MOHAMMED BEN GANA
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rappelle au profane oublieux, que celui-là offense Dieu, qui trouble le sommeil du croyant!
L'aghalik est splendide. L'agha est prince des nobles attitudes et le nom de ses ancêtres est gravé parmi les trophées de la conquête...
Si Mohammed ben Gana aime la France d'amour sincère et accueille volontiers dans sa riche patrie les voyageurs, dont Téblouissement Tégaie (*).
Nuls ombrages ne protègent encore le blanc quadrilatère du caïd, que le soleil de midi fait ruisseler d'étincelles; le site est dénudé, le désert jaloux presse de sa stérilité la verdure oasienne. A quelque distance, un fortin prismatique semble une sentinelle détachée, raide sur un monticule qui domine un secteur de la plaine. Au delà ce sont les frondaisons touffues de Beni-Mora, oasis, hippodrome et parc... Des orges vivaces étalent çà et là des verdoiements de prairies... Tout là-bas enfin, les lignes grises des collines des Ziban rayent le ciel plus clair et fuient mollement onduleuses jusqu'à se perdre vers la mer saharienne.
(') L'agha actuel des Ziban appartient à l'une de ces grandes familles qui furent constamment mêlés aux événements de l'histoire du Sud-Algérien. Puissants et riches, certaines rivalités en firent promptement les amis de la France qu'il n'abandonnèrent jamais depuis les premiers temps de la conquête.
Si Mohammed ben Gana succède dans l'aghalik des Ziban à son père Si Mohammed S'rir ben Gana.
Biskra
Au nord, \\v\l veut deviner la porte majestueuse du désert et ces sommets de roches, qui sont aux frimas de l'Europe une infranchissable barrière. Là-bas le sombre hiver borne sa désolation, ses buées glaciales pendent
Les gorges d'El Kantnra.
en lambeaux le long des pics de PAurès et les neiges furieuses flagellent des cimes géantes... mais pas un trisson ne vient jusqu'aux tièdes oasis où le printemps s'est retiré !...
Quand les compagnons de Nunez Balboa, parvenus
•24 Biskra
au sommet des monts américains, virent l'autre versant et l'autre mer, un attendrissement subit les fit pleurer... On conte que les conquérants s'arrêtèrent aux gorges d'El Kantara et que, muets d'admiration devant le panorama du désert, ils écoutèrent tête nue riiymne national que, pour la première fois, les musiques jetaient à la plaine sans échos.