CHAPITRE II
que nous avions aperçue, au cours de notre expédition chez les Mois.
Vers six heures et demie nous abordâmes à Dong-Tiam, non loin du Song-Buong, où nous avait précédé Marsay, dont les sampaniers étaient meilleurs rameurs. « Une bande de quarante éléphants, lui disait-on, .descend tous les jours dans le maïs des paysans, se rend à la rivière, et, le jour, se cantonne sur une montagne voisine. Tous les soirs on perçoit le a cop » du tigre qui, pourtant, ne se risque point au village ». Nous étions dans la joie et décidâmes d'aller dès le matin prendre connaissance des animaux,.
A la tombée de la nuit, le cri rauque du conman, la voix aiguë du con-mai, mêlées aux sifflements du faisan argenté, ainsi que la voix puissante du paon qui se branche augmentèrent nos espoirs laissant entrevoir le « tableau » qu'on rêve toujours dans ces pays, bien qu'il n'atteigne jamais le chiffre que nous offrent les environs de Paris.
Jeudi 9 février, (Temp. max. 25«, min. 18°.)
Le Song-Cai.
Nous avions pris asile dans la pagode, une pauvre canha, et le bonze qui la servait avait mis sa case à la disposition de nos boys. Ce religieux
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aimait les animaux : deux merles apprivoisés se promenaient gravement, disputant les miettes de son repas à un gentil petit singe qui furetait dans tous les coins, malgré les poursuites de nos deux chiens. Nous passâmes la soirée à observer l'allure de toutes ces bêtes.
Au réveil, le soleil dorait déjà les rives du Song-Cai et nous n'avions que peu d'espoir de rencontrer les éléphants ailleurs que dans la montagne. Néanmoins nous voulûmes visiter les champs de maïs où les pachydermes aimaient à descendre.
Les maïs étaient petits et verts, bien que plus avancés qu'à An-Diem ; les cerfs les avaient mangés en grande partie.
Nous levâmes des quantités d'animaux, sans remarquer toutefois la moindre trace d'éléphants. Un habitant qui faisait cuire sur son sampan quelques galettes de riz au sucre pour fêter le Têt nous assura que depuis fort longtemps on n'en avait vu dans la région. Nous étions donc victimes de la mystification des Asiatiques, et pour utiliser le chemin parcouru nous décidâmes de continuer à travers les régions mois jusqu'à Bung- Miù, en passant par les rives du Song-Mala et du Song-Tran où je devais revoir, aune demi-journée de marche de Tra-My, mon ami Herbet. J'envoyai donc le kay, un linh et un homme du village en