‹ Au pays des manchotsChapitre 15 sur 90 · JEUNE FEMME ONA · texte numérisé non relu

JEUNE FEMME ONA

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leurs mœurs : « Les rapports entre les femmes qui n’ont qu’un mari commun dans le wigwam familial sont d’un intérêt bien nouveau. Il est de règle qu’elles ne soient pas plus jalouses l’une de l’autre que nos enfants ne le sont entre eux dans nos propres foyers. La principale raison en est que souvent plusieurs d’entre les femmes sont sœurs. Un jeune homme prend, soit par consentement mutuel, soit à la suite d’un marché, la fille aînée d’une famille. S’il se montre bon chasseur et mari aimable, sa femme persuade à sa sœur de se joindre à elle, dans son wigwam, et elle partage avec elle l'affection de son mari. Il arrive souvent qu’une jeune fille, devenant orpheline, est recueillie par une famille et élevée pour devenir plus tard la femme supplémentaire de son bienfaiteur. Dans la hutte, chaque femme a la place qui lui est assignée et elle y reste avec tout ce qui lui appartient, car la richesse du ménage n'est pas commune à tous les membres de la famille. Chaque femme a son propre panier de viande ou de coquillages, sa propre corbeille à outils, aiguilles, nerfs à coudre et morceaux de fourrure, et chaque femme a ses propres enfants autour d'elle. »

La femme ona est loin d’être jolie; mais, lorsqu'elle est jeune, son corps, qu'elle ne voile guère, se montre élégant et souple. Au cours de notre visite, nous avons découvert dans un wigwam une jeune enfant qui ne rappelait que de très loin le type ona. Nous avons appris qu’elle était née d’une mère indienne et d’un matelot allemand.

Pauvre mignonne, toute blonde et bouclée, avec de jolis yeux bleus, elle tremblait de froid, bien qu’enveloppée de fourrure. Elle nous examinait avec le regard triste et résigné des enfants qui ne doivent pas vivre.

Nous avons pris la photographie du groupe de la mère et de l'enfant debout devant un wigwam. (Voir fig. 11.)

Les hommes sont de visage plus sympathique que les femmes. Leur stature est superbe ; ils mesurent deux mètres en moyenne. La

chasse est leur unique occupation. Ces jours-là, ils lèvent le camp,

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car, étant nomades, ils emportent avec eux tout ce qui constitue leur richesse.

Les femmes rassemblent les menus objets : les peaux de guanaco, les restants de viande, les flèches, les paniers tressés, qu’elles roulent dans une vaste peau, pour en former une charge longue de deux mètres environ, pesant de soixante à soixante-dix kilos et traversée, en longueur, par une branche d'arbre. Une lanière de cuir réunit, extérieurement, les deux extrémités de la branche.

Réellement étrange la manière dont la femme emporte ce fardeau. Elle se couche sur le dos, et, en rampant, passe la tête, puis un bras dans la courroie. Se soulevant alors peu à peu, elle se redresse en entrainant la charge sur son dos. Généralement, le plus jeune enfant, enveloppé tant bien que mal dans un morceau de fourrure, est attaché au sommet de la charge. Alors, courbée sous le faix, tenant encore à la main d’autres enfants, elle suit son mari pendant de longues marches, semées de dangers et d’angoisses,

Les préparatifs de l’homme sont moins compli- A. qués : il s’enveloppe d’une peau, couvre sa tête d’un #0 é Le bonnet de forme trian-

/ Roule EL ATAGNE À 50m

côté, un carquoi rempli de flèches de bois de hêtre munies d’une pointe de pierre, de verre ou de fer, .lérsqu'i peut, en trouver sur l’emplacement d’une station où les blancs ont séjourné.

Ils se réunissent à plu-

sieurs pour tàcher d’en-

velopper un troupeau de

Photographie du Dr Cook.

FIG, 12. guanacos. À un signal

INDIENS PARTANT POUR LA CHASST. donné, les chasseurs lais-

sent tomber leur fourrure et, entièrement nus, fondent tous à la fois sur leurs proies. Alors, ils se livrent au carnage, puis, rejoints par les femmes et les enfants, ils se gorgent de viande comme des fauves.

Le soir, on reforme le wigwam. Quand les ressources sont épuisées, on repart à la recherche d’une nouvelle capture, dans les Montagnes Rocheuses, où, malheureusement pour eux, le gibier se retire, de plus en plus, sur des points inaccessibles.

Pauvres déshérités, qui, du sommet de ces hauteurs, voient les

vastes plaines où, jadis, ils vécurent dans l'abondance et la paix!

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CERPERER SRE C’est vous le nègre?

