‹ Au pays MoïChapitre 7 sur 116 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Il serait important, après une levée d'impôts considérables, de montrer à la cour que si le protectorat de la France coûte cher à la population, il lui assure, par ses travaux, un état économique meilleur. Établir rapidement la route entre Hué et Tourane, avec l'assurance d'jpt faire passer de lourds et importants convois, devient un devoir du peuple protecteur '♦ %

prochaine les communications auront fait lour œuvro et la ri*

■ chesse viendra succéder à la famine, ha ligna de Tourane- Hué

sauvera bien des vies en favorisant l'essor -commercial et le

trafic du port à la capitale. C'est par le développement des coin-

> mu ni cation s qu'on fera la fortune de l'Indo-Ghino ; nous devons

► à M. Doumer la conception et l'initiative hardie des chemins de I fer dans la colonie. L'avenir démontrera quel pas immense l'ancien gouverneur général a fait faire, par l'acte d'autorité qu'il a accompli contre l'esprit rétrograde. Puisse cet esprit disparaître définitivement et le pays se développer dans un commun effort d'activité!

1 1 De Lanessan dans son livre Indo-Chine signalait :

Exportation de la Cochinchinc. . . • 500,000 t. par an.

Le Tonquin produit 200,000 —

L'Annam ne suffit pas à sa consommation.

Son état économique cependant s'améliore tous les jours, mais il y a fort à faire. Je tiens à signaler que, par expérience personsonnelle, j'ai observé que l'apparition de moyens de communication faisait naitre la production du riz, l'Annamite y trouvant un élément de commerce extérieur. Les Chinois do Nha Trang I ont exporté celte année (1902) du riz sur la Chine. On a su \ arrêter cette exportation, faible d'ailleurs, Hué étant en famine. ! Les affaires d'irrigation combinées avec les créations de moyens

1 de communication répondent à un besoin économique de l'Annam. i On ne saurait mieux encourager l'irrigation qu'en créant des routes et des chemins de fer vers les ports abordables aux gros navires ou à de forts caboteurs ; les transports de riz dovant être bon marché doivent être faits par de grot tonnage».

Les moyens de communication n'existent pas en Annam et pas un résident n'a créé une route durable, bien empierrée ou

10 janvier.

Une petite plantation, chasse au sanglier et aux bœufs gaures.

Pendant mon séjour à Hué, j'avais profité de l'obligeance du résident de la province, M. D***, notre hôte et ami de Vinh, pour me documenter sur une question d'histoire naturelle intéressante : l'existence, en Indo-Chine, d'une race de bœufs sauvages de très haute taille, rappelant les bœufs gaures de la Malaisic.

On en signalait, disait-il, aux abords d'une plantation, à Cû-Bi, à une journée en sampan de la ville. Je décidai de m'y rendre.

Muni de lettres pour les planteurs et les mandarins, je débarquais, le lendemain, dans un village de 350 habitants environ et me faisais conduire à l'habitation de M. G***. Bientôt, suivant l'habitude hospitalière de la vie indo-chinoise, nous devisions gaiement avec mon compatriote, un Beauceron fort courageux, qui, sans grands capitaux, fait de son mieux pour réussir dans la culture du riz. Il paraissait satisfait des résultats obtenus et supportait facilement une existence solitaire et bien réglée l .

solide. Et on hésite à y créer les lignes de chemins de fer préconisées avec tant de raison par M. Doumerll

1 Réussir sans capitaux dans l'exploitation des rizières est un problème difficile à résoudre; en effet, outre la concurrence ter-

Page 1