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Sfisifa est actuellement leur quartier général. | J'y trouve un ex-officier allemand, très instruit, très joueur, très buveur et de mœurs dépravées, un lieutenant français réformé pour dettes, fautes contre l’honneur et indiscipline et plusieurs autres comparses de moindre importance qui forment un club de pannés très intelli.
gents, braves jusqu’à la témérité, ivrognes jusqu’à la moelle. | Jama's plus aimable causerie tant que l’absinthe n’a pas commencé à jaser. | Mais quand un bataillon passe, on trinque et, sur le soir, c’est un chahut soigné. Cris, insultes, quereiles, coups, tout s’en mêle et la prison se peuple.
Il était dix heures du matin lors de notre arrivée.
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Les disciplinaires, propres comme un sou, viennent au-devant de nous et nous offrent l'hospitalité du cœur.
Une grande fête est organisée en notre
honneur : du théâtre, de la musique, du
chant, des discours, tout le répertoire.
Peu à peu, le démon ordinaire, bien connu, commence à parler. La jeune première de tout à l’heure, encore affublée de son costume, roule dans un coin, le traître de la pièce pérore avec feu, le musicien bave dans son verre, le chanteur comique insulte un camarade.
Ça marche très bien.
Bientôt on ne voit plus personne dans ls cours, mais les cris qui percent les murs de la salle de police nous apprennent que les plaisirs de la fête se coninuent sous les verrous.
Une tristesse profonde se dégage de ces scènes.
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On se prend bêtement à s’attendrir sur ces misères, regrettant l'absence d’une bonne guerre, qui utiliserait toutes ces forces. Car ces malheureux dévoyés ont la tête près du bonnet et se sentent dans leur élément au milieu des coups de fusil.
En temps de paix, qu’on m’épargne Je désagrément de commander à de pareils lascars, mais, en campagne, je serais heureux de les conduire au feu, certain qu’ils se feront crânement casser la tête au service de la France, comme il a toujours été de tradition de le faire à là légion étrangère.
EI-May, pays de l'immensité, le pendant de Ben-Atab.
Un caravansérail, une cantine et un puits de soixante mètres de profondeur.
L’énorme seau, qu'une longue chaîne retient, descend, descend toujours, se
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heurte aux parois, ameutant les échos profonds et rendant un son lointain et mystérieux au contact de l’eau. Il est plein. Le treuil tourne lentement et grince sur son axe. La chaîne résonne et le seau remonte péniblement, avec des geignemenis fatigués, se balance, se cogne aux murs du pourtour et apparaît enfin à l’orifice, plein d’une eau bien fraîche et bien mauvaise.
Mais 1l faut en boire quand même.
Des centaines d'hommes attendent leur tour de distribution. Les bidons, les marmites s’alignent à la suite, reçoivent leur ration, et, après plusieurs heures d'attente, les soifs sont étanchées et la soupe mijote aux cuisines.
Le soir, le café, u:1 café saumûâtre, s'engouffre dans tous les gosiers, la soupe repose au fond des estomacs et, quelques heures après, un sommeil de plomb possède cette multitude fatiguée.
Seuls, mystérieuses silhouettes, om-
bres fantastiques dont les profils bizarres
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se découpent à l’emporte-pièce sur l’horizon clair des nuits d'Afrique, les factionnaires engourdis se promènent lentement près des faisceaux...
La civilisation commence, le chemin de fer zigzague dans la plaine et le sifflet des locomotives réveille les souvenirs et rappelle à la vie.
Des êtres humains, qui ne sont ni des Arabes, n1 des soldats, nous regardent passer.
Pendant l'étape, une légère émotion.
A huit cents mètres de la colonne surgit soudain un troupeau de gazelles. Le lieutenant prend une section, la met en ligne et commande un feu de salve. Cinquanle balles s’abattent sur le troupeau qui s’enfuit et disparaît dans la buée légère du malin.
Deux hommes se détachent et reviennent peu après portant une gazelle : une
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ar l’ho- balle avait porté et la soupe de la section les fac- sera excellente aujourd’hui.
it lente- Tafaroua possède un hôtel et quelques
maisons. Nous v faisons un bon diner, nous y buvons d’excellent vin : le paradis au sein de la misère.
chemin le sifflet venirs et
iN-EL-HaDJaR, petite ville \ sur la crète des Hauts-
nt ni des Plateaux, chef-lieu du egardent commerce d’alfa de la Compagnie Franco-Algérienne, émotion. éden récent qui a fait la fore surgit tune des gargotiers et des . Le l'ieu- buvettes.
en ligne De très jolies Espagnoles, inquanle aux hanches puissantes, à la qui s’en JS voix mâle, accourent sur notre passage. égère du Cette mise en scène galvanise notre
abattement et nous relevons la tête, t revien- M chassant cette maudite fatigue, compalle : une M ane éternelle du troupier en route.
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