Le 6 janvier, lendemain de notre visite aux Onas, nous allâmes mouiller de l’autre côté de la presqu’ile de Harberton, où nous espérions faire de l’eau dans nos réservoirs. Malheureusement, nous eûmes bientôt la certitude que nous ne pourrions, sans grandes difficultés, parvenir en canot à l'endroit de la rivière où se trouve l’eau douce. Pour comble d’ennui, le chaland, dans lequel nous avions mis une partie de nos briquettes de charbon lors de notre échouage, étai échoué également à la côte. Effrayé à l’idée de s’attarder encore pour rembarquer ce combustible, de Gerlache se décida à en faire présent à M. Bridges, en reconnaissance de tous les services qu’il nous avait rendus.

Nous appareillâmes donc de nouveau pour nous rendre à Saint-ean, dans la Terre des États, où, d’après les instructions nautiques, nous ferions facilement de l’eau douce,

Le 7 janvier 1898, à 3 heures, nous étions à l’entrée du golfe de Saint-Jean, ayant traversé le détroit de Lemaire dans d'excellentes conditions, avec vent arrière et jolie brise,

Dès notre arrivée, le sémaphore nous invite à nous faire connaitre, et, quelques instants après, l’adjudant de la préfecture maritime, M. Fernandez, ainsi que le médecin, M. Ferrand, se rendent à notre bord.

Nous apprenons avec une vive satisfaction que le gouvernement argentin, prévoyant le cas où nous aurions besoin d’aide, a eu l'extrême gracieuseté de donner ordre à ses gouverneurs et préfets maritimes de se mettre éventuellement à notre disposition.

Dès que M. Fernandez connaît nos difficultés, il nous annonce que

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des matelots argentins allégeront la tâche de nos marins, en apportant l’eau douce en canot jusqu’à notre bord.

Pendant ces pourparlers, la Belgica continuait sa route, puis allait mouiller au fond du golfe. de Gerlache invite nos hôtes à venir se rafraichir au carré et, pour les mieux fêter, remonte la boîte à musique. L'air est assez mélancolique : l’Ave Maria, de Gounod,

Le Dr Ferrand écoute avec émotion, puis, finalement, pleure à chaudes larmes! Ce chant est le dernier qu’il entendit de la voix de sa fille, à Buenos-Ayres, avant de s’'embarquer pour la Terre des États. Il pense à son foyer, à sa famille qu’il a quittée depuis plusieurs mois et que, de longtemps, il ne doit plus revoir.

Heureusement, voici la fin de la mélodie, puis, une légère pose, et soudain éclate la valse de Faust.

Fernandez rayonne, il n’est point partisan de la mélancolie : c’est l’homme le plus simple et le plus joyeux qu’on puisse rêver ; aussi, lui et moi, nous sommes bientôt amis.

Nous nous quittons à la tombée de la nuit, et, comme le surlendemain est un dimanche, nous promettons tous d’aller dîner à la préfecture.

Le samedi, 8 janvier, l’'embarquement de l’eau continue. Ce travail se fait lentement, malgré le nombreux personnel. Parfois, les rafales sont si violentes, qu’il faut interrompre les manœuvres. A un moment donné, comme le canot accoste, je suis obligé, puisque seul, de lancer moi-même l’amarre. Debout sur le bastingage, je calcule mal le poids du filin, et, dans mon brusque effort, je me jette à la mer! En un instant, je suis repêché, mais mon jovial ami, Fernandez, ne manque pas de me railler plaisamment, en me donnant le surnom de « Chef plongeur » |

Cet incident eut une conséquence assez sérieuse : au moment de ma chute, j'étais porteur du chronomètre de poche, le seul que nous

possédions à bord et qui ne se remit jamais de ce bain glacé.

Le dimanche, un grand canot de la préfecture, commandé par le

maître d'équipage Morgan, vint nous prendre. Dès que nous atterrissons, Fernandez et son « état-major » se portent à notre rencontre. Nous sommes accueillis avec empressement et conduits à la salle du festin.

Avant d’énumérer les convives, il est utile de dire que la Terre des États était (à cette époque) un lieu de déportation pour les condamnés aux peines de longue durée et notamment à la détention perpétuelle.

Comme elle est absolument isolée et bien rarement visitée par un navire, les prisonniers pouvaient sans inconvénient y jouir d’une grande liberté.

S'ils s'échappaient, c'était momentanément, car la faim les obligeait à revenir au gîte. Et puis, le directeur et les surveillants se montraient humains, n'ayant jamais recours, sans nécessité, aux mesures rigoureuses. La Terre des États était donc le paradis terrestre des assassins.. qui méritaient une certaine liberté.

La table de Fernandez était assez étrangement composée. Outre le Dr Ferrand et deux lieutenants d'infanterie au service de la place, l’adjudant avait convié le capitaine d'infanterie C..., détenu, et sa jeune femme.

