DE LA DEUXIEME EDITION
En présentant aux Français sous un titre nouveau cette édition transformée de la Garde au Rhin, Fauteur tient à l'accompagner de diverses remarques.
D'abord il a remanié complètement le texte primitif et abandonné tout ce qui revêtait un caractère de documentation.
C'est ainsi qu'il a supprimé la Mythologie du Rhin, les documents annexes, l'indication des sources, la bibliographie.
La musique, sons le titre de - Poènies et Chanta du Rhin % devient l'objet d'un fascicule spécial. Les lectenrs curieux pourront se reporter à ces publications.
Ensuite il a précisé, en la renforçant, la Grande Thèse de F « Identification de la France avec la Gaule », suivant Fexpression même du Cardinal de Richelieu.
Il a montré par l'histoire que la marche vers l'Est, axe de notre p'olitique, de notre action millénaire, n'est jamais abandonnée ; que tant qu'il y aura une France, il y aura une question du Rhin, que ces lignes seront toujours d'actualité, que ]a France a le devoir de rechercher son unité politique sur la base de son unité territoriale.
En outre, et pour répondre aux attaques de parti pris dont la Garde an Rhin fut l'objet de la part des organes pangermaniques, Fauteur a dû changer de ton.
Il avait été touché par certaines beautés de l'Allemagne, telles que la douceur du cadre familial, le charme qui flotte autour du berceau des tout petits, par la fidélité à l'affection et par tous ces sentiments, enfin, dont la musique et la poésie se sont faites l'écho.
Ecartant toute idée de malveillance, mais guidé par le souci de demeurer véridique, il a reconnu qu'il faut parler haut et ferme à l'Allemand, sous peine de n'être pas com.pris et de voir im.puter à la faiblesse ce qui n'est que bienveillance.
Les bons, les pacifiques Allemands, que les conquêtes de la Révolution semblaient appeler à un grand rôle sous notre égide, se trouvent en effet embrigadés par la Prusse, et entraînés dans une voie qu'ils n'ont pas librement choisie, qui fait d'eux nos adversaires. Ils se sont écartés de la forme politique qui convenait le mieux à leurs aspirations.
Ils ont oublié que le Rhin majestueux est un trait-d'union quand il coule entre la France et l'Allemagne.
Enclavé dans la Germanie, le Rhin Gaulois demeure une cause perpétuelle de conflit.
Nous le montrons aux Allemands, et surtout à la jeunesse de France pour laquelle ce livre est écrit.
A la génération qui se lève, qu'enflamme un patriotisme nouveau, à celle qui, ayant conquis le domaine des airs, sourit à un avenir lourd de promesses et de menaces, nous apportons cette édition populaire dans laquelle est exposée la tradition française, la tradition tout court, transmise à la France par la Gaule, à la Gaule par le Sol, tradition qui par delà les 5.000 ans de l'Histoire, se perd dans les profondeurs de la préhistoire, tradition qui a fait de nous, derrière les rives du fleuve, les gardiens de l'Europe occidentale, et les héritiers de l'Empire Romain.
A nous FEternelle tâche de nous opposer au flot barbare envahissant, qui, sans cesse, franchit le Rhin, et menace trente siècles de civilisation.
Que la jeunesse de France, en méditant avec émotion l'œuvre de nos pères, apprenne les devoirs de Fheure présente.
Qu'elle les accomplisse î
Tel est le vœu que le modeste auteur inscrit en tête de ces lignes qui ne sont qu'un appel : « Au Rhin Gaulois ! » n'est qu'un acte de foi !