‹ Au poteau frontièreChapitre 10 sur 20 · Chapitre II · texte numérisé non relu

Chapitre II

chise et sa loyauté lui ont reconquis l'estime et le respect des peuples...

Soyons tous unis pour leur imposer même ce respect, cette estime. Chas* sons de nos cœurs les dangereuses passions de partis, consentons-nous de bon gré les sacrifices que nous nous devons les uns aux autres !

Allons toujours plus haut et plus ferme dans les sentiments du Travail, du Devoir, de la Vertu et du Patriotisme I

La foule énorme qui entoure le monument accueille ces belles paroles par un immense cri de : Vive la France ! qui s'en va mourir de l'autre côté de la frontière prochaine.

La Marseillaise retentit.

Et les orateurs se succèdent, puisant au fond de leur cœur les mots qui réconfortent, qui consolent et qui font jaillir les larmes.

Je le répète, je ne sais pas de prêche plus émouvant, plus empoignant ; il semble que le souffle antique qui agitait majestueusement les péplums et les toges et inspirait les beaux gestes de l'histoire d'autrefois

70 Au poteâtt frontière

pénètre et ces orateurs etces citoyens en délire qui les écoutent ; noyé dans la foule qui roule ses flots enthousiastes, je me mets à penser, comme Alfred de Vigny, que décidément les Français actuels sont sceptiques et ironiques pour toutes choses, hors pour l'honneur.

Les clairons des chasseurs à pied rendent les honneurs aux drapeaux des anciens combattants assemblés devant la mairie de Mars-la-Tour ; les annexés saluent pour ]a dernière fois nos couleurs. Comme s'ils voulaient en garder le reflet au plus profond d*eux-mêmes, on les voit attacher longuement leurs regards sur ces drapeaux dans les plis frissonnants desquels semble s'être réfugiée l'âme héroïque de la valeureuse armée de Metz.

Spectacle saisissant.

En face des vétérans glorieuse-

Page 1