Cet officier avait été condamné à la détention perpétuelle pour ‘avoir brûlé la cervelle au major commandant son bataillon. Par faveur spéciale, sa femme, une jeune et jolie Espagnole, était autorisée à partager sa captivité. Sans doute, ce meurtre avait été la conséquence d'un drame passionnel, d'un accès de folie, car rien, dans cet homme intelligent et distingué, ne trahissait des instincts criminels. Fernandez, tout en observant les règlements à la lettre, cherchait à adoucir le terrible châtiment du coupable et à rendre moins cruel le martyre de la jeune femme.

Le luxe n’est pas chose très connue à Saint-Jean : le diner fut servi dans des plats dépareillés ; les assiettes appartenaient à des services différents, comme dimensions et couleurs ; mais nous étions reçus

avec tant de cordialité, nous mangions de si bon appétit, que nous

nous aperçümes à peine que toutes les viandes consistaient en mouton diversement préparé !

Un nègre nous servait, D'une trentaine d'années, robuste, alerte, mais bavard s’il en füt, John ne contribuait pas peu à nous égayer. En présentant les plats, il insistait auprès des convives comme s’il eut été le maître de la maison. De temps à autre, il adressait même à l’adjudant des boutades, dont chacun riait de bon cœur. Un père, ce Fernandez !

Pendant une éclipse de ce serveur genre exotique, Fernandez nous conta son histoire.

John, étant soldat, avait été mis de faction à un poste important — près d’un magasin à poudre, je crois — et on lui avait ordonné de tirer sur quiconque tenterait d'approcher. À peine était-il à son poste, qu'un individu s’avança vers sa guérite. John, par trois fois, lui intima l’ordre de s’arrêter et de répondre; puis, voyant que son injonction ne servait à rien, il couche en joue et fit feu. L’homme tomba raide mort.

Aussitôt, le pauvre nègre fut saisi d'épouvante : il a fait son devoir de soldat, mais il est devenu assassin! Ou’allait-on dire? Le traduire devant un conseil de guerre, le condamner à NOTE...

Rempli de perplexité et d'angoisse, il abandonna son poste et s’en fut se cacher. Peu de temps après, il fut arrêté et condamné à une longue détention, non pas pour avoir tiré, mais pour avoir déserté son poste.

Après le repas et la visite du phare et du campement, nous allons en canot jusqu’au Cap Furneaux, examiner de près une immense rochery d’otaries ou lions de mer (1).

La chasse de l’otarie et du phoque à fourrure est assez rémunératrice dans cette île, où elle fait l’objet d’une concession. L'adjudant

Fernandez est chargé de garder la chasse, mais il dispose d'un

(1) Le mot rockery a le même sens;que le mot ville.

matériel de surveillance absolument sommaire : deux canots et trois

petits canons, qui ne veulent pas toujours fonctionner.

Quel remue-ménage! quel branle-bas général dès que nous mettons le pied dans la rockery! Nous avons cependant le temps de photographier les animaux avant qu'ils puissent regagner la mer. Des bêtes superbes! Les mâles surtout, dont le corps est long de 3 à 4 mètres et dont la tête, ainsi que le cou, sont garnis d’une épaisse crinière, Ils poussent des hurlements de menace en découvrant leurs crocs, mais nous n’avons pas peur... ils n’attaquent jamais l’homme.

Bientôt ils ont tous repris la mer, il ne reste plus qu’un ménage avec deux toutes petites otaries nées depuis une couple d’heures à peine. Comme elles ne peuvent se glisser le long des roches, le père se place près d’elles pour nous empêcher d'approcher.

Ce serait là une jolie capture, mais nous n'avons pas de fusil. Cook et Racovitza lancent aux parents des fragments de roche. La mère est touchée, elle saisit dans sa gueule un de ses enfants et se jette à l'eau. Le mâle hésite, puis, atteint à son tour, il plonge également, nous abandonnant son petit, que Cook va saisir et qu’il rapporte dans ses bras jusque dans le canot.

L’après-midi du 10 janvier fut consacrée tout entière à la visite de plusieurs rockeries.

Comme nous descendions pour retrouver notre canot, Danco glisse et tombe à la mer. Décidément, l’île Saint-Jean est propice aux plongeons! Tout préoccupé de sa montre, il la tire de sa poche, pour l'examiner, au moment même où on venait de le repêcher. Justement, une petite lame secoue le canot et la montre de Danco, à laquelle il tenait tant, tombe à l’eau sans retour. Assurément, un sort est jeté sur nos montres. Nous aurons, souvent encore, l’occasion de déplorer ces deux accidents.

Notre ami est trempé — on le serait à moins! — mais il refuse de rentrer pour changer de vêtements.

