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Chapitre II

Ensuite, on se g^roupe au pied du monument où se résume ce drame.

Le calme, la noblesse dé la statue qui représente la France nous émeuvent. Les vétérans qui se trouvaient là, il y a trente-quatre ans, et qui firent tout leur devoir, revoient rapidement leurs angoisses et se réjouissent d'être entourés de bons ci-* toyens qui apportent aux morts leur tribut de souvenirs et d'hommages.

Les soldats, les combattants de demain, ressentent un frisson et le sentiment de leur tâche leur fait prononcer le serment de rester de bons Français, prêts à servir leur pays en toutes circonstances.

Après ce moment de recueillement, nous relevons la tête ; derrière la Woèvre, nous voyons l'horizon où se porte notre pensée, vers ce beau pays de la Moselle qui nous paraît encore si doux et si accueillant. Nos regards vont vers Metz fortifiée, dont les vieux remparts tombent chaque jour sous le pic et la pioche.

Tant de souvenirs chers à nos cœurs vont à cette terre, confidente de nos

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déchirements, et nous avons envie de répéter les nobles paroles prononcées à la première réunion du Conseil général de Meurthe-et-Moselle, au lendemain de la guerre, par le président de cette assemblée :

< Je veux rappeler aux annexés que si la force peut matériellement reculer les frontières, elle ne peut rien sur les sympathies et les affections. Leur souffrance, leur douleur sont les nôtres, et, en toutes circonstances, nous leur affirmerons notre attachement inébranlable. »

Oui, nous pensons aux annexés et nous sommes toujours avec eux. De l'autre côté de Thorizon, où se montrent nos forts, notre belle armée poursuit son labeur puissant. Toute la France nouvelle du xx* siècle nous apparaît avec son prestige nouveau.

Elle a su, après la triste défaite, panser ses plaies : elle s'est étendue hors de ses frontières, malgré ses agitations intérieures, et elle a su se créer un magnifique empire colonial que les puissances étrangères nous envient.

La dignité de son attitude, sa fran-

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