‹ Au pays des montagnes bleuesChapitre 21 sur 41 · EN OO · texte numérisé non relu

EN OO

que quart de mille on rencontrait infailliblement une source de montagne qu'il fallait traverser, en risquant sa vie: nombre de ces sources contiennent du fer et leur température dépassait de beaucoup celle de l'air... Les pou-. les et les oiseaux domestiques trouvés chez les baddagues sédentaires sont d'une taille deux fois supérieure à celle des familles les plus fortes des mêmes-bêtes en Angleterre. Et nos chasseurs remarquèrent que le gibier nilgui-. rien — faisans, perdrix et lièvres, ceux-ci de couleur tout à fait rouge —, est aussi beaucoup plus fort qu’en Europe. Les loups et les chacals se rencontraient en grandes troupes.

On voyait des tigres qui ne connaissaient pas encore le fusil de l’homme, des couples d'éléphants. Ces derniers nous regardaient et se.

détournaient avec indifférence, sans hâte, dans l'ignorance complète du danger possible. Le versant méridional des monts, à 5.000 pieds de. hauteur, couvert de forêts tropicales, absolu= ment vierges abonde en éléphants d'une cou-” leur particulière, presque noire, et plus grands” que les éléphants de Ceylan. Les serpents sont. nombreux et très beaux : dans les régions audelà de 3.000 pieds, ils restent inoffensifs (on. l’a prouvé aujourd’hui). Ajoutons un nombre.

incalculable de singes, sur toutes les! hauteurs ». ae: SO Je dois dire ici que les Anglais les massa-…

crent sans aucune pitié (*). Pauvres infortu-

nés « premiers pères du genre humain ». Et quels sont les singes qui manquent au Nilguirl: depuis les grands noirs, avec capuchons

gris duveteux, les « langours » — Presbytis jubatus — jusqu'aux « lions-singes » — Inuus eilenus. Les langours vivent sur les cimes des roches les plus hautes, dans les cre-

. vasses profondes, en familles isolées, comme de véritables « hommes primitifs des caver-

nes ». La beauté de leur fourrure sert de pré-

| texte à l’impitoyable extermination par les

européens de cet animal très doux et extraor-

dinairement intelligent. Les\ « lions-singes » ne

sé rencontrent qu'à la lisière des bois, sur le

wersant méridional des « Montagnes Bleues »

“où ils sortent parfois pour se chauffer au s0- Jeil: Dès qu'ils aperçoivent l’homme, les

… « lions-singes » fuient aussitôt dans les in- - franchissages épaisseurs des forêts malabaroises. La tête de ces singes est complètement léo-

nine, avec une crinière blanche et jaune et une | touffe de poils analogues à la pointe de leur … queue — d’où leur nom de « lions ».

… Dans cette description de la flore et de la faune des « Montagnes Bleues », je ne m'en

tiens pas uniquement aux seuls examens et

(*) Le chicari indigène, s’il n'est pas mahométan,

ne tuera jamais un singe: cet animal est sacré par- . fout dans l'Inde. (Note de Blavatsky).

De

rapports de Sullivan durant sa première as-

cension. À cette époque, il savait encore bien peu de choses et ne décrivait que ce qu'il rencontrait sur son chemin : je complète ses écrits grâce aux plus récentes découvertes.

Enfin, les Anglais retrouverent les traces des vrais habitants et maîtres des monts du Nilguiri —, les Toddes et les Kouroumbes. Pour éviter des répétitions, je dois dire ceci : comme on l’apprit plus tard, les baddagues qui vivaient avec les toddes depuis déjà presque sept ans se montraient parfois dans les champs de Kouimbatour, descendant des sentiers que seuls ils connaissaient, pour voir d’autres baddagues, leurs parents. Mais les toddes et les

kouroumbes restaient complètement inconnus des indigènes ; aujourd’hui que des communi-

