‹ Au pays des cannibalesChapitre 83 sur 185 · RUPTURE DE L'EXPÉDITION · texte numérisé non relu

RUPTURE DE L'EXPÉDITION

grillée séparément. Ces insectes, au goût de noisette, ne sont guère nourrissants.

Je fis camper mes hommes près de la station et commençai aussitôt les préparatifs d'une autre expédition; mais, en présence de la presque impossibilité où j'étais de recruter incontinent du monde, ils furent pris d'impatience et détalèrent avec le chien. L'excursion se trouva forcément remise.

Je linis par racoler quelques hommes, avec lesquels, dès que cela me fut possible, je me lançai à la poursuite des fuyards. Je fus assez heureux pour retrouver, deux ou trois jours après, Ganindali et quelques autres Noirs : ils étaient en chasse, mais ils avaient déjà remis le chien à son propriétaire, Gongola. Ils vinrent à moi tout joyeux et me racontèrent que le dingo avait attrapé un grand iarri, après l'avoir poursuivi jusqu'à la cime d'un arbre : les indigènes l'avaient assommé à coups de bâton. Je leur demandai où était ce iarri. Hélas! les vieilles femmes, me répondirent-ils d'un air déconfit, l'avaient déjà mangé. Pour rentrer en grâce à mes yeux, ils me promirent le premier iarri qui serait tué. Maigre consolation!

Les gens de la tribu de Gongola m'avaient assuré, à plusieurs reprises, que les bungaris étaient fort nombreux dans un certain canton écarté. Et ils me montraient du doigt la vallée de Herbert river, qui conduit à des montagnes lointaines; c'était justement le but que j'avais fixé pour la prochaine expédition.

Page 1