CHAPITRE II ' f
entre les confluents de la Song-Con (rivière à Test du Song-Buong (voyez Pavie), et du Song-Cai, et le confluent de la Song-Con et du Ké-Viang.
An-Diem est, de ce côté, le dernier village annamite.
Nous fîmes, avec nos hôtes, une première visite à la plantation, qui n'était alors qu'à la période des défrichements. Le rendement consistait en 60 hectares de rizières en pleine culture qu'avaient ache-
qui lui fournirent des travailleurs. Au bout de dix-huit mois, vingt hectares étaient défrichés ^tous les bâtiments nécessaires étaient construits, fermes, magasins à sucre, maisons d'habitation pour Européens et coolies et M. Richardson trouvait un associé en compte à demi qui lui offrait quarante mille francs pour sa part.
« L'entrée de cet associé, M. Borel, dans l'entreprise, donne à celle-ci un nouvel essor et le défrichement continue dès lors a raison de quarante hectares par an, mis en plantation de cannes. De sérieux débouchés sont ouverts et les récoltes trouvent placement à de beaux prix. Aujourd'hui un troisième associé ne serait pas admis dans l'entreprise pour moins do quatre-vingt mille francs.
« Pourquoi faut-il qu'un deuil cruel soit venu frapper les valeureux colons de An-Diem? Une mort prématurée a emporté, le 19 décembre dernier, M. Alfred Richardson, mort d'autant plus cruelle qu'il venait de s'unir à une femme bien digne de lui par son intelligence et son courage. Mme Richardson continue actuellement l'opération comme si son mari était encore à la tête ; elle n'y dépensera pas moins de persévérante énergie et elle en recueillera les mêmes résultats, heureux et rapides.
« En somme, pour chiffrer l'affaire, les comptes de un d'année annoncent à An-Diem 3,500 piastres de revenu. A l'équivalence de 2 fr. 65, on voit que cela représente 14 pour 100 du capital investi. On compte arriver là-bas à faire du 60 pour 100.
« C'est ce que nous souhaitons à ceux qui nous donnent là-bas en Annam cette démonstration utile du succès rapide — et on peut aller jusqu'à dire éblouissant — qu'y procurent de faibles moyens unis à une forte volonté. — L. S. »
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tées les colons : ils avaient» sur pied, un champ de cannes à sucre que malheureusement ravageaient les sangliers : d'où nécessité d'entourer la plantation de palissades pour la défendre des incursions des animaux. On y voyait plusieurs pépinières de thé, 5 hectares environ plantés.
Toutes ces cultures prospéraient dans une terre riche, si riche que les colons regrettaient de n'avoir pas placé leurs cannes à sucre à deux mètres de distance au lieu d'un mètre. A vingt minutes de là était leur installation : jolie maison en torchis, d'une superbe charpente et fort bien comprise pour ces pays chauds et déserts.
C'est dans cette rudimentaire mais confortable habitation que nous reçûmes la plus franche hospitalité et pûmes prendre un repos dont nous avions grand besoin.
Nous passâmes trois jours à la poursuite des cerfs et des sangliers qui dévastaient les abords de la plantation, et dans les rivières avoisinantes nous pûmes tirer lx bécassine.
8 février.
La mission d'An-Diem.
Nous fîmes ensemble une visite aux confluents du Song-Cai et de la Song-Con. On y aborde par des rizières mal irriguées où les mau-