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L'HIVER AU SAHARA

Il n'y a pas de bien longues années que Nice et la côte méditerranéenne avaient exclusivement le privilège de recevoir les malades et les hiverneurs durant la saison rude. L'habitude les y conduit encore, car la réputation de la Côte d'azur est établie, et les médecins qui découvrirent l'Egypte et l'Algérie, ne luttent qu'avec peine contre la coutume qui mène leurs malades vers la Provence pourtant si peu propice.

Depuis peu, cependant, un mouvement s'est décidé du côté de la Corse, de l'Algérie et des grandes cités égyptiennes, Le Caire et Alexandrie.

Le soleil est un thaumaturge. Il constitue à n'en pas douter l'un des plus efficaces agents thérapeutiques, qui puissent aider la science humaine. La grande bouée lumineuse qui consume et désole l'immensité saharienne, apporte la vie aux êtres glacés par le mal et que seul il peut réchauffer et parfois guérir.

Ce n'est pas d'hier que les indigènes algériens se réfugièrent à Biskra : cet éden saharien fut de tous temps, croyons-nous, le rendez-vous de ceux qui se

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plaisaient à fuir les rigueurs hivernales des pays moins heureux. Moula Ahmed, voyageur et chroniqueur musulman, constatait en 1710 Fimportance de la cité: « Biskra est une belle et grande ville où il se gagne « beaucoup d'argent, parce que la population y est « nombreuse, le commerce actif et l'agriculture floris- « santé. On y voit un grand nombre de palmiers, de (( beaux oliviers, et on y récolte du lin très tin. Il y a « abondance d'eaux courantes sur lesquelles on trouve « une multitude de moulins. On y voit des champs de « henné, des pâturages, et on y récolte des fruits et des « légumes. Les bestiaux et le beurre salé abondent sur (( le marché. »

Depuis cette époque, une crise frappa sans doute la Perle du Désert. En i865, le docteur Sériziat signalait pourtant la ville à l'attention des voyageurs et, surpris de l'excellence de sa situation, n'hésitait pas à dire dans la préface de l'étude qu'il lui consacrait :

« Les touristes qui visitent l'oasis sont sûrs d"y « trouver désormais le genre de confortable le mieux « en rapport avec le climat. Que l'on y amène les « eaux de la Fontaine chaude et Biskra deviendra la « meilleure station thermale de l'Algérie. »

Le docteur fut un bon prophète et, sans même que les eaux de Hammam-Salahin soient encore conduites jusqu'à la ville, Biskra renaît à la prospérité qu'elle a connue naguère.

Depuis 1860 on a vu sans cesse augmenter la population européenne, le chemin de fer a remplacé la route impériale de Stora à Touggourt que suivaient des

Biskra

diligences antédiluviennes. En 1879, on signalait ?oo touristes, durant Thiver de i883 ce fut 53o et à partir de 1888, année de l'inauguration de la voie ferrée, le nombre des hiverneurs s'est accru sans cesse jusqu'à 8,000, chiflre atteint l'année dernière et qui doit être bientôt dépassé.

La douceur de la température et la beauté des sites attirent toujours les voyageurs à Biskra; autrefois, le manque de confort y rendait le séjour pénible, aujourd'hui cinq hôtels luxueusement installés se disputent les étrangers. Un casino leur offre le régal des spectacles inédits, et fixe pour des tnois ceux que seule la nature exotique attirait pour la satisfaction d'une simple curiosité.

Dans sa remarquable étude sur l'oasis de Biskra, M. le docteur Dicquemare donne le relevé des observations climatologiques faites à Biskra depuis de longues années par M. Colombo, agent général de la Compagnie de Biskra et de TOued-Rirh. Voici les moyennes obtenues pour chacun des sept mois les plus froids durant cinq hivers : 1886-87, 1887-88, 1888-89, 1889-90, 1890-91.

Température maxima

Température minima

Température moyenne

Octobre . .

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Octobre. .

Novembre .

Novembre .

Novembre

Décembre .

Décembre. .

Décembre.

Janvier . .

Janvier . . .

Janvier . .

Février . .

Février . . .

Février . .

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