‹ Au pays des étapes [microforme]Chapitre 54 sur 67 · D GRR AE DS PE DEF SISNIT MED E · texte numérisé non relu

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sol à vingt centimètres de profondeur, nos toiles sont tendues avec peine et nous essayons de trouver dans nos sacs un morceau de linge à peu près sec.

Ce n’est pas chose facile.

Et là-dessus des mereantis juifs qui nous demandent cent sous pour un pain et trente sous pour un paquet de tabac.

Il n’y avait plus de patience nulle part et les juifs s’en aperçurent.

| Et moi, tant pis, je tournai ® le dos.

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ous sommes 1C1 depuis quatre Jours.

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Les bouchons. de fusil sont enlevés, les culasses mobiles fonctionnent et les doigts tâtent nerveusement les cartouches dans la giberne.

Nous restons là une bonne demi-heure, immobiles.

Nous recevons enfin l’ordre de rentrer sous la tente.

Quelques Arabes du goum, peu initiés aux minuties du service en campagne, s'étaient amusés à aller à la chasse à l'affût.

Ils furent bâtonnés et tout fut dit.

Le lendemain, il faisait un beau soleil .

et une fraîche brise.

Avec deux camarades, nous allons aux sources, seul but de promenade.

Par extraordinaire, les eaux étaient assez limpides ce jour-là.

Elles sortent d’une source abondante et s'écoulent dans un petit marécage, sur

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les bords duquel poussent de longs roseaux et quelques palmiers.

Nous nous y installons, à l’ombre.

A peine étions-nous assis que des voix claires se font entendre, des piétinements précipités se rapprochent et des Arias!

Arias ! encourageants, avec des coups de matraque sur les échines, résonnent dans l'air.

Ce sont les femmes d’un douar voisin qui viennent à l’eau avec des bourriquots.

iles sont une dizaine, la plupart vieilles, ridées, bossues, des monstres.

Dans le tas, une mignonne enfant, avec de grands yeux ahuris, une sveltesse de formes, une grâce juvénile dans tous ses gestes.

Son costume est simple : une pièce de cotonnade d’un blanc terreux, en forme de sac, fendu jusqu'aux hanches pour laisser passer les bras nus et descendant:

Jusqu'au genou.

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Elle détache ses peaux de bouc accrochées aux flancs d’un docile bourriquot qui attend, mélancolique, son chargement du retour.

Elle plonge ses outres dans la source pour les remplir.

Pendant ce temps, nous admirons la fillette, tout étonnés de sa beauté, de sa souplesse élégante sous ses haïllons, de la douceur de sa voix, de ses mouvements qui découvrent des charmes pudiques, s’étalant sans honte dans leur nudité inconsciente.

Nous sommes tous trois silencieux, à

réfléchir, à penser comme c’est beau, une femme.

Aussi, il y a plus de deux mois que nous n’en avions vu.

Ici, plus que jamais, nous comprenions la nécessité du sexe faible.

Soigneusement cachés par les roseaux,

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nous n’avions pas bougé, craignant de voir s'envoler comme une ombre la jolie vision jetée ainsi dans l’ennui de notre existence.

Mais ce coquin de Pascal est nerveux, impressionnable et très entreprenant.

Il se lève et fait mine de se diriger vers le groupe.

A sa vue, c'est une panique générale.

Les femmes poussent des cris étourdissants, lâchent là outres et bourriquots et détalent dans la plaine comme une volée de moineaux, avec des gestes effarés, toutes les marques de la plus profonde terreur.

Les bras nous tombent et, quelque peu attristés de ce résultat inattendu, nous essayons de les rassurer par des signes pacifiques. |

C’est en vain, leur frayeur redouble; elles se sauvent encore plus loin, s’arré-

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