CHAPITRE III
cours pour sortir de ce désert. Décidément la marche ^ au coupe-coupe devenait impossible avec notre *>. faible effectif.
- y 1 } C'était courir de la fatigue à la fièvre et à l'abandon certain de nos porteurs mois. Nous entrâmes résolument dans l'eau jusqu'à la ceinture, souvent obligés de débroussailler les bambous obstruant le passage. Au détour du ruisseau je découvris un banc de sable, avec l'empreinte d'un pied humain : nous allions donc toucher un endroit habité. Mieux valent les hommes, si inhospitaliers qu'ils soient, que ces solitudes I
Mes compagnons continuèrent la route et je m'élançai sur les traces de cet être humain.
Je tombai bientôt sur un campement d'une trentaine d'individus qui, à ma vue, s'enfuirent comme des gazelles, abandonnant quantité de lances et de coupe-coupe. Quantité de poulets et de canards s'agitaient dans des cages et je considérai un moment ce véritable musée ethnographique.
Leurs lances étaient bien confectionnées, gracieusement ornées d'étain; les manches souples, solides en faisaient des armes très maniables. Quelques bottes de piquets dévoilaient l'intention de ces gens qui, heureusement, ne brillaient pas par la bravoure. Je laissai tout en place pour affirmer notre honnêteté.
Redescendant la berge et décidé à mal recevoir
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les adversaires s'ils tentaient un retour offensif, je rejoignis les miens.
Eux aussi avaient remarqué d'autres traces et le Bèp assurait que nous approchions d'un village; nous étions donc sauvés 1 Mais nous avions aussi la certitude d'être poursuivis et minutieusement observés. Un chemin planté de piquets guida nos pas vers un village fortement palissade et bien défendu; pas le moindre bruit, sauf les cris de quelques poulets lâchés dans la brousse et qui s'efforçaient de gagner leur logis.
Nous arrivâmes à l'entrée, Amirand et moi; en deux rétablissements, le marin sautait dans le premier retranchement dont il ouvrait la porte; à coups de crosses nous fîmes sauter l'autre.
Personne ! le vide 1 dans les cases, tout en place, sauf les armes qu'avaient emportées les propriétaires . Nos Mois arrivant à la suite saisirent quelques poulets; tous, nous avions faim. On s'installa dans un ray, au pied d'un arbre, attendant les événements sans espérer pourtant le retour des habitants.
Nul ne vint. La troupe constituait sans doute tout le village qui avait connu notre arrivée, mais comment?
La lueur du feu que nous avions allumé dans la forôt ou quelque message nous précédant avait seul pu les informer.
Je poussai une reconnaissance vers le nord-est