cations régulières et quotidiennes sont établies entre Outtakamand et Madras, ils ne quittent jamais leurs cimes. Longtemps on ne put s'expliquer ce silence non naturel des baddes sur l'existence de ces deux races qui vivaient en-

semble. On paraît actuellement avoir résolu

assez justement le problème : ce secret est uni-

quement dû à la superstition dont l’origine et

la cause échappent encore à l’européen mais

sont irès bien comprises des indigènes. Les | baddagues ne parlaient pas des toddes parce que les toddes étaient pour eux des créatures

non terrestres, des dieux qu’ils vénéraient : or

prononcer les noms des divinités de familles qu'ils choisirent (*) un jour se considère cormme la plus grande injure pour ces dieux, un blasphème que ne commettra aucun aborigène, même sous menace de mort. Quant aux kouroumbes, les baddagues les détestent autant qu'ils adorent les toddes. Le simple mot de « kouroumbe » dit tout bas porte, d’après eux, malheur à celui qui l’articule.

Ayant atteint au niveau de 7.000 pieds une vaste prairie d’une forme singulière, les membres de l'expédition trouvèrent un groupe d'édifices au pied d’un rocher, que Kindersley et Whish reconnurent aussitôt pour les maisons des toddes. Ces demeures de pierre sans porte ni fenêtre, avec leurs toits pyramidaux s'étaient gravées avec trop de force dans leur mémoire pour autoriser le moindre doute. Les Anglais jetèrent un regard à travers l’unique "ouverture servant dans ces maisons de fenêtre . et de porte, et virent que ces logis étaient vides, bien que manifestement habités. Au loin, à . deux milles de ce premier « village », ils perçurent « un tableau digne du pinceau d’un peintre

" )(f) Chaque famille hindoue, bien qu'appartenant à une même secte ou caste que d’autres, choisit une divinité particulière appelée de famille et qui est rise parmi les 33 millions de dieux du panthéon naional. Et, bien que cette divinité soit connue de tous, les membres de la famille ne parlent jamais d'elle, considérant comme une profanation chaque parole prononcée à son sujet. (Note de Blavatsky).

et devant lequel nous nous arrêtâmes saisis * d’une stupéfaction inexprimable, rapporte le collecteur, Cependant que les cipayes indigènes qui nous accompagnaient manifestaient un effroi intense et superstitieux. Une scène de la vie des patriarches antiques s'offrit à nos regards. Sur différents points de cette large vallée toute entourée de hautes roches, plusieurs troupeaux de gigantesques buffles paissaient avec des clochettes et des tambourins d'argent sur les cornes. Plus loin, un groupe de vieillards à la mine vénérable, aux longs cheveux, le visage encadré d’une barbe blan- | che, vêtus d’une mante blanche... » :

C'étaient — ils le surent plus tard — les aînés des toddes qui les attendaient et les buffles sacrés du To ouel (l'enceinte du temple) de cette tribu. Autour d'eux, couchés à demi, assis, marchant ou imimobiles, soixante-dix à quatre-vingts hommes se voyaient « en des attitudes dont le pittoresque était le plus grand qu'on püût s’imaginer ». Tous avaient la tête découverte. Dès le premier regard jeté sur « ces | Goliaths géants et beaux » la pensée qui naquit aussitôt dans le cerveau de notre respec- . table et patriote Anglais, fut la possibilité de. « constituer un régiment spécial de ces héros. et, après l'avoir envoyé à Londres, d'en faire don au roi »… Plus tard il comprit l'impossi- :.… bilité pratique de son idée ; mais durant ces

A premiers jours, les toddes l’étonnèrent et le

fascinérent littéralement par leur remarquable

beauté qui n'avait rien d’hindou ». A deux

cènts pas derrière leurs femmes étaient assises : vêtues comme eux d’une mante blanche, elles avaient des cheveux longs, bien peignés et tombant sur le dos. Sullivan en compta quinze environ ; près d'elles une demi-douzaine d'enfants jouaient tout à fait nus malgré le

froid de janvier.