Nous poursuivons donc notre route et parvenons à une rockery

d'otaries. Vite quelques coups de fusil sur les plus belles bêtes ! Pendant que Racovitza s'occupe à les examiner, à les mesurer, nous amarrons, à l'arrière du canot, une otarie superbe. Malheureusement, la mer s’étant levée, nous fûmes obligés de lâcher notre capture, qui, par son poids, empêchait le canot d'avancer. À notre rentrée à la station argentine, Danco est encore mouillé; aussi Fernandez lui donne-t-il un habillement complet... de forçat. Danco n’en est pas plus fier pour cela!

Le 11 janvier, Fernandez vient à bord pour s'assurer de l’activité de son personnel. Son nègre, qui cumule les fonctions de serveur avec celles de cuisinier, de valet de chambre, etc., l'accompagne.

John se montre si enthousiasmé de la Belgica, que de Gerlache pousse la gracieuseté jusqu’à faire porter pour lui sur le pont notre boîte à musique de second ordre, celle dont les airs se débitent «au mêtré courant ». John, alors, ne se tient plus de joie : il pousse des cris d’allégresse et demande à tourner la manivelle. Le commandant, enchanté de l'effet produit, offre à John, en plaisantant, d'occuper à notre bord le poste de cuisinier.

Le nègre, lui, ne plaisante pas. Il s’écrie que son rêve serait de partir avec nous, mais que la chose est impossible, puisqu'il est prisonnier ! « Après tout, déclare Fernandez, John n’a plus à faire qu’un an de peine. Si le commandant veut adresser, pour lui, un recours en grâce au président de la République Argentine, je l’appuierai de toutes mes forces, et il est à présumer que cette requête sera exaucée, étant donné que John honorera son pays en prenant part à l’expédition belge. »

En écoutant cette explication, de Gerlache est pris d’un scrupule : accepter, c’est enlever à Fernandez son homme de confiance, Mais celui-ci le rassure : il se tirera d'affaire en peu de temps et il sera satisfait d’avoir fait plaisir à son nègre. Sur-le-champ, on rédige la requête, qui sera envoyée à Buenos-Ayres par le premier navire de

guerre abordant à Saint-Jean. Il est, en outre, décidé que, vers la fin

de l’été antarctique, nous reviendrons chercher John, avant de prendre

nos quartiers d'hiver en Patagonie,

Cependant, les jours se passaient et nous étions encore à Saint- Jean : l'équipage emplissait les réservoirs et je cherchais en vain quelques minutes de soleil pour régler les compas, dont les nombreux déplacements d'objets en fer, sur le navire, avaient fait varier les constantes magnétiques, depuis notre départ d'Europe.

Impossible, par ce temps gris, de faire des observations directes. Danco et moi, nous avions, un jour, fait usage de la méthode des relèvements réciproques, mais les résultats obtenus ne furent pas suffisamment sérieux. D'un autre côté, comment partir vers le Sud avec des compas non réglés, alors que nous allions explorer une région absolument inconnue ?

Enfin, comme le soleil boudaïit toujours, de Gerlache décida que, coûte que coûte, nous partirions le matin du 14 janvier.

Le 13, dans l’apres-midi, le soleil, que nous ne cessions de guetter, se montra pendant quelques instants. Vite nous réglons le compas aussi bien que possible, et, à la tombée du jour, toutes les dispositions sont prises pour l’appareiïllage.

Le 14 janvier 1898, à 5 heures du matin, nous défilons devant Saint-Jean. Le phare et le sémaphore de la préfecture nous envoient des souhaits de réussite et d’heureux retour, auxquels nous répondons par d’affectueux remerciments.

Fernandez a promis une salve de toute son artillerie. Si les pièces fonctionnent, il y aura trois coups. Ah! voici: un!... deux!.., c’est tout!... La troisième pièce n’a pas voulu parler!

Fernandez est sur la côte; nous lui envoyons, dans nos longuesvues, un dernier regard ami. John, placé auprès de son maître, nous fait force signaux. À bientôt, ami nègre! Dans trois mois, nous viendrons te prendre !

L'homme propose et les événements disposent. Trois mois après,

la Belgica était cernée dans les glaces, d’où elle ne devait se dégager

qu’au mois de mars 1899. John, gracié par le président de la République, à la condition expresse qu’il s'embarquerait avec nous, attendit donc en vain notre retour pendant deux ans et fit ainsi un petit stage supplémentaire au bagne.

Pauvre John! Mais qu'importe : il a dû faire de beaux rêves pendant ce laps de temps!

— Ah! c’est vous le nègre? Très bien! continuez, aurait dit Mac-

Mahon, continuez... à attendre la Belgica!

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