CHAPITRE II
s'enfuit vers la forêt, et immédiatement nous rougissions de tant de pusillanimité. J'ai attaqué depuis des éléphants, la nuit» et» connaissant le peu de danger quo présente ce sport, je ne puis m'empêcher de sourire en pensant à eette reculade un peu ridicule. Et nous rentrâmes la tête basse au campement, désolé que nos balles aient été tirées sans profit.
16 avril.
(Temp. max 38°, min. 27©.) Bâ-Ngoi.
Le lendemain, nous quittions M. P*** pour continuer vers Phan-Rrang. Il fallait traverser la plaine de Hoa-You, couverte d'une végétation rabougrie, série de buissons épineux, qui séparent des clairières à herbe menue très appréciée des cerfs et des chevreuils, à en juger par les traces nombreuses de ces animaux. De petits mamelons rocailleux coupent ces plaines, dont le terrain était alors desséché, car huit mois durant la pluie ne tombe dans les régions situées entre les caps Varella et Padaran. C'est en chassant que nous arrivâmes à Bâ-Ngoi, où étaient installés, dans une modeste pagode, deux Européens, M. B***, inspecteur des télégraphes, et son surveillant. Bientôt nous partagions avec eux nos provisions et les
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produits de la chasse. Le soir , pendant le dîner, un tigre vint rôder autour de nos chevaux : nous étions décidément en beau pays de chasse !
La baie de Cam-Ranh.
La baie de Cam-Ranh mérite une mention particulière parmi les points économiques qui intéressent le plus directement la mise en valeur de notre colonie d'Indo-Chine. Longue de 27 kilomètres à l'intérieur des terres, abritée par des hauteurs de 400 mètres en moyenne, avec des fonds de 20 à 14 mètres elle possède, au nord et au sud, deux points importants d'eau douce qui donne à l'analyse fort peu de calcaire, avantage très apprécié pour l'usage de la navigation.
Placée de trois à sept milles de la ligne commerciale Singapour-Hong-Kong, on peut y mouiller par des fonds de sable vasard et en pleine sécurité. Les études du chemin de fer Sud-Annam dirigeraient la ligne Saïgon-Kahn-Hoa à Bà-Ngoi, situé au fond de la baie.
Cam-Ranh est un petit Bizerte qui a de grands points de ressemblance avec notre grand port militaire de la Tunisie, notamment la richesse de ses pêches. Isolée et peu peuplée, on a guère pensé à utiliser cette baie que Courbet avait distinguée et