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Chapitre II

«Morts pour la Patrie», de Victor 'Hugo :

Ceux qui, pieusement, sont morts pour la

[Patrie, Ont droit qu'à leur tombeau la foule vienne

[et prie.

Je ne connais pas de tribune plus belle, plus généreusement inspiratrice pour un Français amoureux de son pays, pour un penseur, pour un poète, épris de beaux sentiments, que cette modeste estrade de Marsla-Tour où, en plein vent, dans une sorte de forum épique, des prophè-^ tes toujours magnifiquement inspirés assument avec fierté la lourde tâche de saluer, au nom de la France, les milliers d'Alsaciens-Lorrains qui, chaque année, exacts au rendez* vous, viennent à Tossuaire de Marsla-Tour renouveler leur serment de fidélité envers la Mère-Patrie.

Certes, la France manquerait à son devoir le plus sacré, à sa mission, à

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son caracièrey si elle ne montait point sur cette estrade pour dénoncer le coup de force qui Ta atteinte dans ses racines les plus vives et pour tendre des bras maternels aux exilés qui viennent se réchauffer à son sourire, se bercer à la musique de son verbe et s'exalter à la flamme de sa pensée.

Le temps a beau passer, disait à cette tribune le député de Briey, d'une voix vibrante d*émotion, Téloignement a beau se faire, on ne se lasse pas de revenir sur ce sol sacré.

Il semble qu'une force secrète ramène^ ici^ chaque année, la foule pour perpétuer le renouvellement du drame. On veut revoir encore le ravin de Grizières, si calme aujourd'hui, où nos escadrons chargèrent avec une furie toute française. On veut gravir encore les coteaux de Gravelotte et de Saint- Privât. On veut revoir ces plateaux, où nos vaillantes divisions sont tombées, écrasées, attendant stoïquement l'ordre d'un chef chez qui n'existait pas même la pensée de vaincre.

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