‹ Au pays MoïChapitre 59 sur 116 · CHAPITRE II 1S · texte numérisé non relu

CHAPITRE II 1S

et qui était déjà loin sur le fleuve. Nous pensâmes alors que peut-être nous avions suivi le Blâ, qui passe à la Mission des Bahnars, depuis sa source.

Vendredi 10.

(Temp. mai. 25», min. 18°.)

Le lendemain, nous quittions Roup pour arriver après quelques heures sur le Dack-Lââ, grossi de plusieurs affluents ! .

Chemin faisant j'interrogeai le chef de Yo-Chié sur ces missionnaires dont il nous avait parlé la veille. Je commençais à croire que nous allions vers la Mission des Bahnars, d'autant plus que le fleuve infléchissait vers l'ouest d'une façon très caractéristique, après avoir couru au sud; nous n'avions sans doute point suivi le cours du Blâ. Le guide semblait professer un grand respect pour la puissance de ces Français du bas de la rivière, et leur influence n'avait peut-être pas été étrangère à son refus de tremper dans le complot de ses voisins. Malgré tout, ses services furent une sauvegarde et sa fidélité certaine.

La rivière grossissait au fur et à mesure de la marche et nous pensâmes à descendre par radeaux au cours de l'eau. Les habitants nous en dissua-

1 J'ai rencontré en forêt (1,200 m.) une bande de singes noirs que ''ti pris pour des semnopithéques cendrés» sans avoir pu les tirer,

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dèrent, déclarant la chose impossible. La réception qu'ils nous firent témoigna de l'influence que ces populations semblaient subir de plus en plus des Pères, dont ils parlaient avec respect. Au moment de partir, nous distribuâmes à nos porteurs quelques présents pouvant leur être agréables. J'ajoutai pour notre ami une boîte relatant les circonstances dans lesquelles il nous avait sauvés : a Ce te sera un fétiche, lui dis-je; quand tu rencontreras des Français, montre-leur ce qu'elle contient; ils deviendront pour toi des amis. » Puisse ce mot lui être quelque jour utile, et que nos compatriotes lui tiennent compte du service rendu !

En fouillant les caisses pour rémunérer nos gens, nous dûmes constater de grands vides. Les provisions étaient épuisées; il ne restait que deux bougies : ce manque de lumière allait compliquer la rédaction de nos notes et travaux topographiques. Nous souffrions à ce moment du vol des caisses au départ. Mais il restait nos fusils de chasse et des munitions; nous ne pouvions être ainsi complètement dénués de tout.

Samedi il mars.

(Temp. maz. 25°, min. 19°.)

Nous partîmes de bon matin, par un temps magnifique, pour couper une boucle du Dack-Lââ,

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