Dans une autre description des « MUntane

Bleues » (*), un camarade de Sullivan, le co-

lonel Khennesey écrit dix pages sur les différences entre les toddes et les autres hindous avec lesquels on les a longtemps confondus, car leur langue et leurs coutumes étaient in-

connues.

— « Le todde se différencie aussi nettement,

en tout, des autres indigènes, que l'Anglais se distingue du Chinois », écrit le colonel. « Maintenant que je les connais mieux, je comprends

pourquoi les baddagues dont nous rencon-

irions les parents dans les villes de Maïssour, avant la découverte du Nilguiri, considèrent

ces êtres comme appartenant à une race supérieure, presque divine. Les toddes ressemblent vraiment aux dieux, tels que les figuraient lés anciens grecs. Parmi les quelques

os des « fine men » de ces à Jens

À Eee tribes of the Nilchecy hills. Ton

n'en ai pas encore vu un seul dont la taille fût inférieure à 6 pieds 1/4. Ils sont admirablerent bien faits et leurs traits rappellentda pureté classique. Ajoutez à cela des cheveux épais, noirs et brillants coupés en arc, bas sur le front, sur les sourcils, et tombant derrière les oreilles, sur le dos, en lourdes masses bouclées et vous aurez une image de leur beauté. Leurs moustaches, leur barbe qu'ils ne taillent jamais ont la couleur de la chevelure. Leurs grands yeux bruns, gris-sombre ou méme bleus fixent sur vous leur regard profond, tendre, presque féminin. Leur sourire reste doux et gai, jeune dans son expression. La bouche, même chez les vieillards les plus fatigués, garde ses dents blanches et fortes, très ‘belles parfois. Le teint de leur visage est plus clair que celui des canarèzes du nord. Tous s’habillent de la même façon. Une sorte de toge romaine blanche en toile avec une extrémité passant d’abord sous le bras droit, puis rejetée en arrière, sur l'épaule gauche. Dans la main une canne avec des ornements fantastiques. Lorsque je sus sa destination mystique et la foi de ceux qui la possèdent en sa puissance magique, cette petite canne en bambou, de deux pieds et demi de longueur, me troubla! plus d’une fois. Maïs je n'ose pas, je n'ai pas. le droit, après avoir vu de nombreuses fois ce que j'ai vu, de nier la vérité de leur croyance

et l'exactitude de leurs affirmations Bien ‘qu'aux yeux de tout chrétien, la foi en la magie doive toujours être éonsidérée comme un péché, je ne me sens pas le droit de réfuter ou de railler des faits que je sais réels, malgré toute la répulsion qu'ils m'inspirent.… »

Mais n’anticipons pas. Ces lignes ont été écrites il y a beaucoup d’années. Sullivan et Khennesey voyaient alors les toddes pour la première fois et en parlaient officiellement. Cependant, tout dans ce rapport de fonction- -naire trahit la perplexité et révèle l’étonnement, la curiosité que tout le monde éprouvait au sujet de cette mystérieuse tribu.

— « Qui sont-ils? » raisonne Sullivan dans ses pages. « Ils voyaient des hommes blancs pour la seconde fois déjà, pourtant leur calme majestueux, leur maintien fiér me confondirent : cela ressemblait si peu à ce que nous sommes accoutumés à voir dans les manières

… serviles des indigènes de l'Inde. Les toddes semblaient attendre notre arrivée. Se détachant du groupe, un vieillard de grande taille vint à

noire rencontre, suivi de deux autres qui portaient dans leurs mains des coupes faites d'écorce d'arbre et pleines de lait. S'arrêtant à quelques pas de nous, ils nous parlèrent en une langue complètement inconnue. Voyant que nous n'avions pas compris un mot de ce qu'ils : disaient, ils choisirent l'idiome petit-ialimois,

(9 AA SU à (ARE

puis encore le canarezois (que parlent les baddagues) — après quoi nous échangeâmes pius facilement.

