‹ Au pays MoïChapitre 62 sur 116 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

quelques enfants qui semblaient hors d'état de porter; nous dûmes reconnaître qu'ils furent les meilleurs et les plus résistants.

Le Dack-Lââ que nous traversâmes plusieurs fois ce jour-là devenait une rivière magnifique aux chutes pittoresques, aux eaux abondantes; nous devions changer souvent de porteurs, les villages paraissant nombreux. Des croix commençaient à apparaître comme signes de limites de leurs territoires, ce qui indiquait une influence chrétienne s.'accen tuant de plus en plus.

Le dernier village qui nous reçut était dans un état d'ébriété complète ; on avait tué le buffle et, pour être presque à la conversion, on n'en respectait pas moins les traditions anciennes.

Nous nous fîmes apporter quelques victuailles en échange de présents et comme nous avions donné à l'un de nos pourvoyeurs un morceau d'étoffe plus important qu'aux autres, il fit servir par sa femme une nouvelle mesure de riz. Cette façon fière et honnête de faire le commerce indiquait chez ces gens une civilisation encore rudimentaire !

Mardi i4 mars.

(Temp. max. 28», min. 20°.)

Chez les catholiques.

Nos porteurs n'avaient pas trop mal à la tête en quittant leur cantonnement. A neuf heures et

demie nous parvenions à des cases entourées d'arbres à fleurs rouges, variété de flamboyants inconnue pour nous et sur lesquels s'abattaient une quantité d'oiseaux pareils à nos draines de France. Nous en fîmes une hétacombe pour varier notre ordinaire.

Les hommes assuraient de plus en plus que nous approchions de la Mission, mais en nous entraînant vers l'ouest; nous n'y comprenions plus rien. Nous fîmes savoir que nous désirions rencontrer le Père, mais on indiqua par signes qu'il était tantôt à un village, tantôt à un autre, et que nous ne pouvions être renseignés exactement sur son lieu d'habitation.

C'était sans doute un missionnaire actif qui officiait sucessivement dans les différentes régions de son ministère.

Après avoir traversé la rivière sur de petites pirogues très primitives, nous dûmes abandonner ce mode de locomotion pour reprendre la route. Les Mois n'ont pas l'audace des Laotiens; je crois cependant que le Blâ deviendrait navigable de ce côté, avec d'habiles piroguiers, comme ceux que nous avions sur la Nam-Mo en 1896 '.

Le jour commençait à tomber sans que s'annonçât une habitation européenne.

1 En Indo-Chine (Tonquin, Annam, Laos septentrional.)

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