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pour aller bivouaquer à quatre kilomètres du camp.
En arrivant sur le terrain, mon peloton prend position derrière un mamelon, et fractionnant ma troupe en deux petits postes, Je m'installe de mon mieux à l'abri d’un figuier de Barbarie.
Les sentinelles doubles sont placées, tout va bien, et couché sur le dos, la pipe à la bouche, j'attends philosophiquement l’heure de ma ronde.
Les étoiles dansent là-haut, le ciel est pur, les hommes causent à voix basse, échuppant parfois des rires étouffés, car tout bruit est défendu aux avant-postes.
Bientôt les causeries se sont éteintes, un silence complet règne sur notre petit camp.
J'ai toujours les veux ouverts. Quelle belle nuit pour rêver ! Mille bruissements légers percent l'air, bercent mon
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oreille et jettent insensiblement dans mon âme une sereine mélancolie.
La vie militaire est avant tout une bien belle chose.
Couchés dans le désert au milieu des fourmis, des scorpions, des couleuvres, des crapauds, on songe, en l’enviant, À l'ennui banal du bourgeois, qui dort bêtement, dans un lit moelleux que réchauffe, comme une étuve, le corps dodu d’une capiteuse épouse.
Songer avec calme à ses misères n'est pas comparable au dégoût des riches, qui sont tellement gonflés d'argent et de bonheur, qu'ils en crèvent de soucis. Et les villes, les cafés, les théâtres, les excellents dîners, les bons cigares, les jolies femmes, c'est assez démodé, un peu vieux jeu. On voit de ces choses-l depuis trop longtemps. Ici, nous avons le ciel comme abri, la terre humide pour reposer, des clairons, des tambours, des camarades pointus, des chefs aimables en tout jusqu'aux punitions incluses et une
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