Pour ces étranges aborigènes nous étions des hommes semblant appartenir à une autre planète. « Vous n'êtes pas de nos montagnes.

Notre soleil n'est pas le vôtre et nos buffles vous sont inconnus », me disaient les vieillards. —— « Vous venez au monde de la même manière que les baddagues —, nous naissons

différemment (?), remarqua un autre vieillard.

dont les paroles m’étonnèrent beaucoup. Tout ce que les toddes nous disaient nous permettait de comprendre que nous étions, pour eux, les nabitants d'une terre dont ils avaient entendu

parler un peu, mais qu’ils n’avaient jamais

vue, pas plus que ses habitants. Et ils se con

sidéraient comme appartenant à une race tout

à fait spéciale. »

Lorsque tous les Anglais se furent assis sur l'herbe épaisse, près des vieillards, — les autres toddes restaient plus loin, derrière — on apprit aux Anglais qu'ils étaient attendus depuis quel-

ques jours. Les baddagues qui servaient jus- » qu’alors d’unique chaînon permettant aux toddes de communiquer avec le reste du monde, c’est-à-dire l'Inde, les avaient déjà prévenus me les radjas blancs instruits par les deux chas-

seurs que les baddagues sauvèrent des « lieux

habités par les buffles », montent vers eux

f dans les montagnes. Et les toddes déclarèrent aussi à mister Sullivan qu’une prophétie existait chez eux depuis de nombreuses générations :

. des hommes viendraient d’au-delà des mers et

* s'installeraient près d'eux, comme l'avaient fait les baddagues ; il faudrait leur concéder une partie des terres et « vivre avec eux comme avec des frères, en une famille ». « Telle est leur volonté, ajouta l’un des vieillards, indi-

à quant les buffles, « ils savent mieux ce qui est

bon ou mauvais pour leurs enfants ».

Et mister Sullivan observe : « Nous ne comprimes pas alors cette phrase énigmatique concernant les buffles et ne conçumes sa signification que plus tard. Le sens bien qu ‘étrange ne nous est pas étranger vache est considérée comme un Lane Sacré

- et tabou ».

Malgré les traditions personnelles que gardent obstinément les toddes, les éthnologues ‘anglais aimeraient reconnaître en eux « les Survivances d’une orgueilleuse tribu, dont le

“ nom et les autres caractéristiques leur restent, d’ailleurs, parfaitement inconnus. Sur une base aussi ferme, ils construisent leur hypothèse qui consiste en ceci : cette tribu or-

gueilleuse habita vraisemblablement jadis

(quand ? l'époque demeure inconnue) les ter-

… rains bas du Dekkan, près du fleuve ; et leurs

- troupeaux de buffles sacrés (qui, d’ailleurs, ne

Je) de RUE AA, : L' D

furent jamais considérés comme sacrés, dans l'Inde) y paissaient longtemps avant l’époque où leurs rivales futures, les vaches, monopolisèrent la vénération populaire. On présume aussi que cette même tribu orgucilleuse « repoussait avec cruauté et retenait la descente ininterrompue des peuplades aryennes ou des brahmanes de Max Muller, « de l'Oxus », arrivant des Montagnes du Nord (ou de l’'Himalaya) ».

Cette hypothèse aimable, et vraisemblable à première vue, se réduit pourtant en miettes devant le fait suivant: les toddes, bien que vraiment « tribu orgueilleuse », ne portent absolument aucune arme et même ne gardent aucun souvenir de pareils instruments de lutte. Et s'ils ne possèdent pas le moindre poignard qui les défende contre les animaux sau- vages, ni même un chien pour les gardes de nuit, — les toddes jouissent certainement, pour triompher de leurs adversaires, de moyens très différents de tout ce qui rappelle la force armée.

