LE DINGO
et pendant plusieurs jours alimente leurs conversations; comment s'en étonner quand ils voient souvent courir des kangourous le corps traversé de plusieurs piques par la main de leurs chasseurs?
Sur le soir, comme nous approchions de la tribu où devait se trouver le chien en question, je détachai deux hommes de mon escorte pour préparer les aborigènes à ma visite, sans quoi ils se seraient enfuis par crainte de l'homme blanc; et Ton campa à proximité d'une jiiece gazonnée qui s'enfonçait en forme de langue dans la foret. Dès
flinpo.
que Gongola, le propriétaire du chien, fut informé du motif de notre visite, il vint à notre rencontre, accompagné de quelques autres indigènes; c'était un homme grand et bien bâti, plein de bon vouloir, et à qui j'offris immédiatement du tabac, pour me faire bien venir de lui. Il accepta et s'en alla chercher deux œufs de poule de jungle, dont il me fit cadeau. Cette marque d'une générosité très rare chez les Noirs pour d'autres que les leurs me surprit grandement; ce fut sa manière de me témoigner que j'étais le bienvenu. Les aborigènes à l'état sauvage sont bien moins exigeants qu'après avoir subi le contact des Blancs; ils déploient une cordialité plus vive. L'amabilité dont Gongola fit preuve à mon égard lui faisait d'autant plus d'honneur
qu'il n'aimait pas le tabac. Mon cadeau était donc pour lui sans valeur. On rencontre bien rarement un indigène qui ne fume pas ; je n'en ai connu que deux : Gongola et un autre.
J'invitai Gongola à manger avec nous ce soir-là, et pendant toute la durée de notre séjour il fut des nôtres à l'heure des repas.
Aux abords de la nuit, mes gens entendirent des écureuils volants (Petaurista) gambader, cabrioler dans les hauts gommiers au-dessus de nos têtes; dès le lendemain ils leur donnèrent la chasse. Munis de
leur kAmin', ils grimpèrent dans les arbres, et la peur faisait sortir les écureuils de leurs cachettes. On introduisait le kâmin' dans les troncs creux et on le faisait monter, descendre, en imitant le cri d'un oiseau de nuit : Po-pb! po-pb I que répétaient tous les indigènes postés sous les arbres.
Ils s'imaginent ainsi faire croire à ce nocturne que la nuit est tombée, et l'attirer plus facilement. Le polatouche se précipite hors de son trou a une allure rapide, développe son voile cutané et se laisse aller d'un mouvement gracieux, élégant, sur un autre arbre. Pendant qu'il y grimpe, on le tue à coups de bâton.
Ils eurent bientôt la bonne fortune de faire sortir de son trou un de