CHAPITRE III 2Î
habitants s'habi tuant à nous suivre, n'indiquant que vaguement le chemin. En quittant l'un des rays, j'aperçus un village, vers lequel je crus bon de me diriger. La région défrichée, cultivée, couverte en certains points de maïs non encore récoltés, était incontestablement peuplée.
Nous descendîmes dans une vallée marécar geuse pour gravir le mamelon sur lequel je l'avais reconnu.
Arrivés au pied, nous nous trouvâmes, Marsay et moi, en face d'un jeune homme de belle allure appuyé sur sa lance nous considérant avec calme. Le corps, aux lignes vigoureuses et parfaites, dénotait la souplesse et la force, vêtu seulement d'un court sampot qu'il portait à la façon des Khas, l'extrémité longue tombant sur la cuisse ; un long coupe-coupe recourbé, pareil à ceux des Gérai pendait à sa ceinture; le bras droit, formant un angle élégant, maintenait haute la pointe d'une arme légère ornée de cuivre et d'étain et terminée par un fer aigu et tranchant, tandis que la main gauche tenait une arbalète en fort bois de fer dont les flèches reposaient dans un carquois finement tressé. La tête, ornée de plumes d'un paon qu'il venait sans doute de tuer, terminait cette apparence de héros de Mayne Reid ou de Gustave Aymard. Simplement, sans crainte il aborda d'un regard fier l'interprète moï et échangea quelques
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mots; puis, avec un mouvement large, sembla donner l'autorisation de passer. Il s'éloigna rapidement, sans saluer. Était-ce un ennemi? Sans doute, car « noble fierté » ne concorde pas avec « pénétration ».
On devinait un chef en cet homme de grande allure.
20 février.
Le lendemain, au matin, nous approchions du village. Un vieillard vint à nous, suivi d'un guerrier en armes. Son âge, son aspect dénotaient un chef d'importance. Nous engageâmes avec lui les palabres d'usage, « Le village était fermé; mais il allait le faire ouvrir et fournirait vingt porteurs, nous considérant comme des alliés, et heureux de nous recevoir. »
Enfin I l'ère des difficultés semblait terminée pour un moment. Nous suivîmes le guide qui nous installa dans la sala, près d'une case qu'habitaient un jeune chasseur et sa femme.
L'homme, vigoureux, à l'air farouche, nous regardait sur le seuil, tandis que sa femme et quelques amies, accroupies à l'entrée, nous examinaient tout en se cachant.
A l'une d'elles qui était allée puiser de l'eau, je manifestai le désir d'acheter un poulet. Elle parut