‹ Au pays MoïChapitre 36 sur 116 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

boue et que nous les avions surprises, remontant après ce tub peu enviable.

Et la poursuite recommença, nos hommes assurant toute chance de les surprendre. Après une demi-heure de course, nous reprîmes la bonne piste, poursuivant les énormes bêtes. Contrairement à ceux que j'avais chassés à Dong-Cok, ils ne brisaient pas les arbres sur leur passage; c'est que sans doute ils s'attachaient à fuir au plus vite. Bientôt nous entendîmes barrir tout près de nous; les hommes firent signe d'avancer.

Passant tous à la file indienne devant le fort où s'était réfugié l'animal qu'on entendait crier, nous nous attendions à tout instant à le voir surgir. Nous étions à 20 mètres du troupeau, percevant distinctement un fouillis de trompes, d'oreilles, de queues. Le jour très tamisé dans la haute forêt, il était difficile de se rendre compte de la position des animaux. L'un d'eux pourtant sembla monter vers nous; je le vis distinctement prendre la piste et rejoindre celui qui barrissait par derrière. Malgré les mauvaises conditions de la position, je donnai le signal du feu. La bande fit un retour à la recherche de celui qui appelait et arriva droit au mamelon que j'occupais. Plusieurs coups de feu partirent. Je tirai mon second coup, cette fois avec sécurité. L'éléphant roula blessé au pied du fort. Nous nous précipitâmes et le vîmes de-

bout, courant vers nous, brisant avec fureur toute la végétation. Les Annamites, affolés, firent un feu de salve. Clopin-clopant, l'animal rétrograda. Le coup était manqué, les éléphants fuyaient loin de nous ; il nous restait la consolation d'en avoir blessé un, sans pourtant trouver trace de sang.

Mais il fallut penser à nous restaurer quelque peu : l'heure du déjeuner était passée et les sangsues, profitant de notre occupation, avaient travaillé vigoureusement nos jambes.

Au retour et, chemin faisant, je découvris une liane dont la sève liquide et gluante indiquait la liane h caoutchouc : richesse ignorée dans cette région et sur laquelle M. B*** fonda des espé rances. Ce fut d'ailleurs la seule de cette espèce que nous pûmes découvrir*

Installés au bord de l'arroyo, nous déjeunâmes en forêt, nous proposant aussi de faire rechercher l'éléphant blessé, ce qui pouvait demander plusieurs jours.

Mardi 21 février.

La plantation B 4

M. B*** aîné était arrivé dans la soirée de lundi et nous nous sentions disposés au repos. Aussi nous contentâmes-nous d'une simple visite aux premiers essais de culture des deux frères.

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