D’après misier Sullivan, les toddes soutien-. nent très légitimement leurs droits sur «es . Montagnes Bleues » comme sur leur propriété. séculaire. Ils affirment — (et leurs voisins sé culaires confirment leurs paroles) — ce droit. d’antiquité : tous sont unanimes à déclarer que les toddes étaient déjà maîtres des montagnes,

lorsqu’arrivèrent les premiers colons appartenant à d’autres tribus, les moulou-kouroumbes. Puis vinrent les baddagues, et enfin les …chottes et les erroulars. Toutes ces tribus demandèrent aux'Toddes qui vivaient seuls sur ces hauteurs, et reçurent d'eux la permission d'habiter ces montagnes. Pour cette autorisation, toutes les quatre tribus payaient aux toddes une contribution non pas en monnaie — car avant l’arrivée des Anglais l’argent était inconnu sur ces sommets — mais en nature :

quelques poignées de graines appartenant aux . champs labourés par les baddagues ; quelques objets parmi les ouvrages en fer des chottes, nécessaires pour la construction des maisons et la vie domestique; des racines, des baies, différents fruits des kouroumbes, — et d’autres dons.

Toutes les cinq races se distinguent de façon

très tranchante l’une de l’autre, comme nous … le verrons tout de suite. Leurs langues, reli-

gions et coutumes, comme leurs types, n’ont rien de commun. Selon toute vraisemblance, . ces tribus représentent les dernières survivances. de races préhistoriques d’aborigènes de l'Inde méridionale ; mais si certaines connaissances ont pu être rassemblées concernant les

baddagues, les chottes, les kouroumbes et les

erroulars — l'histoire, pour les toddes, s'est effacée comme sur le oi Si nous en jugeons que les antiques sépulcres sur « la Colline »,

et par certaines ruines de temples et de pagodes —, ce sont non seulement les toddes, mais

aussi les kouroumbes qui durent atteindre à la

civilisation aux époques préhistoriques : les toddes possèdent des signes qui, incontestablement, ressemblent à des lettres, dans le genre des inscriptions cunéiformes des anciens MPETSES. :

Mais qu'importe ce que les toddes . furent

dans le passé lointain, — aujourd'hui ils sont.

une tribu patriarcale dont la vie entière se concentre sur leurs buffles sacrés.

C'est pourquoi de nombreux écrivains qui

parlent des toddes concluent qu'ils adorent'les buffles comme des dieux, pratiquant ainsi la

zoolâtrie. Ce n'est pas la vérité. Autant que nous le sachions, leur religion porte un caractère beaucoup plus élevé qu’une simple et grossière adoration des bêtes. L

Le second rapport et les autres qu'écrivit

mister Sullivan sont encore plus intéressants.

Mais comme je ne cite les paroles du respecta- ti

ble fonctionnaire anglais que pour confirmer mes propres observations et études, il n'y a pas. lieu ici d'en reparler. Je me permets seulement de présenter encore quelques données Statistiques complémentaires formulées par mister Lu Sullivan et d’autres fonctionnaires concernent,

les cinq tribus du Nilguiri.

Voici le résumé concis des page du colonel

Tornton : 4) « Les Erroulars sont les premiers que l’on rencontre derrière la chute d’eau, sur les versants des montagnes. Ils habitent des cavités faites de terre et se nourrissent de racines. Maintenant, avec l’arrivée des Anglais, ils sont devenus -moins sauvages. Ils vivent par groupes de trois à quatre familles, et leur nombre est de mille environ.

2) Les’ Kouroumbes vivent au-dessus d'eux.

