SCENE T
FRÉDÉRIC
Et VOUS, tant de candeur, que le seul bien suprême. Le seul bonheur au monde est de vous adorer.
ROSINE
Ce que vous dites là me fait presque pleurer!
THOMASSIN
Enfin! je compte en tout cinq mille écus de rente.
MADAME DESTOURVILLE.
J'en ai huit mille, moi' — la somme est différente.
TIIuMASSIN.
Mais, le tout réuni... nous serions trùs-heurenx.
FRÉDÉRIC, à Rosiue.
Ah! le bonheur n'est vrai que pour les amoureux I
THOMASSIN, à madame Destourville.
D'abord, nous choisirions un cuisinier capable.
MADAME DESTOURVILLK.
Bon! VOUS êtes gourmand!
THOMASSINi
Eh ! j'aime assez la table.
ROSINE, à Fiédéric.
Pour notre déjeuner nous irons quelquefois Cueillir de grand matin des fraises dans les bois.
THOMASSIN, à madame Destourville.
Puis, dans un bon carrosse, en toilette élégante, Nous roulerions gaîment...
MADA.HE DESTOURVILLE.
Le carrosse me t«nte!
FRÉDÉRIC, à Rosine.
Nous nous promènerons...
ROSINE
Et dans notre chemin Nous ferons des projets en nous tenant la main.
FRÉDÉRIC
l£t nous verrons notre ombre amoureuse nous suivre.
ROSINE
L'hiver comme l'été c'est aux champs qu'il faut vivrel
TUOHASSIN; à madame Destourville.
Puis, l'hiver, à Paris, à côté d'un bon feu, Nous joûrions au tric-trac.
MADAME DESTODRYILLB.
Je ne hais pas le jeu.
THOHASSIN.
Tel sera notre sort jusqu'au jour où la Parque Nous jettera sans bruit dans la fatale barque Du vieux nocher Caron...
ROSINE
Quel bonheur! nos amours Dureront bien longtemps, n'est-ce pas?
FRÉDÉRIC
Oui, toujours!
(U loi btiae ht wuàa avec effatioD.)