‹ Au pays MoïChapitre 26 sur 116 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

jusqu'à la ceinture et bientôt jusqu'au cou. C'est alors qu'un des nôtres prit le devant, à la recherche des sampans.

Les chefs du lieu portaient des lances légères, à bouts serrés et munies d'une pointe à l'autre extrémité.

Nous fûmes bientôt entourés de Mois et d'Annamites, tous armés. Cette attitude nous étonna et nous en eûmes plus tard l'explication : les Annamites, paraît-il, pillent souvent les pauvres Mois qui, pour se faire justice, descendent dans leurs cultures avec leurs armes et moyens de défense : d'où cette défiance réciproque, et fort peu de cordialité de part et d'autre.

Le messager revint avec quatre sampans; nous étions désormais en pays annamite. Les bagages chargés et nos coolies mois désintéressés, nous descendîmes le cours de la rivière. Cette nouvelle locomotion fut plus agréable que le coupe-coupe et la marche sur les terrains en pente et glissants : nous pûmes tirer quelques coups de fusil et prendre un repos relatif.

Peu après nous aperçûmes les cultures européennes et au milieu d'un défrichement deux casques blancs attestant la présence de nos compatriotes. L'un d'eux s'avança vers nous : « Votre arrivée, dit-il, était signalée depuis ce matin par le lithuong du village; mais j'avais peine à croire

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à cette nouvelle que trois Européens venaient par la montagne. » Ainsi et sans télégraphe nous étions annoncés, même à notre insu. Nous nous présentâmes mutuellement, M. B*** et M. R***, son associé.

Ils étaient seuls sur la plantation, bien connue en Annam sous le nom de son concessionnaire, M. Richardson : nous étions donc à An-Diem *,

1 On lisait dans un numéro de la Politique coloniale en 1901 :

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