RELEVEMENT D'UNE PISTE
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appartenir en propre aux Australiens, et l'emporte peut-être sur celle des Indiens de l'Amérique du Nord. Les Blancs ont su tirer bon parti de leurs qualités de limiers, et la police les emploie avec succès à la découverte des meurtriers. Un Iracker noir est capable de suivre une piste au galop en rase campagne.
Le premier jour nous ne réussîmes pas à trouver la tribu que nous
Une violente tempête se déchaîne.
cherchions. En revanche, nous aperçûmes plusieurs de ses campements abandonnés; car les indigènes, en changeant de station, ne détruisent jamais leurs huttes, mais se contentent de planter en dehors du camp une feuille de palmier, destinée à indiquer à leurs amis la direction qu'ils ont prise. Ces palmes-jalons nous servirent à trouver la piste de la tribu cherchée, et de ce voyage nous ramenâmes un dingo qui s'était enfui. Convaincus qu'il pourrait nous être utile, nous le décidâmes, par l'appât de quelques bons morceaux, à nous accompagner.
Le lendemain seulement, dans l'après-midi, nous arrivions en vue de la petite tribu. Les indigènes de mon escorte me firent voir une fumée qui s'élevait près de là; selon mon habitude, j'envoyai deux des miens annoncer notre approche. Les habitants de ce groupe étaient peu communicatifs, plutôt taciturnes; il en est ainsi de tous les aborigènes qui se trouvent pour la première fois en présence d'hommes blancs. En pareilles occasions, bien des tribus se montrent moins réservées et palpent tous l»»s membres des Blancs, afin de s'assurer qu'ils ont affaire à des êtres humains.
Lorsque je pénétrai dans le camp, je vis un certain nombre de vieilles femmes en train d'écraser des fruits, pendant que deux ou
Panier de Herbert river
trois vieillards s'occupaient à des travaux de vannerie. Allongés par terre, les jeunes hommes se livraient aux douceurs de la paresse.
Dès que les indigènes furent au courant de mes intentions, ils eurent la complaisance d'envoyer chercher un homme habile à la chasse du bungari et qui ne demeurait pas bien loin ; cependant nous eûmes à l'attendre une journée entière, que je passai au milieu de ces enfants de la nature, dans leur camp. Ils vivaient là-haut en dehors de toute civilisation, n'ayant pas à subir l'influence des vices qui ne manquent jamais de faire leur apparition lorsque le Noir se trouve en contact avec le Blanc. En eux tout était vrai et naturel, ils étaient donc, de tous les sauvages, les plus intéressants à étudier. En outre, ils sont d'un commerce moins dangereux que ceux qui ont appris à connaître les mœurs et le caractère des Blancs.