt d'ajouter ici que le miel des abeilles au dard rudimentaire n'est pas sans causer