‹ Au pays MoïChapitre 27 sur 116 · LA PLANTATION DE AN-DIEM · texte numérisé non relu

LA PLANTATION DE AN-DIEM

« Il est excellent d'appuyer de quelques exemples, authentiques et précis, lorsqu'il s'en présente, l'affirmation souvent renouvelée, ici et ailleurs, que les colonies françaises — même celles que leurs conditions agricoles et climatériques paraissent rendre les moins abordables à l'Européen — offrent au colon actif et suffisamment bien outillé au début la perspective assurée d'une réussite conduisant jusqu'à la fortune. C'est dire que nous saisissons avec empressement l'occasion qui nous est procuréo aujourd'hui par une correspondance particulière de Tourane, de mettre sous les yeux de nos lecteurs le tableau de ce qu'a pu réaliser en plein Annam, dans l'espace de trois ans à peine, un jeune homme qui n'avait au débarqué, comme entrée de jeu, qu'une grande force de volonté et un très modeste capital.

« M. Alfred Richardson, en arrivant en Indo-Chine en 1897, comprit que si la terre y pouvait coûter cher de peines et d'argent, elle y devait rendre avec largesse les fruits du capital et du travail. 11 n'hésita pas à mettre vingt-cinq mille francs dans une entreprise agricole et fonda la plantation de An-Diem.

« Dans ce genre d'opérations, ce sont surtout les débuts qui sont pénibles. Ils le furent beaucoup pour M. Richardson. L'administration annamite fit obstacle par tous les moyens possibles a son installation dans la région. Les mandarins l'empêchaient de trouver de la main-d'œuvre et les habitants des villages environnants, sous la pression des autorités indigènes, refusaient — même à prix d'or — de lui vendre les objets nécessaires à l'existence. Cependant, à force de douceur et de persévérance, M. Richardson arriva à passer des contrats avec des villages

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