118 se divisent en deux branches : a) Les Kouroumbes simples, qui habitent des huttes, constituant des villages; b) les moulou-kouroum- .bes, d'aspect répugnant, de taille extraordinairement pelite, qui logent dans de véritables Hnidsisur les: arbres et ressemblent plus à de … grands singes qu’à des créatures humaines. »

Note. — Bien que dans les autres villes de l'nde il y ait des tribus portant les mêmes . traits généraux et les mêmes noms que les Erroulars et les Kouroumbes, elles se distinguent nettement en toutes choses de ces deux dernières, surtout des Kouroumbes, véritables épouvantails et mauvais génies que fuient les auires tribus, sauf les Toddes, rois et maîtres des 15 Bleues »,

Co me on le sait, «Kouroumbou» est un mot | Tamil signifiant « nain ». Maïs alors que les : | Kouroumbes des vallées sont en effet simple-. ment des aborigènes de petite taille, les Kou-

rourbes | Nb ne Lo esent souvon pus

HAE VE OEVR Lt

trois pieds de hauteur. Ces deux tribus n'ont aucune conception des besoïns les plus élémen-

taires, les plus indispensables de la vie et ne

sont pas sortis de l’état de sauvagerie la plus grossière, conservant tous les indices de la race

humaine la plus primitive. Ts parlent une lan-

gue rappelant plus le ramage des oiseaux et les sons gutturaux des singes, que le parler kumain, bien que parfois on entende chez eux des

mots appartenant à beaucoup de dialectes anti-

ques de l’Inde dravidienne. Le nombre des erroulars et les Kouroumbes n'excède pas mille pour chacune de ces tribus.

« 3) Les Kochtars. Une race encore plus étrange. Ils n’ont pas conception de la distinction des castes et se différencient autant des

autres tribus des montagnes que des indigè-

nes de l'Inde. Aussi sauvages et primitifs que les Erroulars et les Kouroumbes, vivant, tel-

les des taupes, dans des gites faits de terre et.

sur les arbres — ils sont, chose singulière, des maîtres remarquables pour travailler l'or et l'argent, des forgerons, des potiers. Ils possèdent le secret de l’apprêt de l'acier et du fer;

leurs couteaux, comme leurs autres armes, … par leur souplesse, leur aiguisement, leur soli= dité à toute épreuve, surpassent tout ce quivest

fabriqué dans ce genre en Asie et en Europe:

Le Kochtar n’emploie toujours qu’une seule“ar:. . me, longue comme une broche, très tranchante

des deux côtés. Il en use contre le sanglier, le ‘tigre et contre l'éléphant, — et toujours ïl triomphe de l’animal (*). Les Kochtars ne ré- « vèlent leur secret pour aucune somme d’argent. Aucune des tribus habitant la montagne ne travaille pareil métier. Comment les Kochtars ont pu le connaître reste encore l’une des énigmes à résoudre pour les ethnologues. Leur religion n’a rien de commun avec les religions … des autres aborigènes. Les Kochtars n’ont aucune idée des dieux des brahmines et adorent des divinités fantastiques qui ne se matérialisent sous aucune forme chez eux. Le nombre des Kochtars, calculé dans la mesure de nos moyens, n'excède pas 2.500.

4) Les Baddagues ou « burghers ». La plus … nombreusé, la plus riche et la plus civilisée … de toutes les cinq tribus du Nilguiri. « Brahmuinistes », ils se divisent en plusieurs clans. Is sont près de 10.000, et s'occupent presque … tous d'agriculture. Les baddagues adorent on ; ne sait pourquoi les toddes et leur rendent des honneurs divins. Pour les baddagues, les tod- * des sont supérieurs à leur dieu Siva.

5) Les Toddes appelés aussi Toddouvars. Ils

.. (Aujourd'hui, quand tous savent depuis long-

temps que les Kochtars possèdent ce secret, on veut . Jeur commander des couteaux et on leur donne des … armes à aiguiser. Un instrument très simple, avec … une lame grossière, fabriqué par un Kochtar se paie … plusieurs fois le prix du meilleur couteau de Shetfjeld. (Note de Blavatsky).

