‹ Au pays MoïChapitre 32 sur 116 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

nables, l'administration trouverait à l'heure actuelle quantité d'amateurs pour des concessions.

Dimanche 12 février.

Fai-Foo. La maison Dcrobcrt.

Nous nous réveillâmes à Fai-Foo, en face de la maison de commerce Derobert frères etC'% exportateurs de produits indigènes.

Elle eut, à ses débuts, de nombreux et pénibles démêlés avec l'administration, toujours peu favorable aux initiatives privées. Ne pouvant s'installer à Hué, elle dut gagner Fai-Foo, centre incontestablement plus favorable au commerce par sa situation : ce qui justifie le proverbe : « A quelque chose malheur est bon. » Et tout en partageant avec gaieté le déjeuner des colons, nous cherchions à les consoler de leurs anciens déboires.

La maison Derobert avait donc cessé ses affaires de cotonnades à Hué pour s'adonner aux échanges avec les Moï's et les Annamites. Fai-Foo centralise le commerce de toute une région fort importante de l'Annam, Tra-My, qui fournit du thé, du tabac, du manioc, de la cannelle, du café et une faible exportation de riz. A cette époque MM. Derobert s'occupaient plus spécialement du commerce de thé avec la France; sous l'étiquette de thé de l'Annam, ils vendaient les produits de la Mission, de

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quelques plantations, et aussi de cultivateurs annamites. L'exportation en France avait atteint, cette année-là, 70,000 kilos. A ce commerce était joint celui des rotins, d'un rapport minime, car les frets élevés des Messageries maritimes ne permettent pas le commerce des produits à bon marché.

Les commerçants avaient essayé la vente des tabacs du pays sur Anvers, mais sa préparation défectueuse ne donnait aucune sécurité pour l'avenir et pourtant il y aurait en Indo-Chine autant d'éléments de réussite qu'à Java, sa très riche voisine. Notre dernier verre de Champagne fut pour la prospérité commerciale de la colonie et l'arrivée de nombreux planteurs.

Nous ne pouvions partir sans visiter une dernière fois Fai-Foo qui était en fête, mais le Têt ne présentait pas cette année-là sa splendeur habituelle. Peu d'animation dans les rues, sauf les annonces de combats de coqs, plaisir favori des habitants, avec l'éternel bakouan. On n'allait pas en foule aux divertissements, l'argent faisant défaut : ces fêtes n'ont d'autre but qu'augmenter le nombre des ruines. Un colon, M. B***, installé à Tra-My, nous fit un récit de la dernière famine et des épisodes désolants dont il avait été le témoin.

L'hospitalité qu'il nous offrit nous décida à prendre Tra-My comme centre pour la préparation de notre excursion chez les Davaks et les SedangSr.

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