DE GÉOGRAPHIE
À la fin du mois d'octobre 1899, nous étions tous réunis à Boulogne-sur-Mer, d’où, le 29, nous nous dirigeâmes vers Anvers, par petites étapes.
Le 5 novembre, la malle-poste Princesse Clémentine, envoyée par le Gouvernement à notre rencontre, nous rejoignait à la frontière et nous escortait jusqu’à Anvers avec toute une flottille de yachts et de bateaux de plaisance.
Sur le navire officiel se trouvaient M. de Trooz, successeur de M. Schollaert comme ministre de l'Intérieur et de l’Instruction publique, puis le délégué du ministre de la Guerre, de nombreux officiers, des membres de l’Académie royale de Belgique et des Sociétés savantes du pays.
Le grand canot de parade du Roi nous conduisit à bord de la malleposte, où M. Dejardin, le sympathique président de la Société royale de géographie d'Anvers, ouvrit la séance de réception par un très éloquent discours. Alors, le Ministre de l'Intérieur et de l’Instruction publique, après nous avoir, de sa voix claire et chaude, souhaité en termes élevés la bienvenue, fit donner lecture des arrêtés royaux créant chevaliers de l'Ordre de Léopold les membres de l'état-major et du personnel scientifique et décernant la décoration civique à l'équipage.
A l'hôtel de ville d'Anvers, la réception fut enthousiaste,
Quelques jours plus tard, le Roi nous recevait en audience spéciale,
Puis ce fut la Société royale belge de géographie qui organisa une fête superbe, présidée par S. A. R. le Prince Albert de Belgique et suivie d’une soirée à l’hôtel de ville de Bruxelles.
Puis encore l’Académie royale de Belgique, qui remit une médaille d’or aux membres de l'état-major.
De toutes parts, les récompenses affluèrent : médailles d’or, d’argent, de bronze, diplômes, nominations comme membre d'honneur de nombreuses sociétés scientifiques.
Ainsi, ayant « tous été à la peine, nous fûmes tous admis à l’honneur » et à la joie.
CEPAPMERE CREER
Conclusions.
L'expédition de la Belgica n’avait pas pour objectif d'atteindre une haute latitude; elle s'était donné pour mission de scruter, avec le plus de soin possible, un coin de la vaste région de l'Antarctique, région dont l'étude préliminaire et hardie avait été l’œuvre des Cook, des Bellingshausen, des Biscoë, des Dumont d’Urville, des Balleny, des Wilkes et des Ross.
Au point de vue géographique, l’expédition a étudié la région située au nord de la Terre de Graham. Elle y a découvert un vaste détroit — le détroit de Gerlache — dont les côtes ont été relevées avec soin ct sur lesquelles vingt débarquements ont été opérés.
L'existence de ce détroit ne constitue pas seulement une découverte géographique sans utilité; dans la suite, il offrira des abris sûrs aux navires chassés par la tempête jusqu’au Shetland du Sud. Là, naîtra peut-être aussi une pêche rémunératrice, car les balénoptères et les mégaptères y sont très abondants.
Rappelons encore que, si les missions internationales de 1882 avaient connu l’île de Cavelier de Cuverville, que nous avons relevée, il est probable que l’une d’elles s’y serait installée avantageusement.
Pendant notre dérive, nous avons été entraînés au Sud de l'île Pierre Ie Cette ile est doncmsolée Qu lat parte dun trésipette archipel.
Le navire a navigué à l'endroit où Wailker croyait avoir aperçu une terre et à l'endroit où Bellingshausen croyait avoir aperçu la muraille de glace.
Au point de vue océanographique, l'expédition a rapporté des tracés bathymétriques et des données importantes sur le fond de la mer, les températures sous-marines et de nombreuses mesures de
la densité de l’eau de mer.