se divisent en deux grandes classes. La première est la classe des prêtres, connue sous le nom de Teralli ; les Toddes qui en font partie sont voués au service des buffles, condamnés au célibat perpétuel et pratiquent un culte incompréhensible qu'ils cachent très soigneusement des européens et même de tous ks inaäigènes n’appartenant pas à leurs tribus. La seconde. classe est celle des Koutti, des simples mortels. Autant que nous le sachions, les premiers . constituent l'aristocratie de la tribu. Dans'cette peu nombreuse tribu, nous avons compté 700:

hommes, et d’après les dires des toddes, leur nombre n’a jamais dépassé ce chiffre. » de Afin de montrer combien ce sujet se trouvait digne d'intérêt, ajoutons aux rapports de. mister Sullivan, l’opinion des auteurs du livre” qui parut en 1853, sur l’ordre de l’East India … Company. The States in India, article sur le Nilguiri. On y parle ainsi des toddes : 1e

« Cette très petite tribu a attiré ces derniers temps l'attention enthousiaste et sérieuse non seulement des touristes du Nilguiri, mais aus si des ethnologues de Londres. L'intérêt provo- ‘4 qué par les toddes est très remarquable. Ils ont mérité les sympathies extraordinaires (in no. ordinary degree) des autorités de Madras. One: y dépeint ces sauvages comme une race athlét Ron que de géants admirablement bien faits,… dé- 1) 4

: couverte de la manière la plus fortuite à re

ue A

. térieur du Ghât. Leur maintien est plein de … grâce et de dignité, et on peut caractériser ainsi leur extérieur... »

Suit le portrait que nous connaissons des toddes. Le chapitre sur les toddes se termine par la description d’un fait sur lequel j'appuie à dessein à cause de sa signification profonde et de son rapport direct avec les évènements dont nous fûmes témoin, — et nous le répétons — avec lé sentiment d’une complète ignorance de l’histoire et de l’origine des toddes,

… : — « Les toddes n’usent d'aucune arme, sauf

… une petite canne de bambou qui, jamais, ne

quitte leur main droite. Tous les efforts pour

percer le secret de leur passé, de leur langue

et de leur religion, demeurent absolument

vains, c’est la triou la plus mystérieuse parmi mtoutes les peuplades de l'Inde. »

» Mister Sullivan se trouva assez vite enfièrement asservi par « les Adonis du Nilguiri »

comme les appelèrent les plus anciens colons

- et planteurs des « Montagnes Bleues ». C'était … le premier, peut-être l'unique exemple dans … lAnglo-Inde, d’un fonctionnaire anglais, d'un bara-saab qui fraternisait ouvertement, entrait en relations aussi intimes, amicales avec les. aborigènes, ses sujets — comme le faisait le collecteur de Kouimbatour. Comme récompense pour le don à la Company d’un nouveau morceau de territoire dans l’Inde, on éleva aus-

sitôt mister Sullivan au poste d’ « administrateur général » des « Montagnes Bleues ». Et mister Sullivan vécut trente ans dans ces montagnes: il y mourut.

Qu'est-ce qui le séduisit done dans ces êtres? Que pouvait-il y avoir, en effet, de commun entre un européen civilisé et des hommes aussi primitifs que les toddes ? A cette question, comme à beaucoup d’autres, personne encore n'a pu nous répondre. Ne serait-ce point parce: que l'inconnu, le mystérieux nous attire comme le vide et, provoquant le vertige, nous entraîne vers eux comme dans un gouffre » Au point de vue pratique, les toddes, naturellement, ne sont que des sauvages complètement ignorants de toutes les manifestations les plus . élémentaires de la civilisation. Ils se montrent même, malgré leur beauté physique, comme.

des êtres assez sales. Mais il ne s’agit pas de leur enveloppe extérieure, le problème est dans le monde intérieur, spirituel de ce peuple.

Tout d'abord, les toddes ne connaissent absolument pas le mensonge. Il n'existe pas de mot dans leur langue pour exprimer « le mensonge », ou « le faux ». Le vol ou la plus simple appropriation de ce qui ne leur appartient pas leur sont aussi inconnus. Il suffit de lire à ce sujet ce qu'écrit le capitaine Garkness. dans son livre : « Une étrange tribu aborigène » pour se convaincre que ces qualités ne.

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